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vendredi 10 avril 2026

Le Chroniqueur Jean Tarde 1561-1636

Il existe des sources historiques ou une Cité, un Bourg et un Village viennent puiser, bien qu'elles ne soient pas publiques, car se trouvant généralement protégées aux archives municipales ou départementales d'une région 

Jean Tarde né à la Roque Gageac la Maison forte de la famille Tarde est toujours visible. C'est un religieux est un auteur de la Renaissance, mais il était également un mathématicien et un astronome distingué entretenant une correspondance avec Galilée et ne craignait pas, tout en étant Chanoine Théologal (Professeur de Dogme), de se déclarer partisan des théories de Copernic. Je vous propose un passage de sa chronique concernant le Moyen âge et l'occupation Angloise en dordogne





maison forte de Tarde
Edouard III, Roy d'Angleterre dans la 36 année de son règne, faict de son filz premier né, lui aussi prénommé Edouard, le Prince de la Guyenne. Cette lettre ou cette ordonnance sera publiée dans toute la Guyenne et à Sarlat en l'an 1363 et depuys lors il porta le nom de Prince de Galles et d'Aquitaine. A partir de ce moment le Titre de Duché changera pour devenir Principauté

C'est au début de l'an 1361, suite au traité de Brétigny que le Roy d'Albion a envoyé John Chandos, Vicomte de Saint Sauveur, prendre possesion du Périgord, du Quercy, du Limousin et de l'Agenois. Il va trouver de fortes résistances par le fait que le pays maintenoit que le Roy Jean II le Bon n'avoit pas à disposer de leurs personnes et de leurs biens

Attendu que depuis Charlemaigne ils avoient privilège de ne pouvoir estre aliènés et tirés hors la couronne de France !!. Le Roy Jean II va envoyer des commissaires pour les faire obéir !

Ainsi c'est plus par force que par amour que John Chandos receut la Foy et les Hommages, des Comtes, Barons, seigneurs, villes et communautés dudict pays. Il va y établir Sénéchaux, Baillis et autres officiers pour la couronne d'Angleterre







E
n décembre 1361 John Chandos estoit à Sarlat ou il receut le serment de fidélité d'Aoustentius de Sainte Colombe Evèsque et Consulz de la cité. Le Roy d'Angleterre, peu de temps après, va confirmer tous leurs privilèges pour en jouir comme ils avoient faict comme auparavant soubsz les roys de France 

Par ce moyen le Périgord et toute la Guyenne heut du repos l'espace de huit ou neuf ans. la douceur duquel repos faict que l'on supporte plus facilement la nouvelle domination et l'arrivée de Edouard de Woodstock Prince de Galles et d'Aquitaine en 1363

Le bénéfice de la paix faict qu'en juillet 1365, les habitants et les consuls de Sarlat arrestent en conseil que leur église paroissiale, qui estoit en ruine à cause de sa vieillesse, seroit rasée et qu'en sa place en seroit faicte une nouvelle 

Les habitants, fidèles de l'église, payeront une deuxième Dime chaque année, laquelle Dime fut levée durant trois ans de suite, si bien que la provision des matériaux étant ramassés, la première pierre fut posée en avril 1368, les guerres qui vont suivre retarderont l'achévement de l'édifice







A
peine rentré à Bordeaux de son expédition en Espagne, Edouard Prince de Galles et d'Aquitaine assemble ses Estatz à Saint Emilion en octobre 1367, beaucoup manqueront à l'appel à cause de la difficulté des communications, l'état des voies de circulation à cette période de l'année et de la crainte des Routiers !

Le Prince fait une deuxième convocation en Janvier 1368 et y fait conclure l'imposition d'un Fouage ( un impôt sur chaque feu ) pour une durée de 5 ans, ceci pour payer les dettes de sa campagne Espagnole. Son allié Pierre le Cruel avait promis 550 000 Florins Or au Prince Noir pour cette campagne il ne fut jamais payé !!!

Ce fouage fut cause que le feu de la guerre reprenne entre les français et les Anglois d'Aquitaine. Le peuple de Guyenne trouva cette imposition dure à supporter et estant contre les us et privilèges du pays.

