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vendredi 10 avril 2026

Le Chroniqueur Jean Tarde 1561-1636

Il existe des sources historiques ou une Cité, un Bourg et un Village viennent puiser, bien qu'elles ne soient pas publiques, car se trouvant généralement protégées aux archives municipales ou départementales d'une région 

Jean Tarde né à la Roque Gageac la Maison forte de la famille Tarde est toujours visible. C'est un religieux est un auteur de la Renaissance, mais il était également un mathématicien et un astronome distingué entretenant une correspondance avec Galilée et ne craignait pas, tout en étant Chanoine Théologal (Professeur de Dogme), de se déclarer partisan des théories de Copernic. Je vous propose un passage de sa chronique concernant le Moyen âge et l'occupation Angloise en dordogne





maison forte de Tarde
Edouard III, Roy d'Angleterre dans la 36 année de son règne, faict de son filz premier né, lui aussi prénommé Edouard, le Prince de la Guyenne. Cette lettre ou cette ordonnance sera publiée dans toute la Guyenne et à Sarlat en l'an 1363 et depuys lors il porta le nom de Prince de Galles et d'Aquitaine. A partir de ce moment le Titre de Duché changera pour devenir Principauté

C'est au début de l'an 1361, suite au traité de Brétigny que le Roy d'Albion a envoyé John Chandos, Vicomte de Saint Sauveur, prendre possesion du Périgord, du Quercy, du Limousin et de l'Agenois. Il va trouver de fortes résistances par le fait que le pays maintenoit que le Roy Jean II le Bon n'avoit pas à disposer de leurs personnes et de leurs biens

Attendu que depuis Charlemaigne ils avoient privilège de ne pouvoir estre aliènés et tirés hors la couronne de France !!. Le Roy Jean II va envoyer des commissaires pour les faire obéir !

Ainsi c'est plus par force que par amour que John Chandos receut la Foy et les Hommages, des Comtes, Barons, seigneurs, villes et communautés dudict pays. Il va y établir Sénéchaux, Baillis et autres officiers pour la couronne d'Angleterre







E
n décembre 1361 John Chandos estoit à Sarlat ou il receut le serment de fidélité d'Aoustentius de Sainte Colombe Evèsque et Consulz de la cité. Le Roy d'Angleterre, peu de temps après, va confirmer tous leurs privilèges pour en jouir comme ils avoient faict comme auparavant soubsz les roys de France 

Par ce moyen le Périgord et toute la Guyenne heut du repos l'espace de huit ou neuf ans. la douceur duquel repos faict que l'on supporte plus facilement la nouvelle domination et l'arrivée de Edouard de Woodstock Prince de Galles et d'Aquitaine en 1363

Le bénéfice de la paix faict qu'en juillet 1365, les habitants et les consuls de Sarlat arrestent en conseil que leur église paroissiale, qui estoit en ruine à cause de sa vieillesse, seroit rasée et qu'en sa place en seroit faicte une nouvelle 

Les habitants, fidèles de l'église, payeront une deuxième Dime chaque année, laquelle Dime fut levée durant trois ans de suite, si bien que la provision des matériaux étant ramassés, la première pierre fut posée en avril 1368, les guerres qui vont suivre retarderont l'achévement de l'édifice







A
peine rentré à Bordeaux de son expédition en Espagne, Edouard Prince de Galles et d'Aquitaine assemble ses Estatz à Saint Emilion en octobre 1367, beaucoup manqueront à l'appel à cause de la difficulté des communications, l'état des voies de circulation à cette période de l'année et de la crainte des Routiers !

Le Prince fait une deuxième convocation en Janvier 1368 et y fait conclure l'imposition d'un Fouage ( un impôt sur chaque feu ) pour une durée de 5 ans, ceci pour payer les dettes de sa campagne Espagnole. Son allié Pierre le Cruel avait promis 550 000 Florins Or au Prince Noir pour cette campagne il ne fut jamais payé !!!

Ce fouage fut cause que le feu de la guerre reprenne entre les français et les Anglois d'Aquitaine. Le peuple de Guyenne trouva cette imposition dure à supporter et estant contre les us et privilèges du pays.

Ilz disoient qu'ilz s'estoient mis soulz la domination des Anglois pour sortir leur Roy naturel de prison, lequel ne les avoient jamais traités ainsi ! ni avoit disposé d'eux à leur préjudice. Ils croyaient pouvoir vivre soubz les roys d'Angleterre avec les mêmes privilèges et libertés qu'ilz avaient vécus soubz les roys de France. Plusieurs Seigneurs de Guyenne approuvaient les raisons du peuple et les firent connoître à Paris au Roy Charles V le Sage 



 



L
equel Roy fut conseillé de prendre fait et cause pour le peuple de Guyenne afin que celui çi n'eût occasion de se plaindre et dire que son père les avoient baillés en proie à un Prince estranger qui les traitoient trop durement. Charles V étudie la question et ne prend une décision qu'à la fin de l'année 1368

Les lettres de citations du Roy de France au Prince de Galles et d'Aquitaine furent adressées par jean de Chaponval dans les derniers jours de décembre 1368 ou tout début de Janvier 1369 selon Jehan Froissart !!!

Le Comte de Périgord, les Vicomtes de Carman et d'Armaignac, ainsi que plusieurs Barons et gentilhommes font la première ouverture de la guerre en ce pays et cela sans attendre la volonté du Roy de France. Ainsi plusieurs villes voyant cette ouverture quittent les Léopards d'angleterre pour reprendre les fleurs de Lys

Selon Jehan Froissart plus de 60 villes ou châteaux en Aquitaine avaient secoué le joug de la domination anglaise dès la publication des lettres de citation de Charles V au Prince Noir. Il est très en dessous de la vérité, l'insurrection se propage tellement vite que dès le mois de mars 1369 c'est 921 villes ou châteaux qui changent d'allégeance ! un rôle conservé aux archives nationales donne le nom des 921 places







E
douard de Woodstock Prince de Galles et d'Aquitaine, cette année la, met trois armées aux champs afin d'arrêter la révolte des villes et pour reprindre celles qui l'avoient abandonné, une de 3000 hommes venant d'Angleterre avec Aymon Comte de Cambridge comme chef, qui prind port en Bretaigne et vint en Périgord et assiège Bordeille ( canton de Brantôme Dordogne)

Une autre armée avec Jean Chandos et jean de Grailly Captal de Buch se constitue à Montauban et mettent le siège devant Terride (commune, canton de Mirepoix Ariège)

