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lundi 6 juillet 2026

De l'utilisation du Charbon de Bois au Moyen Age

Vous devez vous demander pourquoi faire un article sur un matériau aussi banal que le charbon de bois ?, vous vous dites que votre serviteur, le nain Marcus de Valbrun, a viré bredin ?. Pas du tout je voudrais parler des conséquences de l'utilisation intensive de ce matériau dans le monde médiéval 

Alors que la principale source d'énergie dans le domaine rural est le bois, dans les cités médiévales la source d'énergie c'est le Charbon de Bois, qui il est vrai est aussi un dérivé du bois

Le charbon de bois est connu depuis la plus haute antiquité et au moyen âge c'est un produit d'usage courant. Villaret de Honnecourt, architecte et ingénieur du XIII siècle, décrit avec minutie dans ses notes le chauffe-mains en cuivre d'un évêque

L'objet est rond comme une pomme, dans lequel se trouve un petit brasier de charbon de bois, l'ustensile est construit de tel sorte que même si on tourne cette pomme, le petit brasier à l'intérieur reste toujours à l'horizontale et notre évêque n'aura pas froid aux mains tant que le rougeoiment des braises pourra durer. Notons au passage que ce génial petit mécanisme sera repris plus tard pour maintenir à l'horizontale les boussoles marines de nos navires







La fabrication du charbon de bois sera une des causes de la déforestation au même titre que le développement des villes, Bourgs et villages tout au long du Moyen âge. Le charbon de bois dans les foyers des citadins n'est qu'un moindre mal comparé à son emploi principal, la transformation du minerai de fer !

Les Forgerons ne juraient que par le charbon de bois pour ses propriétés de transformation du minerai de fer. Nous pouvons nommer cela la chimie de la chauffe !. Encore maintenant, même si certains utilisent des fourneaux au gaz, le véritable artisan travaille toujours avec le charbon de bois

Le Coke appelé à l'époque charbon de terre ne se trouvait pas facilement les veines ne sont utilisées que si elles sont à fleur de terre. Le procédé d'extraction du Coke viendra d'Angleterre qui subissait aussi une déforestation sauvage 

On aura une idée plus précise des dommages causés aux forêts par les Fondeurs et les charbonniers avec des chiffres . Pour obtenir 50 kilos de fer, il fallait 200 kilos de minerai en brulant 25 mètres cubes de Bois !!!







O
n estime qu'en 40 jours une seule charbonnière pour charbon de bois pouvait déboiser une forêt sur un rayon de 1 Km. Des voix vont s'élever pour protester contre la destruction des forêts de l'Europe médiévale. Dans le Dauphiné, les représentants du Dauphin accusaient officiellement ceux qui fondaient le fer d'êtres responsables de la destruction des espaces boisés

Mais faisons ensemble le tour des métiers qui utilisaient des forges, pour ce faire voyons le livre des métiers de Etienne Boileau, Prévôt Royal en 1268, qui enregistre pas moins de 23 métiers des métaux à Paris !!allant des plus spécialisés jusqu'aux généralistes comme les Ferrons et les Fèvres  

Commençons par les faiseurs de fer les Armuriers, les Couteliers, les Serruriers, les Horlogers puis les fabricants d'outils comme les Vrillers (fabricants de Vrilles pour le bois), les Forcetiers (les forces sont de grands ciseaux pour tondre les tissus de laine), sans compter la fabrication de dizaines d'outils pour les Charpentiers, les Bûcherons, les Tonneliers et autres tondeurs de draps . Notons aussi qu'au XIV siècle apparaît chez les Armuriers une nouvelle corporation, Les Artilleurs qui fabriquent les armes à poudre noire, ils fabriquent les engins, mais le charbon de bois entre aussi dans la composition de la poudre noire ! 







Bien d'autres métaux sont travaillés dans les cités en particulier le Cuivre, le Laiton et le Bronze. A Paris ils occupent quatorze professions différentes dès 1268. Les Fondeurs et Batteurs de cuivres sont présents dans toutes les villes d'Europe

A la fin du siècle les artisans exportent vers le marché Anglais des cargaisons de vaisselles de cuivre, pots, chaudrons, poêles et chandeliers. Les marchands de Dinant sont en relation avec ceux de Paris, Rouen, Calais, Orléans et Metz. Ils fréquentent les marchés de Bourgogne, Normandie, Anjou, Touraine et même jusqu'en Espagne. Ils son aux Foires de Champagne (voir article) et du Lendit (voir article)

A Paris comme dans bien des grandes cités il y a aussi les Artisans de l'Etain, qui produisent des miroirs des sonnettes etc...Puis les Plombiers destinés à la fabrication des gouttières, mais aussi les petits métiers comme les Atachiers qui façonnent les petits clous pour décorer les ceintures et les harnais, les Boutonniers et les Patenôtriers fabricants de chapelets en métal

L'extrême dispersion des artisans du métal en d'innombrables petits ateliers familiaux n'arrangent pas les choses en matière de consommation de charbon de bois







Il faut aussi se pencher sur le mode de vie des Citadins, seul le charbon de bois était envisageable comme moyen de chauffage d'appoint, si vous aviez une cheminée celle-ci ne chauffait qu'une seule pièce pour les autres on utilisait des braséros roulants fonctionnant au charbon de bois, 

Les gens ne se lavaient pas chez eux ils allaient aux étuves, il fallait bien chauffer l'eau ! sans oublier que les citadins n'avaient pas de cuisines faute de place ils mangeaient le plus souvent dehors dans les tavernes, les auberges ou aux différentes échoppes des rotisseurs proposants tourtes et pâtés nommés " oublis " puis des pièces rôties du pain etc ...!! dans ces endroits de bouche l'utilisation du charbon de bois était fréquente 

Pour finir je pourrais aussi citer la garnison de la ville que ce soit le Guet Bourgeois et sa milice ou le Guet Royal avec ses chevaliers et ses Sergents les longues heures de veille nécessitaient des chauffages d'appoint !!!