Ilz disoient qu'ilz s'estoient mis soulz la domination des Anglois pour sortir leur Roy naturel de prison, lequel ne les avoient jamais traités ainsi ! ni avoit disposé d'eux à leur préjudice. Ils croyaient pouvoir vivre soubz les roys d'Angleterre avec les mêmes privilèges et libertés qu'ilz avaient vécus soubz les roys de France. Plusieurs Seigneurs de Guyenne approuvaient les raisons du peuple et les firent connoître à Paris au Roy Charles V le Sage 



 



L
equel Roy fut conseillé de prendre fait et cause pour le peuple de Guyenne afin que celui çi n'eût occasion de se plaindre et dire que son père les avoient baillés en proie à un Prince estranger qui les traitoient trop durement. Charles V étudie la question et ne prend une décision qu'à la fin de l'année 1368

Les lettres de citations du Roy de France au Prince de Galles et d'Aquitaine furent adressées par jean de Chaponval dans les derniers jours de décembre 1368 ou tout début de Janvier 1369 selon Jehan Froissart !!!

Le Comte de Périgord, les Vicomtes de Carman et d'Armaignac, ainsi que plusieurs Barons et gentilhommes font la première ouverture de la guerre en ce pays et cela sans attendre la volonté du Roy de France. Ainsi plusieurs villes voyant cette ouverture quittent les Léopards d'angleterre pour reprendre les fleurs de Lys

Selon Jehan Froissart plus de 60 villes ou châteaux en Aquitaine avaient secoué le joug de la domination anglaise dès la publication des lettres de citation de Charles V au Prince Noir. Il est très en dessous de la vérité, l'insurrection se propage tellement vite que dès le mois de mars 1369 c'est 921 villes ou châteaux qui changent d'allégeance ! un rôle conservé aux archives nationales donne le nom des 921 places







E
douard de Woodstock Prince de Galles et d'Aquitaine, cette année la, met trois armées aux champs afin d'arrêter la révolte des villes et pour reprindre celles qui l'avoient abandonné, une de 3000 hommes venant d'Angleterre avec Aymon Comte de Cambridge comme chef, qui prind port en Bretaigne et vint en Périgord et assiège Bordeille ( canton de Brantôme Dordogne)

Une autre armée avec Jean Chandos et jean de Grailly Captal de Buch se constitue à Montauban et mettent le siège devant Terride (commune, canton de Mirepoix Ariège)

La troisième formée en Agenois est commandée par Robert Canole ou knolles avec laquelle il va assièger Durevel en Quercy ( canton de Puy l'Evèque dans le Lot ). Par le fait la guerre de cent ans reprenait de l'élan elle devait durer 116 ans


PS: je désirais mettre à l'honneur des chroniqueurs régionaux comme JJ Escande, J Maubourguet et le chanoine Jean Tarde, cet article n'aurait pu paraître sans l'aide de la Mairie de Sarlat qui a bien voulu me prêter sur le fond ancien de la ville le livre de Jean Tarde  merci à eux  M de V


 

vendredi 20 mars 2026

Tomàs de Torquemada XV Siècle

 

Tomàs de Torquemada est né en 1420 dans le royaume de Castille et dans la ville de Valladolid, il meurt en 1498 à Avila. Notre personnage entre très jeune dans l'ordre fondé par Saint Dominique dans le couvent de Saint Paul à Valladolid. Les Dominicains ne sont pas des moines mais des frères prêcheurs, aussi nommés les chiens du Seigneur, sensés par vocation d'aboyer contre les hérésies

On le dit de taille très au dessus de la moyenne, un corps sec et musclé, un visage tranché et des lèvres minces, un nez aquilin, des yeux noirs pénétrants et très enfoncés sous une arcade sourcilière dure, les chroniqueurs disent qu'à 65 ans il en paraissait à peine 40 !

L'homme était très énergique et doté d'une intelligence vraiment supérieure à cette époque, ses connaissances en matière de Théologie le classe parmi les plus savants de son temps

Il sera le confesseur de Isabelle de Castille dite la catholique, notre moine va évoluer dans la période de la reconquista en Espagne, avec à leur tête le couple Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, avant de devenir le grand Inquisiteur d'Espagne pourchassant Marranes et Morisques. C'est à dire respectivement des Juifs et des Arabes convertis à la religion catholique pour ne pas avoir à quitter le sol de l'Espagne 




Notre bon Dominicain aurait selon les sources des chroniqueurs contemporains de sa période, à son actif, l'équivalant de 60 000 morts sous la torture, soit de son propre chef ou du fait des inquisiteurs et des tribunaux ecclésiastiques qu'il dirigeait en tant que Grand Inquisiteur d'Espagne !!!....

