Chroniques du Moyen Age
le Gardien des Mémoires du Royaume sous la montagne, vous souhaite la Bienvenue dans son scriptorium
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lundi 21 septembre 2026
N° 515 ) Influence de la Confession Oriculaire à la fin du Moyen âge
mardi 8 septembre 2026
Ordonnance de Philippe V le Long contre les Lépreux 1321
Suite à l'article 503 sur Périgueux et ses Lépreux, je désirais trouver une documentation sur le sujet, et cerise sur le gâteau, elle sort directement de la bibliothèque de l'Ecole des Chartes. Je vous ferais grâce de tout le texte en Latin.
Nous allons grâce à Monsieur Duplès Agier, savoir le pourquoi et le comment de cette Ordonnance ainsi que ses conséquences désastreuses pour Périgueux mais aussi les différentes régions de France !
Le XIV siècle fut une désastreuse époque, la dilapidation des Deniers publics, l'altération et l'affaiblissement des monaies, l'exagération de l'impôt, la misère publique, la Lèpre, la Peste et la guerre, bref les Cavaliers de l'apocalypse !!!
Car le peuple dans ces temps d'ignorance s'attaque toujours à une classe de la société qu'il rend responsable de ses maux et il s'en prit alors aux Juifs dans sa détresse et aux Lépreux dans ses maladies et ses souffrances, puis comme une conséquence naturelle les enveloppa dans la même condamnation arbitraire, sans jugement ni procès. La pièce était montée, la scène prête et les acteurs allaient êtres massacrés !!
On les accusa d'avoir empoisonné les fontaines et les puits, la crédulité publique saisit avidement ce prétexte et produit contre eux des accusations dont l'absurdité démontre l'invraisemblance. Les rois eux mêmes se feront les organes et les interprètes des plaintes de la moutonnière foule
samedi 5 septembre 2026
l'Accès aux livres XIV et XV siècles
Le prix venait du support, un livre requérait de grande quantité de parchemin ou de velin et selon le format du livre on obtenait de deux à seize feuillets par peau. Ces deux matériaux étaient des matières onéreuses
La difffusion du papier chiffon, attesté en Espagne dès le XII siècle n'arrive en France qu'au XIII siècle et ce n'est qu'au XIV et au XV siècle que l'usage du papier se diffuse largement permettant de baisser le prix des livres manuscrits !
Le papier pouvait revenir cinq fois moins cher que le parchemin dès le XIV siècle et jusqu'à treize fois moins cher au XV siècle grâce à l'amélioration des techniques de papeterie et à la multiplication des moulins à papiers. Cela n'était cependant pas suffisant l'économie sur le prix du livre était de 10 à 20 % par rapport à un livre en parchemin. Ce qui permet à ce dernier de garder une position solide sur le marché du livre !
De nombreux Lettrés semblaient avoir un préjugé défavorable envers le livre papier ils le jugeait à la fois moins noble et moins solide dans le temps, surtout pour ce qui concernait les textes et les ouvrages importants auxquels leurs possesseurs étaient attachés. De plus, si on pense comme eux, n'ignorons pas la transmission de ces livres onéreux à leurs descendants !!!
En réalité le facteur le plus important du coût d'un livre médiéval était la copie !. Les Scriptoria Monastique, dans les deux derniers siècles du Moyen âge, avaient perdu l'essentiel de leur importance et la plupart des Copistes étaient désormais des Artisans professionnels que l'on trouvait surtout dans les grandes cités!
Les bons copistes travaillaient lentement, environ deux feuillets et demi par jour et il faut tenir compte de la durée du jour et de la luminosité en fonction des saisons. Il était pratiquement impossible de copier des textes à la lumière des bougies ou des chandelles !
Autrement dit, un bon copiste produisait 4 à 5 livres de 200 feuillets par année. Je vous laisse imaginer la facture d'un de ces livres, qu'il soit de papier ou de parchemin, il était inabordable pour le clampin moyen, de fait il fallait déjà savoir lire et écrire !
On fait dans le petit format, des lignes plus serrées, une écriture plus cursive, on multiplie les abréviations permettant d'économiser papier ou parchemin et de gagner du temps sur le travail du copiste !Beaucoup vont se rabattre sur une solution moins onéreuse, mais qui ne garantissait pas la correction des textes transcrits !, Cela consistait à s'adresser à des amateurs, Chapelain besogneux, étudiant pauvre, voire copier soi même des chapitres d'un livre dans une bibliothèque ?
Le marché du livre d'occasion était fort actif aussi, spécialement dans les villes universitaires. Il était alimenté par des étudiants dans le besoin, ou quittant l'université, des prêteurs sur gages, des collèges se débarrassant de leurs doublons, des héritiers liquidant la bibliothèque d'un père ou les livres d'un oncle chanoine, curé etc !!