PS : je vous laisse imaginer les dégats faits sur les forêts si l'on tient compte de la poussée démographique de la fin du XIV siècle et du XV siècle M de V

jeudi 2 juillet 2026

L' Aqualienne le Moulin Flottant au Moyen Age

L'aqualienne ou moulin flottant est utilisé dans toute l'Europe du Moyen âge, la vieille europe a eut la sagesse et l'intelligence d'exploiter à fond l'énergie fluviale et dont le rôle joué dans le développement au niveau économique fut mis en lumière, au XIX siècle, par Alain Peyronnel dans un mémoire de troisième cycle .

Ce que l'on nomme un  " Moulin Bâteau " aucun livre ne l'avait jamais traité et A Peyronnel nous apprend que ces moulins bâteaux sont entrainés par de grandes roues à aubes et ont existés par dizaines de milliers sur tous les grands fleuves et rivières de France mais aussi d'Europe on peux citer la Garonne, le Rhône, la Seine, le Rhin, le Danube, l'Adige, la Meuse et bien d'autres !

Ce type de moulins a contribué à l'industrialisation de l'europe, ces moulins ont actionnés sur le Rhin des arbres à cames pour fabriquer le papier. Sur l'Elbe et le Haut Danube des scieries mécaniques, puis sur l'Adige des mortiers pour la fabrication de la poudre à canon, sur le Bas Rhône des pressoirs à huile et sur la Seine des mécanismes pour servir à polir les diamants, émeraudes, agathes pour les Diamantaires et Lapidaires et autres Bijoutiers 






A
Paris, au début du XIV siècle, il n'y avait pas moins de soixante huit moulins flottants sur la Seine, selon la tradition on attribue cette " invention " au VI siècle de notre ère. D'après Procope, historien de Byzance, l'origine de ces moulins daterait de 537, année ou un général de Byzance, nommé Bélisaire, se trouvait assiégé dans Rome par une armée d'Ostrogoths !

Pour affamer les assiégés nos Ostrogoths vont couper les aqueducs qui alimentaient l'eau actionnant les moulins à farine de la cité. Les ingénieurs de Bélisaire eurent l'idée de transporter les engrenages et les meules des moulins sur des péniches amarrées sur le Tibre et de construire de grandes roues à aubes pour entrainer les mécanismes de ce nouveau type de moulin ! 







N
os Ostrogoths vont chercher à détruire ces nouveaux moulins. Ils vont laisser aller à la dérive les cadavres des combats, tous les soldats morts laissés sur le terrain, puis des troncs d'arbres et tous les objets suceptibles de bloquer le fonctionnement des roues à aube, ou de détruire celles-ci !

Bélisaire va faire tendre de grande chaines à travers la rivière afin de stopper les corps les arbres et autres objets. Les chaines vont jouer leur rôle et le ravitaillement fut assuré pour ses troupes, les Ostrogoths finiront par lever le siège

Il semble loisible de croire que le moulin flottant soit une invention importée  !







I
l faut tenir compte du fait que Bélisaire avait fait avec ses troupes et ses ingénieurs, deux campagnes en Orient. Il avait du voir ce type de moulin sur des rivières du proche-Orient, d'ou la théorie qu'il lui soit venue, à lui ou à ses ingénieurs, l'idée de faire construire les mêmes moulins-bâteaux sur le Tibre lorsque son armée fut privée de farine et de pain ?

On découvre aujourd'hui que ce type de moulin existait en Arménie, en Géorgie, en Iran et en Mésopotamie. Il faut comprendre que bon nombre de techniques utilisées dans l'europe médiévale ne sont pas occidentales à l'origine !

Notre Moyen âge s'est remarquablement développé mais sur un millénaire c'est à dire sur dix siècles, c'est énorme !








Le Moyen âge a eut le temps d'assimiler les inventions, mais aussi de rejeter celles qui ne lui convenaient pas. Il n'y a pas de document pour appuyer cette thèse du rejet à une exception près !

Nous connaissons une remarquable invention de l'Antiquité refusée par le moyen âge " la vis hélicoïdale " qui permettait de monter de l'eau par rotation. Elle est par tradition attribuée à Archimède, lors de l'un de ses voyages en Egypte, dans la deuxième moitié du III siècle avant J-C

Le moyen âge connaissait la vis d'Archimède par l'ouvrage de Vitruve " les dix livres d'architectures ", elle était utilisée dans l'antiquité pour l'irrigation des terres basses et pour remonter l'eau des mines 

Il est probable que le relief et les conditions climatiques de l'europe n'exigeaient pas l'utilisation de ce type de pompe pour l'agriculture et les mines médiévales, en europe, n'étaient pas en général assez profondes pour nécessiter l'emploi de la vis d'Archimède 

Nota : les moulins flottants avaient tous disparus au XIX siècle car ils gênaient le trafic fluvial !


PS : ce texte fait suite, ou sert de complément à l'article  N° 115 sur les Moulins dans le Paysage Médiéval......M de V