Colossal pour l'époque !! même pour un grand inquisiteur pourchassant l'hérésie chez les juifs, les Arabes convertis et les Cathares réfugiés dans les différents royaumes de la péninsule Ibérique !

On le définit brutal et cynique, lâche et abject, uniquement attentif à son bien être. On en fit le symbole de la méchanceté cruelle et son nom va devenir synonyme de férocité. La vérité sur son compte n'a jamais pu être établie avec certitude !

Il en reste de vagues témoignages, tous partisans, chacun étant le fruit d'un point de vue trop personnel, dicté soit par un intérêt courtisan, comme celui de Sébastien de Olméda qui l'appelle " lumière de l'Espagne " sauveur de son pays, honneur de son ordre, soit par une rancune aveugle !

La vérité rapportée par la chronique, pour ce qu'il en reste, et c'est bien peu, est que Torquemada refusa toujours toute promotion et reconnaissance hiérarchique








Il aurait pu devenir évêque voir même cardinal avec une grande facilité. Ses biens personnels ne se sont pas accrus au cours de ses longues années inquisitoriales, sa garde robe ignorait les tissus onéreux sa sévérité et son austérité ne laissait place qu'aux habits et au linge en toile de chanvre ou de coton

Cependant son sens du beau l'amena à s'occuper directement de manifestations artistiques en tous genres, en particulier dans le domaine de l'architecture et de la peinture, faisant de certains monastères, comme celui de Saint Thomas à Avila, des chefs d'oeuvres de l'art qui résistèrent aux outrages du temps

Il aimait l'Espagne et c'était un croyant fervent. A son avis " conversos et moriscos " éaient des ennemis dangereux pour son pays et de sa religion

Lorsqu'il ne s'occupait pas de questions inhérentes aux problèmes inquisitoriaux il étudiait la théologie, le droit canon, l'histoire de l'art, la littérature. Son bagage culturel était imposant et très peu de de personnes de son temps auraient pu lui être comparées








Il semble étrange qu'un homme dont l'esprit était aussi large et l'intelligence ouverte ai pu succomber et se laisser dominer par le déchainement soudain des passions les plus brutales ?

Il en est qui ont affirmé que Tomàs, monstre de bestialité se délectait à fouetter les blanches chairs tombées en son pouvoir. On parla d'une certaine Conception de Saavedra, qui fut l'objet de ses soins parrticuliers, un épisode répugnant, qui précipiterait Torquemada dans un abîme d'ignominie ?

Nous signalons qu'un seul des historiens de l'époque a signalé ce fait. On a démesurément grossi le nombre des condamnations, en faisant ainsi un objet de scandale. Cependant les historiens les plus objectifs affirment que la perte d'un grand nombre de documents de l'inquisition et le peu d'études en profondeur faites en Espagne ne permettent ni d'accepter, ni de réfuter le nombre de ses 60 000 victimes ??

D'autres part les historiens ayant écrits sur ce personnage soutiennent que les Pontifes lui auraient conseillé, voir imposé, de modérer son propre zèle, semblable à un fanatisme pathologique !. D'ailleurs dans cette Espagne qui eut pendant un temps Torquemada comme seul maître et arbitre de la religion, le peuple, avait la conviction que Tomàs travaillait pour le bien de son pays ????








Soyons clair qu'il n'est pas possible de défendre l'oeuvre de l'inquisition effectuée par Torquemada, mais il semble nécessaire de souligner sa formation mentale et les circonstances de son action !!

Les documents de l'époque sont rares et ceux qui ne sont pas officiels ne sont pas, pour autant moins partiaux, ne serait ce que parce qu'ils proviennent tous d'une unique source de " Conversos ", c'est à dire de ceux qui souffrirent dans leurs familles et dans leurs chairs, de la vague de répression qui s'abattit sur l'Espagne par la main de Tomàs de Torquemada

A la cour il était très aimé par les deux souverains et l'on peut vraiment dire qu'aucune feuille ne pouvait bouger si Torquemada ne le voulait pas. Lorsqu'il fut honoré de cette charge d'inquisiteur Général, par le Roy la Reine et le Pape Sixte IV, il n'eut qu'un seul désir, l'élimination complète de l'hérésie !

PS : ceci n'est qu'un aperçu du personnage, en fonction de mes différentes lectures et des historiens ayant écrits sur le sujet ! je vous laisse toute latitude de vous faire votre propre opinion sur Tomàs de Torquemada....M de V




samedi 24 janvier 2026

Jean de Vienne, Funeste début de Carrière !