Il semble impossible d'établir un prix moyen du livre médiéval même en se fondant sur une abondante documentation des XIV et XV siècles, les chiffres en seraient tout à fait fictifs
Les secrétaires royaux étaient dans la capitale, avec les conseillers du Parlement et les Professeurs d'université, les principaux possesseurs de bibliothèques privées
La plus importante des bibliothèques privées dont on connait la composition pour cette époque ( 1419 ) est celle d'un greffier du Parlement, un certain Nicolas de Baye avec 198 volumes, dont une part avait pu être acquise par don ou héritage ?. Dans le cas de la France des études ont d'abord permis de montrer qu'une fois mis à part le Roy, les Princes du sang, et les grands Seigneurs du royaume, les gens de Savoir sont quasiment les seuls, à avoir jusqu'à la fin du XV siècle, des bibliothèques de quelque importance
En 1368 le Roy Charles V fait aménager une vaste librairie dans la tour de la fauconnerie du château du Louvre, à sa mort celle-ci comptait 1300 volumes. La BNF est l'héritière directe du roy Charles V le Sage...par la sainte messe !! que voilà un bel héritage mordious !!! Oui j'avoue que votre copiste le nain est jaloux ! c'est pas interdit m'enfin !!!
Nota : L'invention de l'Imprimerie au XV siècle ( voir article 314 ) a t'elle fait immédiatement sentir ses effets sur le milieur des hommes de savor de la société médiévale ???? ce n'est que vers 1470 que s'installe la première imprimerie à Paris. Le bénéfice réel de cette invention sera pour la Renaissance
PS : pour cet article j'ai puisé dans les gens de savoir à la fin du moyen âge, l'excellent livre de Jacques Verger, Médiéviste et spécialiste des Universités au Moyen âge, vouiiii quand c'est pas un texte du nain en bon copiste je cite l'auteur, il faut rendre à César ce qui appartient à César M de V
lundi 31 août 2026
Le Défi de Mondeville ou le Divorce entre Médecine et Chirurgie
vendredi 21 août 2026
L'idéal Courtois de l'élite au moyen âge
Il ne convient pas cependant, de voir dans les oeuvres courtoises une représentation historique de la vie aristocratique de la fin du XII et du XIII siècle, pas plus qu'il soit loisible de dessiner un tableau exact des moeurs féodales dans les chansons de geste, les cantilènes ou les légendes et poèmes (voir article précédent ). Les auteurs et écrivains courtois ont créé un univers propre à enchanter l'imagination
L'univers courtois est un domaine aussi riche en possibilités d'aventures que l'univers épique. De prestigieux chevaliers le parcourent aussi passionnés de gloire que les personnages d'épopées. Pour triompher ils doivent exercer d'extraordinaires vertus guerrières
Le merveilleux chrétien est alors remplacé par le merveilleux féerique et l'archange Gabriel par l'enchanteur Merlin, désormais l'idéal qui anime les héros est tout autre. Le chevalier des chansons de geste accomplissant une mission féodale et chrétienne est remplacé par le chevalier courtois agissant pour la Dame qu'il aime !
Nous retrouvons beaucoup ces valeurs dans le monde du JDR ( jeux de rôles ) de l'époque contemporaine ou nous trouvons des reconstituteurs médiévistes et des rôlistes du médiéval fantasy !
Aussi impose t'il des devoirs. Comme tout vassal doit hommage à son seigneur, tout chevalier courtois doit hommage et soumission à sa Dame ( du latin Domina qui signifie maitresse ). Si l'ami est " Sergent ", la dame est " Suzeraine " l'amour devient un service féodal ! et le parfait chevalier courtois doit obéir en toute occasion au code du savoir aimer !
L'amour vertu est fondé sur l'admiration réciproque, l'ami admire chez la dame, beauté, sagesse et bonnes manières il ne saurait l'aimer si elle ne possède pas ces mérites
La Dame quand à elle ne consent à recevoir l'hommage de l'ami que s'il se montre paré de qualités militaires, mais aussi mondaines. Pour plaire à la société courtoise la valeur guerrière ne suffit plus !!
Le chevalier doit être soigné, de mise élégante, poli, spirituel, brillant causeur et assez instruit pour savoir lire et écrire. S'il sait chanter et danser c'est encore mieux !!
Nota : Par exemple sous Louis XIII, l'Astrée, roman en cinq volumes, d'Honoré d'Urfé, publiés entre 1607 et 1619, réactive directement les codes et les tensions de l'Amour Courtois, en y ajoutant l'esthétisme Baroque de la Renaissance !!!
