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dimanche 3 juin 2018

Le Bouclier médiéval

L'usage du bouclier qui fut incontournable pour les cavaliers dans les siècles antérieurs au XIV siècle, se trouve considérablement restreint au XV siècle, pour disparaître tout à fait au XVI siècle au moment ou les ridicules grands garde corps et les passe garde font leur apparition.

Pour les gens de pied (l'infanterie), le bouclier sera toujours utilisé, comme protection, défense, voir même comme moyen offensif jusqu'au XVII siècle. La forme et la dimension des boucliers va beaucoup varier au fil des périodes médiévales, mais une grande majorité portaient l'Umbô ou Ombilic en métal au centre du bouclier quand celui ci était rond, et au deux tiers s'il était carré, rectangulaire ou allongé, parfois armé d'une pointe.

Cela peut sembler évasif, mais souvent on réutilisait le matériel offensif ou défensif de ses ancêtres dont les armureries des châteaux étaient pleines et également de toutes celles récupérées sur les champs de bataille, exemple une épée récupérée cassée lors d'un conflit était transformée en fer de lance ou en poignard long, il en était de même pour les boucliers, l'armement était très onéreux !!

Or donc rien ne se perdait, beaucoup de gens se sont fait des petites fortunes en récupérant sur les champs de bataille, la picorée était une pratique courante !!!







Sur l'intérieur du bouclier ou trouve la Garniture ou doublure intérieure, matelassée ou piquée, puis la Guige, courroie servant à le pendre en baudrier autour du cou et enfin les Enarmes ou poignées dans l'une desquelles on passait l'avant bras pour permettre à la main de saisir l'autre.

Ils étaient de fer ou de bois, dans le premier cas, le graveur et le ciseleur utilisaient toutes les ressources de l'art du burin pour magnifier cet outil guerrier. En bois on le peignait en représentant les armoiries si l'on était noble, sinon on l'ornementait, le bois en était léger, mais au grain serré, en général recouvert de cuir sur les deux faces, a l'intérieur on piquait sur le cuir un matelassage qui absorbait une partie des chocs, protégeant ainsi le bras des contusions.

Sur le cuir extérieur était appliqué une couche épaisse d'un enduit que l'on nommait " a pincel " fait de plâtre et de colle qui acquérait en séchant une grande dureté, on y peignait ou fixait des ornements







Selon Merlin de Cordebeuf qui écrivait en 1450 je cite: La Targe qui se porte pendu autour du cou par la guige est le bouclier pour combattre à cheval, et la Pavoysine, dont on a fait le Pavois était pour combattre à pied et ni l'un ni l'autre n'était rond .

Le bouclier rond qui reçut de sa forme le surnom de Rondache était également en bois et pouvait être recouvert de cuir bouilli.

On note aussi que les troupes qui assiégeaient une place forte se servaient de boucliers plus grands et plus pesants, on tenait compte du fait que l'arbalète était une arme de rempart particulièrement redoutable et précise, sans compter bien sur ce que les assiégés pouvaient jeter du haut des remparts

On trouve aussi le Bouclier de Parement, qui ne servait que dans les cérémonies ou les Tournois il était porté par un page ou un écuyer devant le chevalier, le baron, Duc ou Prince, on pouvait en trouver ornementés d'or et d'argent !!!






Pour finir il nous faut ajouter le Grand Pavois de l'Arbalétrier, moyen défensif plus que nécessaire pour ce soldat fortement exposé, du fait qu'il était souvent statique, mais aussi à cause du temps que lui prenait le rechargement de son arme (voir article)

Le Pavois d'Arbalétrier était fort lourd et encombrant, ils le portaient fixé dans le dos pour marcher avec l'Ost, mais pendant le combat aussi, car ils n'avaient qu'à tourner le dos à l'ennemi pour être protégés pendant le temps de rechargement de leur arbalète, lourde, encombrante et pas facile à manoeuvrer Ils pouvaient aussi au moyen d'une barre de support, fixée à demeure sur l'intérieur du pavois, le poser perpendiculaire au sol et s'abriter derrière.

Il nous reste à voir comme moyen de défense, s'approchant par la forme de la rondache, je veux parler de ce que l'on nommait à l'époque la Rondelle à main ou la rondelle de poing, celle de poing avait comme son nom l'indique la taille d'un poing, celui de la main qui se refermait sur une poignée côté intérieur de cette rondelle, elle portait également un crochet pour être pendue à la ceinture

La rondelle à main, pouvait être hérissée de pointes autour de son ombilic, ou recouvert de corne, décorée de clous de cuivres festonnés ou encore joliment décorée de feuillages dorés, elles furent utilisées le plus souvent au XV siècle M de V

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