Jean reçut une éducation qui ne diffère guère des autres jeunes de sa condition, le maniement des armes, l'équitation, la fauconnerie et la chasse, tous les exercices qui donnent à ce jeune gentilshomme, de petite taille, un corps souple et robuste. Notre jeune Chevalier n'a que 21 ans au moment des faits relatés dans cet article. Jean II le Bon donne mandat à son cousin Jacques de Bourbon Comte de la Marche pour rassembler une armée afin d'exterminer les " Tards Venus " quinze mille Routiers !!!

Chaque bande de ces soldats de fortune formait une Route d'ou le terme de Routier...la plus célèbre de ces routes est celle de Seguin de Badefol, sa route se nomme " La Marie " du nom de la mère de ce joyeux drille !!

La précision est d'importance car c'est lui qui commande les compagnies on le nomme le Roi des Routiers si lui est Périgourdin les autres sont Allemands, Brabançons, Flamands, Bretons, Piémontais et gascons. Déroulons cette bataille de Brignais ou l'Ost de France va recevoir une sévère raclée par les Routiers, une de plus me direz vous !







Jacques de la Marche convoque dans la bonne ville de Lyon, menacée par les Routiers, gentilshommes fers vêtus, arbalétriers et des piétons hérissés de vouges et de guisarmes, les gens de guerre accourent alléchés par la picorée (butin) et parmi eux se trouve Jean de vienne brandissant son pennon qu'il avait déjà porté aux combats de Chatillon sur Seine et de Brion

Les fêtes données par la Comtesse de Forez pour remercier les seigneurs accourus à l'appel de son frère Jacques de la Marche sont vite interrompues !..les routiers sont la et campent à treize kilomètres de Lyon ! Il est temps de coiffer le casque et chevaucher à leur rencontre

Le 2 avril 1362 les deux armées sont face à face. face, de l'Ost on voit six mille routiers pauvrement armés qui occupent le sommet d'une large colline, peu élevée, mais très escarpée et rocailleuse. Sur les crêtes qui dominent le chemin d'accès, ils ont accumulé des monceaux de grosses pierres

En arrière et à droite de ce premier corps le gros de la horde, huit à dix mille combattants à cheval se tient cachée en réserve et invisible aux Français, un chemin qui contourne le pied de la colline leur permettra, le moment venu, de déboucher dans le flanc des français !







Inconscient du danger l'ost rutilant a déployé ses lignes brillantes dans la plaine. Mal informée par ses éclaireurs qui n'ont pas su découvrir le dispositif des compagnies de Seguin de Badefol, l'armée entière vibre du désir d'en découdre avec la piétaille des routiers, qu'ils nommaient merdaille !

Sauf Arnaud de Cervole dit l'Archiprêtre (encore un Périgourdin) ancien routier et un proche de Jean II le Bon. Il n'ignore pas toutes les ruses habituelles des routiers !! et l'immobilité de ceux de la colline et leur nombre beaucoup moins grand qu'il eut pu croire ne lui dit rien qui vaille !!

Voià le décor est planté et la grande boucherie va pouvoir commencer, les français n'ont pas retenu les leçons de Crécy et de Poitiers ils vont se faire massacrer par ces Routiers ces soldats de fortune, qu'ils affublaient par dérision du doux nom de merdaille







Maintenant les français visières fermées vont suivre au pas la pente qui permet de joindre l'adversaire. On envoie la lourde infanterie pour gravir la pente caillouteuse en bas de l'emplacement des routiers. Non loin avec les troupes à cheval jean de Vienne contemple ardemment le tableau grandiose de cette première attaque !...Il va apprendre comment on perd une bataille 

Les routiers poussent de gros blocs de pierres sur la pente dans une intarissable avalanche, arbalétriers, vougiers et autres piétailles sont laminés. Vainement Arnaud de Cervoles et d'autre capitaines tentent de forcer l'allure mais la pente est trop raide pour les destriers et les routiers continent, sans trêve, leur besogne meurtrière !!

Moins protégés que les hommes en armures les gens de pieds fléchissent et reculent, Hélas voilà qu'aux blessés qui redescendent vers la plaine empêchent les vagues d'assauts qui montent...la panique devient totale !; Bourbon accourt à la rescousse avec sa bataille, il s'obstine dans la déplorable tactique de la charge qui fut un temps écrasait l'ennemi. mais voici que retentit le bruit des sabots de chevaux lancés à la charge avec des lances de six pieds baissées !! 