La troisième formée en Agenois est commandée par Robert Canole ou knolles avec laquelle il va assièger Durevel en Quercy ( canton de Puy l'Evèque dans le Lot ). Par le fait la guerre de cent ans reprenait de l'élan elle devait durer 116 ans


PS: je désirais mettre à l'honneur des chroniqueurs régionaux comme JJ Escande, J Maubourguet et le chanoine Jean Tarde, cet article n'aurait pu paraître sans l'aide de la Mairie de Sarlat qui a bien voulu me prêter sur le fond ancien de la ville le livre de Jean Tarde  merci à eux  M de V


 

vendredi 20 mars 2026

Tomàs de Torquemada XV Siècle

 

Tomàs de Torquemada est né en 1420 dans le royaume de Castille et dans la ville de Valladolid, il meurt en 1498 à Avila. Notre personnage entre très jeune dans l'ordre fondé par Saint Dominique dans le couvent de Saint Paul à Valladolid. Les Dominicains ne sont pas des moines mais des frères prêcheurs, aussi nommés les chiens du Seigneur, sensés par vocation d'aboyer contre les hérésies

On le dit de taille très au dessus de la moyenne, un corps sec et musclé, un visage tranché et des lèvres minces, un nez aquilin, des yeux noirs pénétrants et très enfoncés sous une arcade sourcilière dure, les chroniqueurs disent qu'à 65 ans il en paraissait à peine 40 !

L'homme était très énergique et doté d'une intelligence vraiment supérieure à cette époque, ses connaissances en matière de Théologie le classe parmi les plus savants de son temps

Il sera le confesseur de Isabelle de Castille dite la catholique, notre moine va évoluer dans la période de la reconquista en Espagne, avec à leur tête le couple Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, avant de devenir le grand Inquisiteur d'Espagne pourchassant Marranes et Morisques. C'est à dire respectivement des Juifs et des Arabes convertis à la religion catholique pour ne pas avoir à quitter le sol de l'Espagne 




Notre bon Dominicain aurait selon les sources des chroniqueurs contemporains de sa période, à son actif, l'équivalant de 60 000 morts sous la torture, soit de son propre chef ou du fait des inquisiteurs et des tribunaux ecclésiastiques qu'il dirigeait en tant que Grand Inquisiteur d'Espagne !!!....

Colossal pour l'époque !! même pour un grand inquisiteur pourchassant l'hérésie chez les juifs, les Arabes convertis et les Cathares réfugiés dans les différents royaumes de la péninsule Ibérique !

On le définit brutal et cynique, lâche et abject, uniquement attentif à son bien être. On en fit le symbole de la méchanceté cruelle et son nom va devenir synonyme de férocité. La vérité sur son compte n'a jamais pu être établie avec certitude !

Il en reste de vagues témoignages, tous partisans, chacun étant le fruit d'un point de vue trop personnel, dicté soit par un intérêt courtisan, comme celui de Sébastien de Olméda qui l'appelle " lumière de l'Espagne " sauveur de son pays, honneur de son ordre, soit par une rancune aveugle !

La vérité rapportée par la chronique, pour ce qu'il en reste, et c'est bien peu, est que Torquemada refusa toujours toute promotion et reconnaissance hiérarchique








Il aurait pu devenir évêque voir même cardinal avec une grande facilité. Ses biens personnels ne se sont pas accrus au cours de ses longues années inquisitoriales, sa garde robe ignorait les tissus onéreux sa sévérité et son austérité ne laissait place qu'aux habits et au linge en toile de chanvre ou de coton

Cependant son sens du beau l'amena à s'occuper directement de manifestations artistiques en tous genres, en particulier dans le domaine de l'architecture et de la peinture, faisant de certains monastères, comme celui de Saint Thomas à Avila, des chefs d'oeuvres de l'art qui résistèrent aux outrages du temps

Il aimait l'Espagne et c'était un croyant fervent. A son avis " conversos et moriscos " éaient des ennemis dangereux pour son pays et de sa religion

Lorsqu'il ne s'occupait pas de questions inhérentes aux problèmes inquisitoriaux il étudiait la théologie, le droit canon, l'histoire de l'art, la littérature. Son bagage culturel était imposant et très peu de de personnes de son temps auraient pu lui être comparées








Il semble étrange qu'un homme dont l'esprit était aussi large et l'intelligence ouverte ai pu succomber et se laisser dominer par le déchainement soudain des passions les plus brutales ?

Il en est qui ont affirmé que Tomàs, monstre de bestialité se délectait à fouetter les blanches chairs tombées en son pouvoir. On parla d'une certaine Conception de Saavedra, qui fut l'objet de ses soins parrticuliers, un épisode répugnant, qui précipiterait Torquemada dans un abîme d'ignominie ?

Nous signalons qu'un seul des historiens de l'époque a signalé ce fait. On a démesurément grossi le nombre des condamnations, en faisant ainsi un objet de scandale. Cependant les historiens les plus objectifs affirment que la perte d'un grand nombre de documents de l'inquisition et le peu d'études en profondeur faites en Espagne ne permettent ni d'accepter, ni de réfuter le nombre de ses 60 000 victimes ??

D'autres part les historiens ayant écrits sur ce personnage soutiennent que les Pontifes lui auraient conseillé, voir imposé, de modérer son propre zèle, semblable à un fanatisme pathologique !. D'ailleurs dans cette Espagne qui eut pendant un temps Torquemada comme seul maître et arbitre de la religion, le peuple, avait la conviction que Tomàs travaillait pour le bien de son pays ????








Soyons clair qu'il n'est pas possible de défendre l'oeuvre de l'inquisition effectuée par Torquemada, mais il semble nécessaire de souligner sa formation mentale et les circonstances de son action !!

Les documents de l'époque sont rares et ceux qui ne sont pas officiels ne sont pas, pour autant moins partiaux, ne serait ce que parce qu'ils proviennent tous d'une unique source de " Conversos ", c'est à dire de ceux qui souffrirent dans leurs familles et dans leurs chairs, de la vague de répression qui s'abattit sur l'Espagne par la main de Tomàs de Torquemada

A la cour il était très aimé par les deux souverains et l'on peut vraiment dire qu'aucune feuille ne pouvait bouger si Torquemada ne le voulait pas. Lorsqu'il fut honoré de cette charge d'inquisiteur Général, par le Roy la Reine et le Pape Sixte IV, il n'eut qu'un seul désir, l'élimination complète de l'hérésie !

