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lundi 26 octobre 2026

N°520) Le Jeu de la Feuillée XIII siècle

L'auteur de la pièce satirique  du " Jeu de la Feuillée " est un poète et musicien du nom de Adam de la Halle, ou Adam le Bossu, d'autres le nommeront Adam d'Arras. Il est né selon toute vraisemblance vers le milieu du XIII siècle. Il pouvait avoir, de ce fait, entre 25 et 30 ans lorsqu'il écrivit sa pièce, probablement entre 1276 et 1277 

Il était alors jeune marié et n'avait pas terminé ses études, mais déjà nommé Maître par ses contemporains. Son père Maître Henri le Bossu était employé à l'Echevinage d'Arras il était aussi surnommé henri de la Halle, soit à cause du quartier qu'il habitait, soit du fait de ses fonctions dans l'échevinage d'Arras ???

Ce surnom de Bossu fut parfois appliqué à son fils Adam, mais rarement, si ses compatriotes l'appelaient " Adam le Bossu " hors de son pays il était appelé " Adam d'Arras ". Il disait lui même " on m'apele Bochu mais je ne le suis mie "

Son père est mort vers le milieu de l'an de grâce 1290, il avait au préalable perdu sa femme en 1283. Il n'est pas certain que cette dernière fut la mère d'Adam car Maître Henri s'étant marié plusieurs fois, allez savoir ??




S'étant épris d'une jeune fille, dont seul le prénom de Marie subsiste, notre auteur quitte l'école pour l'épouser. Après quelques années d'une union heureuse et semble t'il, scellée par la plus tendre affection, les deux époux prirent la résolution de se séparer pour 3 ou 4 ans.

Marie Lejais resterait à Arras chez son Beau-Père, pendant qu'Adam irait à Paris reprendre ses études et sa vie d'Escolier. Ce projet est connu dans deux de ses compositions, " le Jeu de la Feuillée "  et " le Congé " qui sont de la même époque .

Dans le jeu de la feuillée Adam porte la cape des estudiants Parisiens et ses premières paroles sont pour prendre congé de ses amis avant de se rendre à Paris sur la célébre montagne Sainte Geneviève

Le poète y exprime aussi, en des termes exquis, sa reconnaissance et son affection pour sa femme Marie, qui loin de le retenir, l'encourage à partir le temps nécessaire à l'achévement de ses études ! 

On apprend même que des bienfaiteurs de la ville d'Arras se sont cotisés pour l'aider dans son entreprise. En voilà une noble mission, que d'aider un poète et un musicien !! 





Adam de la Halle meurt probablement dans le sud de l'Italie entre 1289 et 1290. Il faisait partie de la Maison du Comte d'Artois, celui ci l'avait pris à son service comme poète et musicien. On peut supposer que le Comte l'emmena avec lui, lorsque après les " Vêpres Siciliennes " le Roy l'avait envoyé au secours de Charles d'Anjou, une bonne petite révolte des autochtones de l'île contre le pouvoir féodal !

Il reste d'Adam, outre le Jeu de la Feuillée et le Congé, des Chansons, des Motets, des Jeux-Partis, un Dit d'Amour, mais aussi quelques strophes sur la mort

Egalement une autre pièce " le Jeu de Robin et Marion "ainsi qu'un poème en forme de chanson de geste " le Roy de Sezile " qui ne fut jamais achevé

Une copiefin XIII ou début XIV du Jeu de la Feuillée est conservée en entier dans un seul manuscrit , sous la rubrique  " Li Jus Adan " avec l'explicit " Li jeus de la Feullie " le dialecte est en Picard. le début de la pièce se retrouve dans deux autres manuscrits sous le titre " Jeu Adan le Boçu " dans le manuscrit du Vatican !







Une autre copie écrite au début du XIV siècle par un Artésien ( Comté d'Artois ) est intitulé " le Jeu Adan le Boçu d' Arraz ". C'est le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, transcris dans le dialecte Français ou Langue Vernaculaire. Ces copies s'accordent sur la dénomination de " Jeu Adan " qui désigne, non pas le titre de la pièce, mais l'auteur de celle-ci !

Par contre on ne peut que s'en tenir à l'hypothèse, ni appuyée, ni infirmée que la pièce se jouait sous la Feuillée ????. C'est à dire sous une de ces Tonnelles de verdure que l'on élevait pour célébrer la fête de Mai, la fête du Printemps revenu

Il n'en demeure pas moins que plusieurs documents parlent de la Feuillée, sous laquelle, soit au mois de Mai ou à la Pentecôte " la Châsse de Notre-Dame ( reliquaire ) était exposée sur la place publique d'Arras !

Il est précisé qu"à la fin du Jeu de la Feuillée les acteurs quittaient la scène pour aller " baiser la châsse de Notre-Dame " et y allumer un cierge. Cette coutume me semble avoir fourni le titre du Jeu de la Feuillée ????


PS : ce texte n'est qu'un ajout à l'article N° 98 sur Adam de la Halle, mais qui laisse beaucoup de questions en suspens comme dans le précédent article M de V  




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