PS : de la Renaissance de Henri II et jusqu'à Louis XIII cette imitation de l'amour courtois pouvait friser le ridicule tant il était exagéré, voir même poussé à l'extrême ...M de V
lundi 17 août 2026
N° 510 ) De la Chanson de Geste à la Légende
Les plus anciennes chansons de geste furent composées vers 1100, elles font revivre des événements du VIII siècle ou du IX siècle, mais elles les déforment et les amplifient. Comment est on passé de la réalité historique au poème épique ?. C'est le problème de l'origine des chansons de geste, qui soulève encore des querelles chez les érudits du XX et XXI siècles
mardi 4 août 2026
Les Anglais et l'Eldorado Bordelais
Le trafic est donc intense et le chiffre d'affaire global crève tous les plafonds. A Bordeaux plusieurs centaines de grosses Cogghes sont nécessaires deux fois par an pour assurer le transport de près de cent mille tonneaux. Ces flottes énormes demandent une main-d'oeuvre importante, tant pour les chargements que pour leur manoeuvre et leur entretien
La production et l'acheminement du vin jusqu'au port sont aussi tributaires d'une main d'oeuvre hautement spécialisée. dans les campagnes et les Bourgs alentours le peuple entier se consacre au vin et à son commerce
Sur le port on est moins difficile quant à la qualification. Il faut de bons bras avec de bons muscles de préférence et tant pis pour leurs origines, nous savons qu'il suffit d'un mois de séjour dans la ville pour en devenir citoyen
Disposition charitable de nos bons ecclésistiques ayant pour effet de remplir le port de la cité de maladrins, venant souvent de fort loin pour se faire absoudre, mais acceptent de travailler dur au chargement pendant plusieurs semaines
D'autant qu'une fois tout le vin embarqué sur les Cogghes angloises ils recoivent leurs payes mais aussi un document, une sorte de passeport, leur permettant d'aller se faire pendre ailleurs, ce qu'ils font le plus souvent en s'enrôlant dans un équpage sur un navire au départ
Nos bons ecclésiastiques ne sont jamais à court d'idées quand il est question de s'en mettre plein l'escarcelle. Ils font aussi dans le commerce du vin. De toute façon il faut bien du pinard pour aider à étudier la théologie, matière ennuyeuse et soporifique à souhait !. Bon je plaisante les gens !!!!....quoi que ????
Pendant cette période funeste plus de la moitié du vin est jeté dans les rivières, en effet le vin au moyen âge ne se conserve pas. Sans parler des vins du haut pays qui ne se vend qu'au cinquième de sa production
Les très nombreux métiers d'Accastillage et de Vineterie sont au chômage presque total. Cependant cela ne semble pas empêcher les Maîtres de Guildes d'engager de nouveaux apprentis. Ils restent confiants dans l'avenir du commerce avec Albion, tout comme les paysans vignerons qui continuent de planter de la vigne, en même temps qu'ils soignent avec la minutie que l'on sait tout ce qui est déjà en état de produire !
Au lendemain de la restitution de la Guyenne à l'Anglois on assiste dans tous le Duché à un formidable élan populaire et Bourgeois, une sorte de fête à la gloire de la prospérité retrouvée
Certes les négociants tirent la part du Lion, mais toutes les couches de la population prennent l'argent de cette manne céleste. Pour bien des gens c'est tout à fait nouveau. On voit même des Serfs acquérir de la terre en dehors de leur tenure servile !
En l'espace de quelques saisons la vie change de telle façon que l'on peut parler d'une société nouvelle, un début de société de consommation florissante, celle des Cités Etats Italiennes !
Une avancée formidable quand on sait que si une grande partie de l'Europe est encore au Moyen âge l'Italie est déjà dans la Renaissance et ceci un siècle avant la vieille Europe
Des cités états comme Florence, Pise, Venise ou Gênes sont résolument tournées vers le commerce ou la Bourgeoise tient le haut du pavé !!
Dans le Bordelais proprement dit l'argent coule à flots, les Bourgeois ont en main la corne d'abondance et en réglent le débit. De plus ils ne payent pas " la coutume " sur leur production, exceptée celle dite " de Royan " qui d'ailleurs se perçoit à Bordeaux. Ils sont même exemptés de " l'issac " une taxe qui touche tous les vins entrant en ville afin d'y être négociés
Afin d'êtres sûrs de bien vendre leurs productions, les Bourgeois Négociants accompagnent leurs récoltes ou le fruit de leur négoce jusqu'en Angleterre, la traversée ne les rebutant guère et ou bien souvent ils tiennent boutique sur le quai aux vins de Londres !. L'anglois comme le Francais consomme beaucoup de vin et de bière, l'eau étant fort peu potable dans les cités au moyen âge
La simple attente de la bonne marée rassemble encore plus de navires. Il faut deux jours avec vent favorable pour remonter la Gironde, pour peu que le vent refuse les Nefs doivent attendre encore, si bien que presque toute la flotte se présente en même temps à l'entrée du port de Bordeaux
Si le temps est clair et le vent portant, comme c'est souvent le cas en automne à marée montante, on peut voir les voiles gonflées jusqu'à l'horizon. Toute la population est sur les remparts, les tours et les pontons du port
Contrairement au reste de l'Europe la Guyenne offre le spectacle grouillant de gens fort occupés à bien faire pour leur plus grand bénéfice, paysans, bourgeois, ecclésiastiques tiennent comme élément des plus sérieux qui soient : un cépage, un bouquet ou la qualité d'un tonneau ! en bref le pinard c'est obligatoire mordious !!!!
PS : voilà un article qui tombe à pic pour le jour anniversaire de votre serviteur le Nain copiste des Chroniques du Moyen âge, je vous souhaite de bonnes libations braves gens M de V

















