PS : ceci n'est qu'un aperçu du personnage, en fonction de mes différentes lectures et des historiens ayant écrits sur le sujet ! je vous laisse toute latitude de vous faire votre propre opinion sur Tomàs de Torquemada....M de V




samedi 24 janvier 2026

Jean de Vienne, Funeste début de Carrière !

Jean reçut une éducation qui ne diffère guère des autres jeunes de sa condition, le maniement des armes, l'équitation, la fauconnerie et la chasse, tous les exercices qui donnent à ce jeune gentilshomme, de petite taille, un corps souple et robuste. Notre jeune Chevalier n'a que 21 ans au moment des faits relatés dans cet article. Jean II le Bon donne mandat à son cousin Jacques de Bourbon Comte de la Marche pour rassembler une armée afin d'exterminer les " Tards Venus " quinze mille Routiers !!!

Chaque bande de ces soldats de fortune formait une Route d'ou le terme de Routier...la plus célèbre de ces routes est celle de Seguin de Badefol, sa route se nomme " La Marie " du nom de la mère de ce joyeux drille !!

La précision est d'importance car c'est lui qui commande les compagnies on le nomme le Roi des Routiers si lui est Périgourdin les autres sont Allemands, Brabançons, Flamands, Bretons, Piémontais et gascons. Déroulons cette bataille de Brignais ou l'Ost de France va recevoir une sévère raclée par les Routiers, une de plus me direz vous !







Jacques de la Marche convoque dans la bonne ville de Lyon, menacée par les Routiers, gentilshommes fers vêtus, arbalétriers et des piétons hérissés de vouges et de guisarmes, les gens de guerre accourent alléchés par la picorée (butin) et parmi eux se trouve Jean de vienne brandissant son pennon qu'il avait déjà porté aux combats de Chatillon sur Seine et de Brion

Les fêtes données par la Comtesse de Forez pour remercier les seigneurs accourus à l'appel de son frère Jacques de la Marche sont vite interrompues !..les routiers sont la et campent à treize kilomètres de Lyon ! Il est temps de coiffer le casque et chevaucher à leur rencontre

Le 2 avril 1362 les deux armées sont face à face. face, de l'Ost on voit six mille routiers pauvrement armés qui occupent le sommet d'une large colline, peu élevée, mais très escarpée et rocailleuse. Sur les crêtes qui dominent le chemin d'accès, ils ont accumulé des monceaux de grosses pierres

En arrière et à droite de ce premier corps le gros de la horde, huit à dix mille combattants à cheval se tient cachée en réserve et invisible aux Français, un chemin qui contourne le pied de la colline leur permettra, le moment venu, de déboucher dans le flanc des français !







Inconscient du danger l'ost rutilant a déployé ses lignes brillantes dans la plaine. Mal informée par ses éclaireurs qui n'ont pas su découvrir le dispositif des compagnies de Seguin de Badefol, l'armée entière vibre du désir d'en découdre avec la piétaille des routiers, qu'ils nommaient merdaille !

Sauf Arnaud de Cervole dit l'Archiprêtre (encore un Périgourdin) ancien routier et un proche de Jean II le Bon. Il n'ignore pas toutes les ruses habituelles des routiers !! et l'immobilité de ceux de la colline et leur nombre beaucoup moins grand qu'il eut pu croire ne lui dit rien qui vaille !!

Voià le décor est planté et la grande boucherie va pouvoir commencer, les français n'ont pas retenu les leçons de Crécy et de Poitiers ils vont se faire massacrer par ces Routiers ces soldats de fortune, qu'ils affublaient par dérision du doux nom de merdaille







Maintenant les français visières fermées vont suivre au pas la pente qui permet de joindre l'adversaire. On envoie la lourde infanterie pour gravir la pente caillouteuse en bas de l'emplacement des routiers. Non loin avec les troupes à cheval jean de Vienne contemple ardemment le tableau grandiose de cette première attaque !...Il va apprendre comment on perd une bataille 

Les routiers poussent de gros blocs de pierres sur la pente dans une intarissable avalanche, arbalétriers, vougiers et autres piétailles sont laminés. Vainement Arnaud de Cervoles et d'autre capitaines tentent de forcer l'allure mais la pente est trop raide pour les destriers et les routiers continent, sans trêve, leur besogne meurtrière !!

Moins protégés que les hommes en armures les gens de pieds fléchissent et reculent, Hélas voilà qu'aux blessés qui redescendent vers la plaine empêchent les vagues d'assauts qui montent...la panique devient totale !; Bourbon accourt à la rescousse avec sa bataille, il s'obstine dans la déplorable tactique de la charge qui fut un temps écrasait l'ennemi. mais voici que retentit le bruit des sabots de chevaux lancés à la charge avec des lances de six pieds baissées !! 









La réserve de Seguin de Badefol arrive en rangs serrés sur le flanc des Français. Assallis de tous côtés les français reculent la grande boucherie est consommée, L'archiprêtre sera fait prisonnier par ceux de son ancien métier. Quand à Jacques de Bourbon et son fils Pierre arrachés tous deux de la mêlée et criblés de coups ils expireront quelques jours plus tard dans la cité de Lyon consternée par le désastre

La leçon ne sera pas perdue pour Jean de Vienne, il sait désormais que la discipline vaut mieux qu'une bravoure désordonnée et que les nécessités de la guerre sont bien différentes des régles de coutoisies des tournois prisées par son Roy !

Il a frappé de taille et d'estoc pour sortir du piège des routiers de Brignais. A quelques temps de la Jean de Vienne seigneur de Roulans va entrer au service du Roy de France, Jean II le bon lui fait abandon en septembre 1362 des droits d'une valeur de 140 Florins en Or, sur le village de Villey en Auxois, dans le Comté de Bourgogne, heureuse générosité qui donne aux Valois l'appui d'une redoutable épée !!!

Jean de Vienne deviendra Amiral de la Flotte sous Charles V le Sage certains le nommeront le Duguesclin sur la Mer, mais si sa carrière commence par une défaite, par une bizarrerie de l'histoire elle se termine également sur une défaite !






Pour un homme blanchi sous le harnois la fin de ce XIV siècle se termine mal, Jean de Vienne Seigneur de Roulans constate l'impopolarité d'un Richard II en Albion, un Benoit XIII obstiné à Rome perpétuant le schisme d'Occident, un Roy Fou règnant en France, un ivrogne fainéant dirige l'Allemagne et dix tyranneaux se disputant l'Italie ..triste constat !