La réserve de Seguin de Badefol arrive en rangs serrés sur le flanc des Français. Assallis de tous côtés les français reculent la grande boucherie est consommée, L'archiprêtre sera fait prisonnier par ceux de son ancien métier. Quand à Jacques de Bourbon et son fils Pierre arrachés tous deux de la mêlée et criblés de coups ils expireront quelques jours plus tard dans la cité de Lyon consternée par le désastre

La leçon ne sera pas perdue pour Jean de Vienne, il sait désormais que la discipline vaut mieux qu'une bravoure désordonnée et que les nécessités de la guerre sont bien différentes des régles de coutoisies des tournois prisées par son Roy !

Il a frappé de taille et d'estoc pour sortir du piège des routiers de Brignais. A quelques temps de la Jean de Vienne seigneur de Roulans va entrer au service du Roy de France, Jean II le bon lui fait abandon en septembre 1362 des droits d'une valeur de 140 Florins en Or, sur le village de Villey en Auxois, dans le Comté de Bourgogne, heureuse générosité qui donne aux Valois l'appui d'une redoutable épée !!!

Jean de Vienne deviendra Amiral de la Flotte sous Charles V le Sage certains le nommeront le Duguesclin sur la Mer, mais si sa carrière commence par une défaite, par une bizarrerie de l'histoire elle se termine également sur une défaite !






Pour un homme blanchi sous le harnois la fin de ce XIV siècle se termine mal, Jean de Vienne Seigneur de Roulans constate l'impopolarité d'un Richard II en Albion, un Benoit XIII obstiné à Rome perpétuant le schisme d'Occident, un Roy Fou règnant en France, un ivrogne fainéant dirige l'Allemagne et dix tyranneaux se disputant l'Italie ..triste constat !

Mais voici qu'à l'Orient le ciel s'obscurcit sur la Hongrie, les sectateurs de Mahomet après avoir écrasé les Bulgares, les Albanais, les Serviens (Serbes) et les Bosniaques s'installent en choisissant Andrinople comme capitale de leurs possessions !

Le voilà embarqué dans l'Ost recruté par le Philippe le Hardi Duc de Bourgogne avec à la tête son fils Jean qui sera bien mal nommé plus tard Jean sans Peur ...pitoyable chef de guerre,  à la demande de Sigismond de Hongrie menacé 

Nous voilà à la bataille de Nicopolis contre Bayezid surnommé Ildyrim ( la foudre ou l'éclair ) voir article sur le blog !. Jean de Vienne était la pour chaperonner et conseiller le fils du Duc de Bourgogne, peine perdue, ce sera un bain de sang dans lequel Jean de Vienne disparaît 



PS : la guerre ne fait pas de quartier ! sans vouloir assombrir le tableau penchez vous sur les tensions actuelles et dites vous bien que la guerre ne meurt jamais M de V 



lundi 19 janvier 2026

N° 495) Jean II le Bon un problème d'histoire morale ?

 

Jean II le Bon
Ce que nous savons : le Roy fait prisonnier par le Prince Noir à Poitiers va transiter par Bordeaux pour se rendre en Angleterre il devient le prisonnier de Edouard III, il signera le traité de Brétigny, qui livre la moitié de la France à l'Anglois, puis paye une partie de sa rançon en Franc Or (c'est la première apparition de cette monnaie ) et rentre en France....Mais il retourne volontairement en Albion en Janvier 1364 et meurt à Londres en Avril 1364 !

Ce retour en Angleterre est un cas historique ou l'on voit le désaccord entre les jugements des chroniqueurs du XIV siècle et les sentiments des historiens modernes. Les hypothèses au fil des siècles, n'ont pas manquées d'alimenter les chroniques. Or donc le cas mérite un approfondissement ou si vous préférez une petite enquête !!

On ne peut aiseément retenir pour seule raison de son retour volontaire à Londres, le désir, par point d'honneur, de remplacer son fils évadé le Duc d'Anjou car il suffisait d'un acte de Roy pour renvoyer ce dernier en Albion !

