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samedi 5 septembre 2026

l'Accès aux livres XIV et XV siècles

Sans refaire l'histoire du livre médiéval il convient de rappeler que la confection et la circulation se sont toujours heurtées à de multiples obstacles qui en rendait l'accès difficile. le premier étant d'ordre économique, le livre coûtait cher !!

Le prix venait du support, un livre requérait de grande quantité de parchemin ou de velin et selon le format du livre on obtenait de deux à seize feuillets par peau. Ces deux matériaux étaient des matières onéreuses

La difffusion du papier chiffon, attesté en Espagne dès le XII siècle n'arrive en France qu'au XIII siècle et ce n'est qu'au XIV et au XV siècle que l'usage du papier se diffuse largement permettant de baisser le prix des livres manuscrits !

Le papier pouvait revenir cinq fois moins cher que le parchemin dès le XIV siècle et jusqu'à treize fois moins cher au XV siècle grâce à l'amélioration des techniques de papeterie et à la multiplication des moulins à papiers. Cela n'était cependant pas suffisant l'économie sur le prix du livre était de 10 à 20 % par rapport à un livre en parchemin. Ce qui permet à ce dernier de garder une position solide sur le marché du livre !




De nombreux Lettrés semblaient avoir un préjugé défavorable envers le livre papier ils le jugeait à la fois moins noble et moins solide dans le temps, surtout pour ce qui concernait les textes et les ouvrages importants auxquels leurs possesseurs étaient attachés. De plus, si on pense comme eux, n'ignorons pas la transmission de ces livres onéreux à leurs descendants !!!

En réalité le facteur le plus important du coût d'un livre médiéval était la copie !. Les Scriptoria Monastique, dans les deux derniers siècles du Moyen âge, avaient perdu l'essentiel de leur importance et la plupart des Copistes étaient désormais des Artisans professionnels que l'on trouvait surtout dans les grandes cités!

Les bons copistes travaillaient lentement, environ deux feuillets et demi par jour et il faut tenir compte de la durée du jour et de la luminosité en fonction des saisons. Il était pratiquement impossible de copier des textes à la lumière des bougies ou des chandelles !

Autrement dit, un bon copiste produisait 4 à 5 livres de 200 feuillets par année. Je vous laisse imaginer la facture d'un de ces livres, qu'il soit de papier ou de parchemin, il était inabordable pour le clampin moyen, de fait il fallait déjà savoir lire et écrire !




Dans les villes universitaires ou Maîtres, Bacheliers et Etudiants avaient besoin de beaucoup de livres, mais disposaient de ressources en Clicailles limitées, on cherche à ramener au minimum le prix de revient des livres

On fait dans le petit format, des lignes plus serrées, une écriture plus cursive, on multiplie les abréviations permettant d'économiser papier ou parchemin et de gagner du temps sur le travail du copiste !Beaucoup vont se rabattre sur une solution moins onéreuse, mais qui ne garantissait pas la correction des textes transcrits !, Cela consistait à s'adresser à des amateurs, Chapelain besogneux, étudiant pauvre, voire copier soi même des chapitres d'un livre dans une bibliothèque ?

Le marché du livre d'occasion était fort actif aussi, spécialement dans les villes universitaires. Il était alimenté par des étudiants dans le besoin, ou quittant l'université, des prêteurs sur gages, des collèges se débarrassant de leurs doublons, des héritiers liquidant la bibliothèque d'un père ou les livres d'un oncle chanoine, curé etc !!

Il semble impossible d'établir un prix moyen du livre médiéval même en se fondant sur une abondante documentation des XIV et XV siècles, les chiffres en seraient tout à fait fictifs





Il est cependant intéressant de noter qu'à Paris vers 1400 le prix moyen d'un livre correspondait approximativement à sept jours de gages d'un Notaire et secrétaire du Roi !

Les secrétaires royaux étaient dans la capitale, avec les conseillers du Parlement et les Professeurs d'université, les principaux possesseurs de bibliothèques privées

La plus importante des bibliothèques privées dont on connait la composition pour cette époque ( 1419 ) est celle d'un greffier du Parlement, un certain Nicolas de Baye avec 198 volumes, dont une part avait pu être acquise par don ou héritage ?. Dans le cas de la France des études ont d'abord permis de montrer qu'une fois mis à part le Roy, les Princes du sang, et les grands Seigneurs du royaume, les gens de Savoir sont quasiment les seuls, à avoir jusqu'à la fin du XV siècle, des bibliothèques de quelque importance

En 1368 le Roy Charles V fait aménager une vaste librairie dans la tour de la fauconnerie du château du Louvre, à sa mort celle-ci comptait 1300 volumes. La BNF est l'héritière directe du roy Charles V le Sage...par la sainte messe !! que voilà un bel héritage mordious !!! Oui j'avoue que votre copiste le nain est jaloux ! c'est pas interdit m'enfin !!!


PS : pour cet article j'ai puisé j'ai puisé dans les gens de savoir à la fin du moyen âge, l'excellent livre de Jacques Verger, Médiéviste et spécialiste des Universités au Moyen âge M de V