Mais voici qu'à l'Orient le ciel s'obscurcit sur la Hongrie, les sectateurs de Mahomet après avoir écrasé les Bulgares, les Albanais, les Serviens (Serbes) et les Bosniaques s'installent en choisissant Andrinople comme capitale de leurs possessions !

Le voilà embarqué dans l'Ost recruté par le Philippe le Hardi Duc de Bourgogne avec à la tête son fils Jean qui sera bien mal nommé plus tard Jean sans Peur ...pitoyable chef de guerre,  à la demande de Sigismond de Hongrie menacé 

Nous voilà à la bataille de Nicopolis contre Bayezid surnommé Ildyrim ( la foudre ou l'éclair ) voir article sur le blog !. Jean de Vienne était la pour chaperonner et conseiller le fils du Duc de Bourgogne, peine perdue, ce sera un bain de sang dans lequel Jean de Vienne disparaît 



PS : la guerre ne fait pas de quartier ! sans vouloir assombrir le tableau penchez vous sur les tensions actuelles et dites vous bien que la guerre ne meurt jamais M de V 



lundi 19 janvier 2026

N° 495) Jean II le Bon un problème d'histoire morale ?

 

Jean II le Bon
Ce que nous savons : le Roy fait prisonnier par le Prince Noir à Poitiers va transiter par Bordeaux pour se rendre en Angleterre il devient le prisonnier de Edouard III, il signera le traité de Brétigny, qui livre la moitié de la France à l'Anglois, puis paye une partie de sa rançon en Franc Or (c'est la première apparition de cette monnaie ) et rentre en France....Mais il retourne volontairement en Albion en Janvier 1364 et meurt à Londres en Avril 1364 !

Ce retour en Angleterre est un cas historique ou l'on voit le désaccord entre les jugements des chroniqueurs du XIV siècle et les sentiments des historiens modernes. Les hypothèses au fil des siècles, n'ont pas manquées d'alimenter les chroniques. Or donc le cas mérite un approfondissement ou si vous préférez une petite enquête !!

On ne peut aiseément retenir pour seule raison de son retour volontaire à Londres, le désir, par point d'honneur, de remplacer son fils évadé le Duc d'Anjou car il suffisait d'un acte de Roy pour renvoyer ce dernier en Albion !

G Dodu dans sa chronique des Valois écrit en 1934 je cite : d'autres mobiles ont pu agir en même temps sur ce cerveau, dans lequel on serait souvent embarrassé pour dire ce qu'il s'y passait ?...je dis oui car un chroniqueur comme Jehan Froissart disait lui même que Jean II était lent à concevoir 



Edouard III
Mais quand l'évasion du fils n'était qu'un incident facile à régler en refaisant passer, de gré ou de force, le bras de mer à ce fils qui ne respectait pas la parole donnée, il faudrait admettre que l'homme qui livrait, cinq ans plus tôt, la moitié de la France en échange de sa personne fût devenu complétement fou pour s'en aller reprendre sa captivité ????

C'est un argument de plus en faveur de la non sincérité du sous seing privé imposé à Londres en Mars 1359, par Edouard III à son prisonnier Jean II le Bon. L'auteur V Tourneur Aumont, historien moderne des Valois tiens le retour volontaire à londres comme un " mystère à percer " et il admet comme hypothèse plausible un voyage d'affaire ? peut être la vente de chevaux et de vins ?...voila qui nous montrerait un Jean II sous un jour innattendu et voyageant en marchand plutôt qu'en Roi ???

Complaisance ou charité quand le Colonel Babinet dans son Captal de Buch Jean III de Grailly estime Jean II plus chevaleresque que sage ???. Beaucoup d'autres auteurs ont aussi évoqués son goût pour les banquets et les joutes ainsi que des amitiés douteuses dont Charles La Cerda, puis Arnaud de Cervole un routier ou ce benet d'Arnoul d'Audrehem







Le Prince Noir
Pour faire bonne mesure n'oublions pas la curieuse mais hypothétique histoire d'amour de Jean II avec la belle Comtesse de Salisbury et Brantôme qui a cru Jean II rival de Edouard III a oublié, dans son idée de retour amoureux vers Albion, que la belle Comtesse était morte depuis dix ans au moment des faits !!!!

Avançons la théorie qu'à son départ Jean II  nomme son fils Charles Régent du royaume, reconnaissant en lui le génie politique. Charles gouvernait en fait et Jean II aurait légalisé cet état de fait ??...Nul doute qu'en donnant les pleins pouvoirs à son fils il n'ai agit en père et en roi clairvoyant. On a peine cependant à se représenter Jean II  en père éduquant son enfant, nous savons qu'il n'y avait que fort peu d'affection entre les deux personnes Père et Fils ???

Selon Delachenal ce fut Jean II qui règna de 1360 à 1364 et selon lui la nomination de Charles en tant que Régent est un acte de roi de France et chef de la croisade voulue par le Pape Urbain V. Un roi heureux d'avoir en France un fils apte à la régence pendant que ses propres préoccupations s'étendent à la chrétienté  ???

Oui je sais cela laisse encore plus de questions mais c'est le lot commun à tout passionné d'histoire !







Jean II le Bon
A son retour en Albion il revenait en Roy de France, en Roy Suzerain, mais surtout en supérieur comme chef de la croisade !. Il devait être conscient de la revanche morale qu'était son retour volontaire !

Il apportait plus haut plus noble, celui des responsabilités créées par sa mission de chef de croisade !

Elle explique la considération d'un chroniqueur comme le Florentin Felippo Villani, personnage altier et fort septique, mais aussi le chroniqueur des quatres premiers Valois, qui dit dans ses écrits que le premier but du retour de Jean II à Londres fut " de traiter l'emprise du Roy d'aller Outremer "

Ainsi pourrait être la clef du mystère. C'est avant tout le chef de croisade qui vient à Londres !....il ne revient pas en fait, il est la pour le réglement habituel des comptes d'Occident avant le départ pour l'Orient afin d'assurer l'union chrétienne !

Un chef de croisade se devait de partir la conscience pure au XXI siècle nous trouvons peut être cela désolant mais un Duguesclin ou un Jean II n'agissait pas autrement !

Nota : je ne cite pas Michelet car je ne trouve pas crédible son approche de Jean II le Bon dans ses écrits. Pour moi Jean II est avant tout, comme son père, un Roy chevalier, avec la tête farcie de romans Arthuriens et de prose sur l'amour courtois, mais cela n'engage que moi bien sûr !

