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mardi 22 septembre 2026

l'Ergot de Seigle et le Mal des Ardents

Parmi les parasites qui ont affecté les graminées au Moyen âge le Claviceps Purpuréa est l'un des plus communs. Au printemps ses spores germent dans les fleurs de graminées et se substituent à leur appareil de reproduction

Petit à petit, un Sclérote ( petit champignon ) se développe et empêche le grain de seigle de se former. A la fin de l'été le sclérote devenu lourd se détache et tombe sur le sol pour y passer l'hiver

La particularité de ce parasite tient dans le fait qu'il contient des substances nocives pour l'humain dont l'ingestion entraine une intoxication sous forme gangréneuse ou sous forme convulsive !

La forme gangréneuse est une forme de gangréne sèche des membres extrêmes, les mains, les pieds et les jambes par l'action de certains alcaloïdes contenus dans le claviceps purpurea. 

L'intoxiqué a la sentation de brûler de l'intérieur, sa peau se décolore se couvrant de macules, puis ses membres se desséchent et finissent au bout de quelques temps par tomber en lambeaux.







La forme convulsive quand à elle est causée par des agents toxiques qui s'attaquent au système nerveux provocant des contractions musculaires douloureuses des muscles des bras et des jambes

Elle provoque aussi des symptômes psychiques, état d'hébétude, perte de la mémoire, hallucinations effrayantes et crises de convultions. La consommation continue de pains ou de bouillies préparées à base de seigle contaminé était à l'origine de cette intoxication

Cette maladie non contagieuse, mais fatale est nommée Ergotisme mais porte aussi le nom de " feu sacré " ou encore " feu de saint Antoine " l'origine en est alimentaire, des ergots de seigle pouvaient se mêler au grain sain lors des récoltes

Moulus ensemble lors de la confection de la farine par le meunier ils contaminaient ainsi le pain et les bouillies provocant une hécatombe au niveau de tout un village, d'un bourg ou d'une cité !

Mais les moissons de seigle, heureusement, même ergoté, ne sont pas obligatoirement suivies de cas d'intoxication 







L
e seigle et l'ergot de seigle atteignent leur maturité pendant l'été. Qaund les épis de seigle sont prêts à être récoltés les sclérotes et les ergots, trops lourds tombent, en grande partie, d'eux même au sol ou lors des opérations de récolte et de transport des gerbes ! 

Quand à ceux qui seraient restés accrochés aux épis, leur aspect noirâtre permet de les repérer puis de les éliminer lors du trillage du grain avant de le moudre !

Le plus souvent les crises d'ergotisme se produisaient dans un contexte de crise alimentaire ou de famine elle prenait alors une dimension épidémique, dans la mesure ou la pénurie de céréales frappait l'ensemble d'un population

La faim poussant les hommes à récolter précocement les épis de seigle à une période ou les ergots ne se détachaient pas facilement, surtout si l'été était humide !

Ils consommaient immédiatement sans prendre grand soin, la faim aidant, de séparer et de bien trier les ergots du bon grain 






C
omme toutes maladies rencontrées pendant la période médiévale, l'ergotisme, qualifié de " feu sacré " par les témoins épouvantés, était perçu comme une punition divine des péchés humains

Qu'il s'agisse de grippe, de dysentrie ou de variole ces maladies étaient supportées avec résignation, elles faisaient partie intégrante des aléas inévitables de l'existence médiévale !

L' ergotisme était autant redouté que la Lèpre et terrorisaient les populations. Le seul espoir de guérison se trouvait dans la religion et l'intervention des saints Thaumaturges ( capables de guérisons ) engendrant tout naturellement des réactions sociales, des prières, des processions liées au culte des Saints 

La première réaction d'une population lorsqu'une " épidémie " d'ergotisme sévissait dans leur région était de rejoindre précipitamment les sanctuaires des saints locaux les plus proches avec l'espoir d'y guérir miraculeusement par leur intercession !!
  
Nota: il ne semble pas avoir existé de lieu ou les deux formes d'ergotisme soient apparues en même temps ???? cependant il faut noter qu'il y eut encore des cas d'ergotisme dans les années 50 !!! voir aussi les articles N° 156 et 157 du Blog


PS : article écrit à partir d'un mémoire de Virginie de Coumans, archives de Bruxelles M de V