Plantons le décors, nous sommes en 1347 un de ces moments de paix qui jalonne cette guerre qui devait durer 116 ans. La France a subi deux revers militaires, la bataille navale de
l'Ecluse, puis sur terre la bataille de
Crécy,
Philippe VI, premier des Valois, est vaincu. Ces avanies ne concernent cependant pas Bordeaux et le Bordelais
Depuis 1152 après le mariage d'Aliènor d'Aquitaine et d' Henri II Plantagenêt la cité est possession Angloise, le danger va venir d'ailleurs sournoisement, insidieusement par de petits faits des hommes et d'autres naturels qui vont provoquer une hécatombe à l'époque ou Albion et les Anglois vendangeaient l'Aquitaine !!!
Déroulons ensemble la laine du fuseau de ces événements si sombres de l'histoire de l'Aquitaine. En cette année de paix 1347 la région connait un temps excécrable, il pleut sans discontinuer et les inondations succèdent aux tornades !
La joie de la paix retrouvée est bien vite occultée par l'acharnement des éléments, dame nature semble s'abattre sur le Bordelais, la famine s'installe en ville et c'est la disette dans les campagnes environnantes, mais cette disette et cette famine ont une cause !!
Cette catastrophe est en partie due à la quasi monoculture de la vigne dans la région, tout en bordelais se rapporte aux vignobles et au vin dont une grande majorité vogue en tonneaux vers l'Angleterre
Affaiblie et morose la population s'attaque aux énormes travaux de réfection des vignes et des bâtiments ravagés par les inondations. Dès le début de l'année la chaleur facilite les travaux, mais elle est bientôt suivie de sécheresse. En juin il recommence à pleuvoir et c'est en juillet dans une atmosphère d'étuve infernale que la Peste Noire fait son apparition dans la cité de Bordeaux
Elle va frapper sans discontinuer environ dix mois et plus particulièrement sur le Bordelais, le Béarn, son voisin le plus proche semble en grande partie ignoré par le fléau. Nul ne peut imaginer à notre époque l'étendue exacte du massacre et de ses conséquences morales !
Est il loisible de croire, que seule, la formidable puissance spirituelle de l'époque et la foi en Dieu de la population médiévale ait permis à l'Europe du Moyen âge de surmonter ce désastre sans une régression totale des moeurs et de civilisation ??? je laisse à chacun le soin de se faire son opinion ! les mystères de la foi étant, selon mon opinion, un chemin que l'on emprunte seul. Tout le monde s'accorde sur un point le fléau arrive de la mer par bâteaux Gênes, Marseille et certains ports Espagnols
Cette épidémie progresse avec une rapidité fulgurante, se jouant des obstacles naturels avec une facilité déconcertante de plus elle porte les germes de trois affections apparemment différentes la Peste Bubonique, la Peste Intestinale et la Peste Pulmonaire
Sur le terrain au milieur du souffle méphitique ce n'est que désespoir et horreur. Dans la cité Bordelaise on meurt à une telle cadence que fort peu de détails écrits nous parviennent, les auteurs décédant avant d'achever leur notation
Les médicastres pérorant en latin, sont dépassés et ne sortent que de fumeuses théories se rapportant à la conjontion des planètes et tournent en rond comme des insectes captifs ils finissent par dire que l'épidémie procède de la volonté divine
Sur les vingt Chanoines du Chapitre de Saint Seurin quatorze meurent en quelques semaines, puis on recrute les charpentiers de marine pour faire les cercueils, mais très vite cette décision est insuffisante, d'autant qu'un grand nombre de charpentiers meurent à leur tour !!. Les fossoyeurs paniquent et vont rapidement fuir la ville et ses cimetières
Plus aucun médecin ne visite les malades, le père ne visite pas son fils, la mère sa fille ni le fils son père, des familles entières vont disparaître. Dans la campagne Bordelaise le massacre est identique, les maisons, les chemins et les fossés sont garnis de morts gonflés noirs et putrides
Moins sensibles aux effets de la peste que leurs maîtres, les animaux domestiques ont rompus leurs liens, forcés les clotures et errent dans la campagne. Les maisons et leurs richesses sont intactes, plus de voleurs ou alors morts à côté de leur butin !
Et puis aussi brusquement qu'il était venu le Fléau disparaît sans raison, les cadavres décomposés ne sont plus dangereux. Les survivants s'étonnent, n'osent y croire, se palpent, pas encore rassurés de ne plus sentir de douleur sourde, de tournoiement du chef, ou d'excroissance ressemblant à un Bubon ! On ne reconnaît pas ses voisins, hâves dépenaillés et amaigris
Un jour, deux jours ?, puis des cloches se remettent à sonner et une foule de pauvres hères se hâte vers les églises de quartiers de la cité afin de rendre grâce d'avoir survécu au fléau de la peste noire. Selon les sources Bordeaux abritait environ 20 000 habitants après la peste il ne restait que 1 survivant sur 10 citadins
PS : Puis vint le grand pillage !! toutes les maisons vides d'habitants sont dépouillées de leurs biens, commencé discrètement le pillage s'intensifie, la honte passe vite !!! selon les chroniqueurs de l'époque dans les rues on s'arrache les draps, la vaisselle, les meubles...bref une mise à sac en règle...chassez le naturel il revient au galop !!...M de V
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