PS pour cet article j'ai utilisé le travail de Monsieur J Tourneur Aumont Professeur à l'Université de Poitiers..d'autre part je remercie toutes les personnes qui me suivent, vôtre assiduité a fait passer le cap des 200 000 visiteurs au blog des chroniques du moyen âge ....encore merci M de V




lundi 22 décembre 2025

Qui était vraiment Simon de Montfort ????

Ce que nous savons, né en 1175 Simon de Montfort est Seigneur de Montfort l'Amaury de 1188 à 1218, il deviendra Comte de Leicester en 1204, puis lors de la croisade contre les Albigeois sera nommé Vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne de 1213 jusqu'à sa mort en 1218

Cette figure de la croisade deviendra Comte de Toulouse en 1215; il eut pour épouse Alix de Montmorency en 1190 voila ce que tout le monde sait, mais qui était il vraiment ????. Quel était cet homme auquel la Papauté, par l'intermédiaire de ses Légats, avait confié la défense de l'église dans le Sud de la France ????

Comme bien souvent quand on creuse le Moyen âge, à nos questions posées, peu de réponses, mais d'autres questions à foison !!!. Les jugements portés sur lui par les historiens de son temps varient selon leurs convictions personnelles et la fiabilité des informations qui leurs furent transmises 

Il est évident que les Chroniqueurs de l'époque n'étaient pas au coeur de l'action. Tout fonctionnait par le bouche à oreilles ou l'écriture pour certains érudits comme les moines . C'est bien ce qu'est Pierre des Vaux de Cernay, un moine Cistercien qui écrivit l'histoire de l'hérésie des Albigeois et de la sainte guerre entreprise contre eux !!!




Ce moine nous dépeint Montfort comme le héros sans peur et sans reproche vous me direz que c'est normal en tant qu'homme d'église il ne peut que soutenir l'homme désigné par la Papauté !. il n'en va pas de même pour le continuateur de la chronique de Guillaume de Tolède qui le décrit comme un tyran féroce et sanguinaire, puis Guillaume de Puy-Laurens loue la conduite de Simon au début de la croisade pour l'accuser ensuite d'être plein d'ambition et d'une rapacité sans égale ??

Ce qui frappe surtout, quand on lit l'histoire des campagnes qu'il mena pendant près de dix ans c'est sa facilté de déplacement il semble avoir la faculté de se trouver partout en même temps. Ajoutez l'extrême rapidité de ses décisions, l'audace calculée de ses attaques !....Y a pas à dire ce soldat paye de sa personne, cela semble presque au-delà du raisonnable pour l'époque ??

Les historiens parlent de ses moeurs austères et de sa grande piété. Piété intéressée ???, si l'on veut, puisqu'il doit tout à l'église et n'attend du secours que d'elle. Piété sincère ???, car cet homme est assez redouté pour n'avoir nul besoin d'une piété factice !. Il se considère en toute bonne foi comme le soldat du christ, au point que lors de ses revers il accuse Dieu d'ingratitude ou de négligence




En 1210 après la prise de la ville de Bram, appartenant au Comté de Toulouse, ayant résisté trois jours à Simon de Montfort. Celui-ci va faire saisir la garnison (plus de cent hommes), leur fait arracher les yeux, couper le nez et la lèvre supérieure !...un seul gardera un oeil et Simon le charge de conduire ses compagnons à Cabaret afin de semer la terreur parmi les défenseurs de ce château

On peut avancer la théorie qu'un occupant étranger était toujours numériquement plus faible et qu'il est tenu d'user de représailles féroces pour se faire respecter ??? la vie était dure à cette époque et les hommes ne l'étaient pas moins !

Cependant ce n'est pas Simon de Montfort qui a inventé les lois de la guerre, les mutilations de prisonniers était un moyen sûr d'épouvanter l'adversaire. Les morts ne bougent pas et sont très vite oubliés, alors la vue d'hommes aux yeux arrachés et aux nez coupés peut glacer de peur

Notons que ces pratiques étaient utilisées dans toutes les armées et l'on coupait aussi bien les pieds, les mains et les oreilles le plus souvent sur des roturiers, . Lors de cette guerre pour la foi des chevaliers furent écorchés vifs ou coupés en morceaux, la foi rendait ces cruautés légitimes, mais ne jetons pas la pierre sur nos anciens, car qu'en serait il de nous si la menace de l'arme nucléaire n'existait pas hein ????




Etant donné ses indiscutables qualités de chef et l'admiration que sa bravoure inspirait même à ses pires ennemis, il eût peut être pu trouver un moyen de se faire haïr moins qu'il ne l'a fait. Simon ne pouvait se permettre d'être large en dons, il manquait d'argent. Il eût pu du moins être courtois avec ses nouveaux vassaux-peu commode il manquait de patience

Quand il essayera de faire le législateur, il tentera par les statuts de Pamiers d'implanter en Languedoc les lois et coutumes de France, sans peser ce que la chose avait de vexant pour un peuple attaché à ses traditions, ses coutumes. On peut faire la guerre sans traiter les adversaires en peuple colonisé. Faut il le rappeler, nous parlons ici du Sud de la France mais à cette époque ce n'était pas la France  !!! 

C'est la Papauté qui lance une armée contre le sud et l'on constate qu'ils ne vont pas mettre le moindre sabot de cheval en Aquitaine possession Anglaise !!. Dans les combats qu'il mène pour la foi Simon présidera à trois grandes exécutions de Parfaits (ascète cathare). Si par ses victoires il a rendu les bûchers possibles, la véritable responsabilité des autodafés d'hérétiques incombe aux Légats du Pape !

Pillages, massacres, incendies, destruction des récoltes, des vignes et du bétail, ces tactiques vieilles comme le monde furent appliquées par Simon de Montfort à une vaste échelle




Simon de Montfort semble n'avoir réussi à se maintenir dans le Languedoc si longtemps que pour causer de plus grands ravages détruisant complétement la vie économique du pays en suivant aveuglément son Maître de Rome !!

Il semble que le crime principal de Simon fut d'avoir été un trop bon soldat et de n'avoir été que cela !! en tant que chef de guerre il a dépassé toutes les espérances de Rome

Le 25 juin 1218 tandis qu'il faisait le siège de Toulouse avec son armée Simon est mortellement touché par un grosse pierre projetée du haut des murailles. Si son trépas est ressenti comme une victoire par les méridionaux elle sera de courte durée et n'empêchera pas la complète soumission de cette région au roi de France dix ans plus tard !! 


