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jeudi 29 juin 2017

Les Théories sur le Feu Grégeois

utilisation du feu Grégeois à la proue de la nef
Jusqu'à présent en ce qui concerne l'art militaire, il reste un point qui n'a reçu aucune explication satisfaisante, et dans ce cas précis les différents auteurs sur le sujet n'ont fait qu'embrouiller les pistes.

Je voulais essayer avec les écrits de L- Lalanne de l'école des Chartes d'éclaircir le mystère de ce que l'on nomme encore maintenant le feu Grégeois.

Car tout le monde s'accorde à le dire le secret du feu grégeois a été perdu, faut il vraiment le penser ?.



Parlant des Auteurs ayant écrits sur le sujet L- Lalanne dit je cite: On a peine à se figurer à quel point ils ont négligé ou mal interprété les sources et les documents. Ainsi plutôt que de se rapporter aux historiens Byzantins, ils ont puisés dans les descriptions de Chroniqueurs Latins, moines ignorants et crédules, qui du fond de leurs Cloîtres recopiaient des textes erronés connus!,






autre idée de l'utilisation du feu  grégeois
En exemple la théorie de Gibbon: De la mixtion du naphte, du soufre et de la poix que l'on tire des sapins, se produit une explosion bruyante, d'ou sortait une flamme ardente et durable.

Au lieu de l'éteindre, l'eau la nourrissait et lui donnait de l'activité, le sable, l'urine et le vinaigre était le seul moyen de calmer la fureur de cet agent redoutable qu'était le feu grégeois

Les mêmes expressions se retrouvent chez les Anglais dans une Encyclopédie de 1834, on y  trouve ajouté: Il était soit versé du haut des remparts au moyen de larges chaudrons, soit lancés dans des boulets rouges, ou au moyen de flèches et de javelines entourées de lin et préalablement enduit de cette substance, mais aussi que le plus souvent on le lançait à travers de longs tubes en cuivre placés à l'avant des navires,mais n'expliquent pas comment il était propulsé vers l'ennemi ???




Les descriptions des auteurs Allemands ne diffèrent pas des précédentes, et les récits des Français sont empreints des mêmes exagérations, disant que cet agent brûlait dans l'eau, qu'il dévorait tout, la pierre et le fer ne pouvait lui résister!!!







Comme on a toujours été persuadé que le secret du feu grégeois était perdu, tous les pays ont cherchés à posséder l'art de fabriquer cet agent aux capacités si destructrices.

Ce projectile qu'au lieu d'appeler feu Grec, nous appelons encore aujourd'hui, comme Joinville dans ses mémoires du roi Saint Louis le feu grégeois. Mais il fut nommé de bien des façons différentes par les écrivains Bizantins, feu maritime, feu liquide, feu artificiel, feu mou, feu Grec, feu Romain, feu mède. L'identité de ces différentes dénominations ne peut soulever aucun doute, les historiens grecs s'en servent indifféremment pour désigner le feu grégeois. Puis traduit par les auteurs Latins, antérieurs ou étrangers aux croisades, mais aucun ne fait allusion à la prétendue propriété d'être inextinguible ou encore de brûler dans l'eau







Il semble cependant au regard de ces textes que ce feu grégeois avait un grave inconvénient, d'une part on ne pouvait s'en servir que par temps calme sur mer et bien sur le vent contrariait fortement sa trajectoire.

Si les modernes persistent à penser que le feu grégeois est inextinguible, il a été trouvé un texte qui prouve le contraire.

Cinname, parlant de la poursuite d'un bateau vénitien par par les grecs, s'exprime comme suit:
les grecs le poursuivirent jusqu'à Abydos et s'efforcèrent de le brûler en lançant le feu mède, mais les vénitiens accoutumés à cet usage avaient recouvert les bords du navire d'étoffes de laine imbibées de vinaigre, mais ainsi le feu lancé de trop loin ne parvenait qu'aux étoffes et s'éteignaient en tombant dans l'eau.



Premier point: le feu grégeois n'est donc pas inextinguible et ne brûle pas dans l'eau !

Deuxième point: l'état de l'atmosphère, et le vent exerce sur son tir une très grande influence !








Joinville à la septième croisade décrit dans ses mémoires de Saint Louis, le feu grégeois et ses effets et confirme notre idée, ses ravages selon l'auteur se bornent à l'incendie de trois châteaux de protection en bois, d'une tente de toile et d'une palissade de planches.

Il n'est dit nulle part qu'il ait causé des morts, bien mieux Guillaume de Boon en reçu un pot sur son bouclier, saint louis eut le cou de son cheval tout rempli, et Guillaume de Malvoisin en était recouvert, et croyez moi que Joinville, avec son souci de relater les faits au plus près de la vérité, n'aurait pas manqué de l'écrire dans ses mémoires. Donc il devient évident que ses effets sur l'homme étaient à peu près nuls




Troisième point: effets quasiment nuls sur l'homme et l'animal, n'oublions pas le cheval de St Louis !