G Dodu dans sa chronique des Valois écrit en 1934 je cite : d'autres mobiles ont pu agir en même temps sur ce cerveau, dans lequel on serait souvent embarrassé pour dire ce qu'il s'y passait ?...je dis oui car un chroniqueur comme Jehan Froissart disait lui même que Jean II était lent à concevoir 



Edouard III
Mais quand l'évasion du fils n'était qu'un incident facile à régler en refaisant passer, de gré ou de force, le bras de mer à ce fils qui ne respectait pas la parole donnée, il faudrait admettre que l'homme qui livrait, cinq ans plus tôt, la moitié de la France en échange de sa personne fût devenu complétement fou pour s'en aller reprendre sa captivité ????

C'est un argument de plus en faveur de la non sincérité du sous seing privé imposé à Londres en Mars 1359, par Edouard III à son prisonnier Jean II le Bon. L'auteur V Tourneur Aumont, historien moderne des Valois tiens le retour volontaire à londres comme un " mystère à percer " et il admet comme hypothèse plausible un voyage d'affaire ? peut être la vente de chevaux et de vins ?...voila qui nous montrerait un Jean II sous un jour innattendu et voyageant en marchand plutôt qu'en Roi ???

Complaisance ou charité quand le Colonel Babinet dans son Captal de Buch Jean III de Grailly estime Jean II plus chevaleresque que sage ???. Beaucoup d'autres auteurs ont aussi évoqués son goût pour les banquets et les joutes ainsi que des amitiés douteuses dont Charles La Cerda, puis Arnaud de Cervole un routier ou ce benet d'Arnoul d'Audrehem







Le Prince Noir
Pour faire bonne mesure n'oublions pas la curieuse mais hypothétique histoire d'amour de Jean II avec la belle Comtesse de Salisbury et Brantôme qui a cru Jean II rival de Edouard III a oublié, dans son idée de retour amoureux vers Albion, que la belle Comtesse était morte depuis dix ans au moment des faits !!!!

Avançons la théorie qu'à son départ Jean II  nomme son fils Charles Régent du royaume, reconnaissant en lui le génie politique. Charles gouvernait en fait et Jean II aurait légalisé cet état de fait ??...Nul doute qu'en donnant les pleins pouvoirs à son fils il n'ai agit en père et en roi clairvoyant. On a peine cependant à se représenter Jean II  en père éduquant son enfant, nous savons qu'il n'y avait que fort peu d'affection entre les deux personnes Père et Fils ???

Selon Delachenal ce fut Jean II qui règna de 1360 à 1364 et selon lui la nomination de Charles en tant que Régent est un acte de roi de France et chef de la croisade voulue par le Pape Urbain V. Un roi heureux d'avoir en France un fils apte à la régence pendant que ses propres préoccupations s'étendent à la chrétienté  ???

Oui je sais cela laisse encore plus de questions mais c'est le lot commun à tout passionné d'histoire !







Jean II le Bon
A son retour en Albion il revenait en Roy de France, en Roy Suzerain, mais surtout en supérieur comme chef de la croisade !. Il devait être conscient de la revanche morale qu'était son retour volontaire !

Il apportait plus haut plus noble, celui des responsabilités créées par sa mission de chef de croisade !

Elle explique la considération d'un chroniqueur comme le Florentin Felippo Villani, personnage altier et fort septique, mais aussi le chroniqueur des quatres premiers Valois, qui dit dans ses écrits que le premier but du retour de Jean II à Londres fut " de traiter l'emprise du Roy d'aller Outremer "

Ainsi pourrait être la clef du mystère. C'est avant tout le chef de croisade qui vient à Londres !....il ne revient pas en fait, il est la pour le réglement habituel des comptes d'Occident avant le départ pour l'Orient afin d'assurer l'union chrétienne !

Un chef de croisade se devait de partir la conscience pure au XXI siècle nous trouvons peut être cela désolant mais un Duguesclin ou un Jean II n'agissait pas autrement !

Nota : je ne cite pas Michelet car je ne trouve pas crédible son approche de Jean II le Bon dans ses écrits. Pour moi Jean II est avant tout, comme son père, un Roy chevalier, avec la tête farcie de romans Arthuriens et de prose sur l'amour courtois, mais cela n'engage que moi bien sûr !

PS pour cet article j'ai utilisé le travail de Monsieur J Tourneur Aumont Professeur à l'Université de Poitiers..d'autre part je remercie toutes les personnes qui me suivent, vôtre assiduité a fait passer le cap des 200 000 visiteurs au blog des chroniques du moyen âge ....encore merci M de V