PS : les religions sont à l'origine de bien des guerres et celles ci ne sont jamais propres, sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, certains de nos contemporains prônent encore des idées religieuses pour le moins retrogrades et belliqueuses j'dis ça j'dis rien hein....M de V



mercredi 17 décembre 2025

Boulazac une Paroisse, un Village et un Fief en Périgord au moyen âge

En introduction ouvrons une porte et permettez moi une digression, car comme je le dis toujours, le moyen âge est une cathédrale dont le sol est pavé d'hypothèses plausibles ! Boulazac comme tant de communes dérive sans doute d'un grand domaine du Bas Empire Romain, un endroit ou la pioche découvre encore sans peine des fragments de marbre et des restes d'enduits recouverts de peinture à fresques

Boulazac vient de naître sous le nom d'un riche propriétaire, pourquoi ne se nommerait il pas Bullatius ? qui donne Bullatiacum, Bolazacum puis Boulazac. Le domaine va égrèner ses manses (habitation rurale) sur les coteaux là ou s'élèvent aujourd'hui les hameaux. Nous sommes vers 275 et pendant que l'on retire les meilleurs légions des frontières de l'empire, les hordes Alamanes, dans une chevauchée foudroyante, ravagent les provinces découvertes depuis le Rhin jusqu'en Aquitaine et Boulazac va subir sa première et terrifiante invasion !! 

Cette petite concentration d'humains dans leurs manses va grandir sous l'aile protectrice de Périgueux (voir article) la cité fortifiée avec ses trente tours sur son mur d'enceinte, la tutelle ne sera pas facile à vivre et la main qui dirige sera souvent bien lourde !. Passons donc en revue, en décortiquant la chronique de Boulazac, la population de cette bourgade les Bourgeois, les Damoiseaux et les paysans !




La noblesse à Boulazac, ne repose pas sur la concession d'un Fief de Chevalier et l'on n'y compte aucune Seigneurie titrée. Le voisinage de la puissante enceinte de Périgueux avec ses tours a rendu superflue la construction d'un Château fort destiné à servir de refuge aux paysans menacés par les Normands

D'autre part, Périgueux possède très tôt une milice suffisante pour limiter les conflits entre voisinage et lignages dont le plat pays ne souffrira qu'aasez peu

Sous les derniers Capétiens directs une grande prospérité règne sur le royaume que Jehan Froissart qualifie de " gras et dru ". Par le fait de nombreux Bourgeois enrichis par le négoce deviennent propriétaires en banlieue, ce sont gens avisés et âpres aux gains,

Exemple: en 1328, le Consul ( membre du conseil des villes sous l'autorité d'un Maire ) Rampnaulf possède une fort jolie terrasse dominant Boulazac, la vue est si plaisante que notre homme y fait bâtir une solide maison à laquelle va s'attacher le nom patronymique, la propriété de Rampnaulf devient de Rampnolf, puis de Ranolf, ensuite de Renolf  pour finir par la Renolphie ! 




La paroisse de Boulazac est administrée par son Seigneur, c'est à dire le Consulat de Périgueux et son juge. pour ce qui est du domaine religieux c'est géré par l'assemblée des habitants convoqués à l'église par le Curé et formant le conseil paroissial ( le général de la paroisse ). Celui-ci doit élire ou tirer au sort les Asséieurs, deux charges redoutées pour la collecte des Tailles ( voir article )

Parmi les anciens impôts un des plus lours et le " commun de la paix " établi pour l'entretien des troupes destinées à faire respecter la Trêve de Dieu. Il se levait chaque année, entre le 15 Août et le 8 Septembre de la façon suivante : Par habitant Mâle et adulte 12 deniers, pour son cheval 6 Deniers, pour un Boeuf, une vache ou un âne 6 Deniers, pour un Porc 1 Denier et pour chaque lot de 4 Moutons ou Chèvres 1 Denier

En 1339 la paroisse de Boulazac est imposée pour 4 Livres Tounois, 3 Sols et 9 Deniers en monnaie Royale ...ce qui donne avec mon convertisseur de monnaie 587,02 Euros !!!

Pour le pauvre Serf attaché à sa tenure Mainmortable ( voir article ), sauf in legs de 5 Sols pour le salut de son âme, il est Taillable et corvéable à merci, il sont les successeurs des esclaves chasés de l'époque Franque et ils mèneront une vie pitoyable au cours du Haut moyen âge




Mais au XIII siècle la multiplication des exploitations rurales entraine une grosse demande de main-d'oeuvre et provoque des affranchissements massifs. Déjà au XI siècle le départ pour les croisades avait poussé les Seigneurs Périgourdins à multiplier les affranchissements pour financer leurs expéditions

Désormais la Censive ( Terre concédée moyennant un Cens Annuel payé au Seigneur ) est la Tenure normale dans la condition des Terres. En dehors des Tailles municipales et des redevances, le Seigneur exige encore de ses tenanciers le Droit de Gîte de Prise et de Pourvoirie ( voir article ), ainsi que les Banalités  du Moulin, du Four et du Pressoir sans oublier la Dîme prélevée par l'Eglise ...le Roturier médiéval est écrasé d'impôts

Puis nous avons les Corvées Domaniales leur exécution se heurte à une mauvaise volonté de la part des paysans rebutés, hostiles et naturellement chicaneurs. Aussi à Boulazac ces corvées sont abandonnées et rachetées sous formes de taxes. Mais il n'en va pas de même pour la Corvée d'Intérêt Public que le Consulat de Périgueux exige de façon rigoureuse, sans aucune possibilité de rachat. Tout le monde participe à l'entretien des chemins, des fortifications citadines et des défenses extérieures sous peine de sanctions les plus sévères !




