Nous allons en décortiquer une qui fait briller les yeux des bambins de nos braves touristes lorsqu'ils vont à Rocamadour en visite et contemplent émerveillés, fichée dans la parois rocheuse de la cité, Durandal, l'épée du Paladin Roland mort à Roncevaux
Que voilà une belle fable !!!!, disons que la farce est belle puisqu'on peut, sur place, voir une épée rouillée fichée dans la paroi et reliée à une chaine ????
On ne peut qu'adopter cette manière de voir de notre Abbé, la règle la plus élémentaire en ce qui touche à la découverte des faits c'est de procéder du connu vers l'inconnu et nous appuyer que sur des documents historiques indiscutables
Examinons donc à la loupe le soit disant passage de Roland en pélerinage à Roc-Amadour. D'après une tradition dont il n'est fait mention que dans la seconde moitié du XVII siècle et que rapporte Odo de Gissey, un ecclésiastique, né à Autun vers 1568, historien du Puy en Velay
Il rapporte que le célébre Roland se rendant en Espagne avec Charlemagne, traverse le Quercy et vint en pélerinage à Roc-Amadour offrir à la vierge son épée, la fameuse Durendal. Mais comme il ne pouvait se passer du secours de celle-ci dans la guerre sainte contre l'infidèle, il la racheta aussitôt en payant son poids en argent ????
Il avance même qu'après la mort du Paladin à Roncevaux et sur les ordres de Charlemagne, son corps fut déposé dans l'église Saint Serin à Bordeaux avec son Olifant, mais que son épée fut envoyée à Roc-Amadour ????
Le père Odo de Gissey ne fait que rapporter ce qu'il a lu d'un de ses contemporains! car le fond de cette tradition semble être emprunté à Scipion Dupleix, un historien de la fin du XVI siècle qui fut précepteur d'Antoine de Bourbon Bueil
Son histoire générale de France est écrite dans un style pesant et fort inférieur pour la véracité des faits relatés tout en étant rebutant par la sécheresse de ses propos ! Ou il dit je cite : " l'on tient par tradition que l'espée de Roland fut mise au dessus de son chef et sa trompe d'ivoire à ses pieds, laquelle a esté depuis traduite en l'église Saint Seuerin de Bordeaus et son espée à Roquemadour en Querci "
Il semble que Dupleix a enjolivé le texte de Vincent de Beauvais, un Dominicain mort en 1264, auteur du Speculum maius, une encyclopédie des connaissances du Moyen äge qui lui fut commandée par Saint Louis ( Louis IX )
En effet Vincent de Beauvais raconte seulement que le corps de Roland fut porté dans l'église Saint Romain qu'on suspendit son épée à sa tête et son olifant à ses pieds. Il ajoute que plus tardivement son olifant fut placé dans l'église Saint Seurin, mais il ne dit pas un mot sur l'épée Durendal ni qu'elle fut envoyée par la suite à Roc-Amadour !!!
La Chronique en Latin de Turpin ou du pseudo Turpin, aussi nommée " chronique de Charlemagne et Roland " date du XI ou XII siècle ?? ne nous en apprend pas davantage !!...donc tous les historiens anciens ne font point mention de l'hypothétique pélerinage de Roland à Roc-Amadour qui au surplus ne pourrait se concilier avec ce que nous enseigne les documents historiques !
D'après ces fameux documents document historiques, lorsque Charlemagne eut pris la décision d'aller en Espagne, lors du " champ de mai " en Westphalie, il lève une puissante armée et lui assigne comme lieu de regroupement le Lieu dit Casseuil en Bordelais à une lieue de La Réole . Il fit prendre à ses troupes des routes différentes soit, en fonction de leurs provenance, par le Toulousin, le Roussillon, les autres dont Charlemagne et sa maison passérent par la Gascogne et la Navarre. Cet itinéraire s'oppose au passage de Roland à Roc-Amadour
PS : Voilà pour la mise à jour !!! maintenant personne ne sait quel est l'hurluberlu qui planta dans la roche de Rocamadour cet Ersatz, ce sous produit Durandalien !!! sans vouloir être mesquin il est loisible de croire à une manoeuvre commerciale et touristique ???.....M de V