En France au XIV siècle, Froissart fait mention de son utilisation au siège de Romorantin en 1356, puis un siècle plus tard en 1449 un autre chroniqueur, Blondel, chapelain de Charles VII, au siège de Pont Audemer, auquel il se trouve en personne.

 Relate qu'un jeune homme du Comte de Saint Pol, voulant éprouver la puissance du feu grégeois, pris une fusée qu'on enflammait au souffre et la lança sur une maison de la ville ou elle mit le feu !






Donc peut on raisonnablement supposer qu'un projectile utilisé depuis 780 ans par plusieurs nations avec plus ou moins de succès, et qui fut utilisé concurrement avec de l'artillerie au XV siècle, ère de civilisation et de progrès disparaisse??

C'est tout bonnement impensable! surtout quand on sait comme il est difficile de retirer l'usage d'une arme aux hommes qui y sont habitués

D'autre part tout le monde sait par expérience combien il est rare qu'une invention se perde entièrement, elle ne fait que se transformer, ou changer de nom, or donc le secret du feu grégeois n'était pas perdu!!




Quatrième point: le feu grégeois n'est pas perdu, utilisé en fusées ou pots à feu !







Maintenant puisque le secret de ce feu qui a changé de nom et que l'on utilise sous différentes formes n'est pas perdu, et que de plus nous l'avons dépouillé de ses pouvoirs merveilleux, il reste à savoir ce qu'était ce projectile.

Bien essayons d'être objectifs! quels sont les projectiles qui se rapprochent le plus de ces grands tubes ou tubes à main??

Les historiens grecs disent que c'est un tube de roseau, dans lequel on entassait certaines matières qui ensuite était inséré dans un tube d'airain, et que lorsque le feu était mis à l'une de ses extrémité....alors précédé du tonnerre! il s'élevait dans les airs, et atteignait le but vers lequel on le dirigeait.






C'est clair!! C'est quand même bien de la fusée dont ils parlent la! la fusée qui a la propriété de porter son propre principe de propulsion,Joinville dit lui même que le projectile laissait derrière lui une traînée de feu.

Il y a donc identité incontestable, jusque dans les influences atmosphériques, et le vent, la seule différence reste dans la cartouche cylindrique et le roseau utilisé au Moyen âge

Donc dans les grands tubes étaient les fusées de guerre et les petits tubes à main contenaient des  petites fusées. On serait parvenu plus tôt à nos conclusions, sans l'obstination que l'on a mise à confondre deux choses, les matières destinées à propulser notre fusée et celles incendiaires placées à l'extrémité de cette fusée






Car la poix, le souffre, la sève d'arbre vert, le bitume, la naphte etc... ne formaient que les composants incendiaires de la fusée, mais pas la propulsion de celle ci

Cette matière propulsive doit comme le cite les grecs, détonner! et selon les sources actuelles, les mélanges et composés capables d'explosion sont solides, liquides ou gazeux.

Eliminons de suite les gazeux, composés d'oxygène et d'hydrogène qui si on y met le feu ou une étincelle électrique détonnent, ensuite le chlore et l'hydrogène qui détonne au soleil !!!




Pour les composés fulminants solides, qui eux sont mieux connus, mais qui posent un problème majeur! Leur explosion est instantanée si on la place dans le tube destiné à lancer le roseau, il fera voler en éclats le lanceur et le projectile! Quand aux liquides fulminants ils sont très difficiles à conserver, sans compter les dangers majeurs au niveau de la manipulation.

Ayant éliminé ces fumeuses théories, il nous reste la poudre à canon, qui elle ne s'enflamme pas directement, la combinaison de ses éléments occasionne un dégagement de gaz, lequel a un pouvoir comparable à un ressort qui se détend, il va donc agir sur le projectile et le propulser hors du tube dans lequel il est placé, et nos pots à feu en terre fonctionnaient un peu comme nos grenades.




Conclusion: le feu grégeois ne pouvait être lancés que par la poudre contenue dans les fusées, celles ci étaient fort sensibles au vent et au mouvement sur mer par exemple, on peut même comparer ce procédé au petits mortiers qu'utilisent encore les commandos. Mais désolé de vous décevoir messieurs le lance flamme ne fut pas inventé dans l'antiquité, ni même au moyen âge M de V.

PS: je ne peux m'empêcher de me tordre de rire en imaginant une scène imaginaire de la septième croisade ou l'on verrait Joinville, Guillaume de Boon et Saint Louis en train de pisser sur Guillaume de Malvoisin pour éteindre le feu grégeois dont il était recouvert. MDR heeuuu désolé !!!