Parmi les privilèges attachés à Périgueux figure la dispense du Ban et de l'arrière-Ban (voir article ). Mais chacun doit le service militaire aux Consuls donc Boulazac aussi, les Vilains installés sur leurs terres ne servent qu'à titre subsidiaire pour le service du Guet

Toute la police locale est confiée aux 14 Sergents de Périgueux, volontiers brutaux ils molestent souvent les paysans de Boulazac qui jamais ne se permettront de les malmener à la différence de certaines femmes de Puy Saint Front. En 1328 Raymonde Chastanh est condamnée à 20 sols d'amende pour avoir battu un sergent et l'année suivante les dits sergents se plaignent de femmes qui les frappent jusqu'à effusion de sang 

L'habitation paysanne de Boulazac se présente dans une saisissante pauvreté. Comme les carrières abondent au pays elle est faite de murs trapus en pierres sèches adroitement assemblées et couvertes de tuiles du pontet, plus misérables encore, mais plus rares, les chaumières en torchis sur une charpente grossière

Maisons à pièce unique remplissant tous les offices, même celui de cellier elle communique avec l'étable placée sous le même toit




L'année s'écoule morne, au rythme des saisons dont la plus accueillante reste sans joie puisqu'ils faut consentir toujours un accablant tribut de travaux pénibles et de corvées

La grande distraction, la seule, c'est le marché de Périgueux, la grande foire de la mi-carême et surtout celles de la Saint Mémoire et de la Saint Front qui durent chacune 15 jours sans désemparer. Comme ces deux dernières sont aussi des Pélerinages ( voir article ) elles attirent des foules immenses au tour de la châsse du Saint Apôtre

Tout ce que Boulazac peur compter comme gens valides se ruent vers la Clautre et le Cordec ou les marchands ont installé leurs éventaires, tandis que les boutiquiers ouvrent leurs étals . Les femmes vont marchander les hommes trainent dans les tavernes pour ensuite échauffés par de multiples pots de vin se diriger clandestinement vers le quartier des ribaudes tellement malfamé que le guet y circule sans arrêt !!

PS : cet article est tiré des Chroniques de Boulazac transcrites par Jean Dumas et Michel Combet aux archives de Périgueux... mais faut bien avouer qu'il n'y a aucune différence entre un Bourgeois et un Noble quand ils détiennent un Fief ....à bientôt M de V


mercredi 9 juillet 2025

Les Conards de Rouen XV siècle

Loin de moi l'idée d'insulter les citadins de cette bonne ville Ducale de Normandie, d'autant que je suis natif de cette cité et mes enfants aussi. Les Conards sont des bouffons ou " Badins " de Rouen qui s'étaient associés pour jouer tous les ans, pendant la durée du Carnaval (voir article), les " faits vicieux " dans le but de réformer les moeurs des gens de la cité par le ridicule !

Ils avaient le privilège, reconduit tous les ans par le parlement, de se masquer aux jours gras et d'octroyer à d'autres, moyennant finances, la permission de se masquer aussi. De très anciens poêtes emploient dans leurs textes le terme de Conard pour " sot " et de Conardie pour " sottise "

Nous voyons donc à Rouen au Moyen âge, pendnat les jours gras, les conards chevaucher masqués es rues et ruelles de la cité, ayant à leur tête un Abbé des Conards élu, mitré et crossé, monté sur un char

Ils jetaient à tous venant des rébus, des satyres et autres pasquils. A notre époque vous souririez de pitié devant ce spectacle bizarre, vous en feriez fi à votre aise en comparaison de toutes les libertés, bonnes ou mauvaises, que vous offre les réseaux sociaux, cet Argus aux cent yeux épiant sans cesse les grands de ce monde !





Mais il n'en allait pas de même au Moyen âge, de livres ils n'en eurent que sur le tard et en petit nombre, des théâtres ils n'en eurent que fort peu, quand aux gazettes l'idée n'aurait pu, à cette époque, leur venir à l'esprit !

Est-à dire que dans leur temps il n'y avait pas d'abus et qu'il ne se faisoit point de sottises et que les puissants estoient sans contrôle ?, loin s'en faut !, mais je vous rassure nous faisons bien pire qu'eux dans notre époque dite moderne.Qui donc alors dans cette période, taxée d'obscurantisme, signalait les abus, qui réclamait contre les vexations, la mauvaise justice, le mauvais gouvernement, les sottises et les frasques des dirigeants et des nantis ?

Qui sinon ces Badins, ces Turlupins, nommés aussi les enfants sans souci, dirigés par cet Abbé de Mau-Gouverne à Poitiers, cette Mère Folle à Dijon, et cet Abbé des Conards à Rouen qui vous faisait pitié tout à l'heure !

La vérité se trouvait derrière toutes leurs bouffonneries et elle était étalée à la cour comme à la ville, malheur à ceux qui pris dans leurs filets se trouvaient exposés avec leurs vices cachés !!!!






Quoi que l'on fit pour la bannir tous les ans la confrèrie était la, toujours prête autant que jamais à faire entendre de sages avis, d'utiles enseignements, d'énergiques doléances le plus souvent sous forme de railleries sur les places, dans les rues et les carrefours

Cette vérité qui serait éconduite sous un habit sérieux, aux portes des dirigeants, était fort bien reçue sous la livrée de la folie. Cela n'allait pas sans sourires forcés, mines contrites et faux repentir je vous le concéde !

Or donc tous les ans aux approches du Carnaval la vérité apparaissait, portée par la confrérie des Conards, aux portes de la cité qu'elle voyait s'ouvrir devant elle. Alors d'énergiques plaintes longtemps retenues étaient reprochées, des outrages longtemps dissimulés apparaissaient provoquant d'inextinguibles rires trop lomgtemps réprimés !

Par le sarcasme et la dérision la vérité faisait jour le temps d'un carnaval (environ trois jours) le règne des Conards était venu. Règne ardemment désiré par le peuple et craint par les autres. Le Oui fatal accordé par le parlement et qui autorisait chaque année à la turbulente confrèrie le droit de juger était redouté





Personne n'était épargné fut il même membre de ce parlement ou de la cour des Aides, qu'il soit Echevin, gras bourgeois, gentils-homme, avocat, prcureur ou médecin, moine ou prêtre tous le monde pouvait se retrouver sur la sellette sans distinction de rang, de sexe, de fortune ou de naissance, tous pouvaient avoir maille à partir avec les Conards

Que pouvait ignorer des vicissitudes de la cité l'Abbé Mitré des conards, alors que ses infatiguables enquêteurs furetaient à longueur de temps dans la ville et ses faubourgs, s'informant soigneusement des faits et des prouesses de chacun !

De sorte que lorsqu'ils faisaient leurs rapports à l'abbé et à ses aides réunis en conclave la moisson était toujours croustillante !!!

Après avoir statué suivait le jugement ou les conards se rendaient en ville, par groupes, s'arrêtant devant les maisons des coupables, ridiculisant une sottise, flétrissant un vice, censurait un abus et percevaient une amende.....croyez moi, il valait mieux payer sans rechigner !!!!




PS: il serait peut-être bénéfique de remettre au goût du jour cette vieille coutume qu'en pensez vous ?? perso je crois que chaque année nous pourrions nous payer une belle tranche de rire M de

vendredi 30 mai 2025

La Finlande au Moyen âge

L
a Finlande est formé par une vaste étendue de pays relativement plat, une pénéplaine qui présente le trait caractéristique d'être parsemée par une infinité de formations lacustres, séparées les unes des autres par des seuils plus ou moins élevés, depuis des Isthmes hauts de seulement quelques mètres jusqu'à des Crêtes (en finnois Harju) de plusieurs dizaines de mètres qui feraient, sur ces terres, presque figure de relief montagneux

Le poète Runeberg a appelé la Finlande le pays aux mille lacs, l'hyperbole est en deça de la réalité puisque le pays recense plus de 35 000 lacs de tailles et de profondeurs différentes. La tradition veut que l'histoire de la Finlande commence en 1157 ( XII siècle ) avec la croisade organisée par le Roy de Suède Erik ( saint Erik, il meurt en 1160 )

Cette expédition aurait été marquée par un débarquement de troupes suédoises en Finlande, avec comme but d'en finir avec le paganisme, mais plus surement pour mettre fin aux raids des pirates ( vikings ) partis des côtes de Finlande pour ravager le littoral Suédois !. C'est seulement en 1249 ( XIII siècle ) que débutent les opérations de conquête de la Finlande, dirigées par le Jarl Birger, beau-frère du Roy Erik IX de Suède !







C'est progressivement, mais non sans à-coups, que la Suède allait dès lors s'installer sur la terre de Finlande. L'église allait jouer dans ce processus un rôle essentiel. Ecclésiastiquement, la Finlande était soumise à un évèque résidant à Turku, devenu siège épiscopal à partir de 1300 ( XIV siècle ). L'église commença par assurer son assiette matérielle en introduisant la Dîme et différentes autres redevances

En dépit du développement remarquable des institution religieuses, dans ce vaste pays à population disséminée qui ne comptait guère plus de 200 000 âmes le christianisme ne parvenait pas, au moyen âge, à pénétrer profondement au sein des populations, sorciers et sorcières continuaient à pratiquer le culte ancestral !

Dans un ouvrage du XX siècle que j'ai découvert depuis peu " Les Anciens Finnois "  il est noté ce qu'était la société Finnoise à la veille de la conquète Suèdoise. Il y avait une sorte d'élite qui assumait la direction des Clans et des groupes d'intérêts qui s'étaient développés tout au long de la période dites " Vikings ". C'est cette élite qui a pu fournir les premiers éléments indigènes de ce que fut la noblesse de Finlande, dont le statut fut défini par l'édit royal d'Alsnö (1279)









L
e roi Magnus Ladulas y stipulait les franchises dont jouiraient les propriétaires fonciers qui s'engageraient à servir dans la cavalerie, en fournissant leur cheval, les armes et protections pour eux mêmes et leurs Varlets

Ces franchises consistaient essentiellement en une exemption totale d'impôts. Elles ne subsistaient qu'aussi longtemps que le bénéficiaire tenait les engagements qu'il avait contractés envers le roi. De plus il était obligé de se maintenir en permanence à un bon niveau de préparation militaire, puis de se rendre chaque année à la revue des armes qui avait lieu à Turku, et de rester en permanence à la disposition des chefs militaires désignés par le roi. Ainsi se constitua une classe de " privilégiés " (Vapaasääty) sous la forme d'une noblesse terrienne

Cette situation va évoluer et une différenciation s'opéra. Les plus fortunés purent seuls supporter les dépenses liées à l'équipement et aux fournitures très coûteuses de l'armement d'un cavalier, puis des nobles venus de l'étranger vont se mêler aux gens du cru, de suède, du brabant, de russie, du danemark etc...

Par une sorte de décantation deux couches se distinguèrent, les nobles de haut parage (Ylimys) ou aristocrates et la petite noblesse, le tout n'excédant pas 200 familles ou les éléménts suédois dominaient, la noblesse de Finlande, dans son ensemble, était bien moins riche que celle de Suède 










La Bourgeoisie des villes formait une classe à part. Son développement a été plus tardif car les villes n'ont été fondées que peu à peu, surgissant souvent sur l'emplacement d'anciens comptoirs ou d'anciennes forteresses vikings. Les villes étaient administrées par des Bourgmestres assistés d'un conseil municipal d'une dizaine de membres

Leur population était mélangée. On y trouvait beaucoup d'étrangers et principalement des Allemands originaires des villes hanséatiques ( voir article ) presque toutes les grandes firmes de la Ligue Hanséatique entretenaient des agents commerciaux, des Kesti (hôtes)

Ces Kesti étaient souvent admis à participer à l'administration municipale, formant même parfois la moitié du conseil municipal !. Les villes vivaient essentiellement du commerce d'importation-exportation. Leur négoce était protégé par des réglementations sévères de la Ligue

Cependant nos Bourgeois n'auront pas une grande importance dans le développement de la société finlandaise du Moyen Age, pour la bonne et simple raison qu'ils étaient en majeure partie étrangers et que les statuts dont ils jouissaient vont les tenir à l'écart des autres classes sociales 








Pour les ruraux, tout en sachant que le reste de la Finlande était peu peuplée, trois sortes d'établissements sont à considérer. Les villages ou aglomération rurales, les hameaux isolés et les fermes dispersées. Nous parlons la de la Paysannerie, formant au bas mot 90% de la population finlandaise au Moyen âge 

Deux sortes de paysanneries est à considérer les sédentaires et les itinérants
Les itinérants pratiquaient l'usage antique de l'écobuage. Des étendues plus ou moins grandes de bois étaient brulées pour être ensemencées, quand les brulis étaient épuisés, nos cultivateurs allaient transporter leurs installations plus loin et recommencaient, laissant la forêt se reformer et se fermer derrière eux

Nos itinérants échappaient aisément au contrôle de l'administration royale, de l'autorité locale, féodale ou ecclésiastique. Ce qui n'était pas le cas des paysans sédentaires attachés à leurs lopins de terre. Ces derniers étaient exposés davantage aux entreprises du pouvoir royal, comme aux exactions diverses des seigneurs locaux. Du moins ont ils gardés leur liberté et échappés au servage, nous ne pouvons en dire autant en France !!!!






PS: nous voila observateurs étrangers d'un petit bout d'histoire de la Finlande M de