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vendredi 20 mars 2026

Tomàs de Torquemada XV Siècle

 

Tomàs de Torquemada est né en 1420 dans le royaume de Castille et dans la ville de Valladolid, il meurt en 1498 à Avila. Notre personnage entre très jeune dans l'ordre fondé par Saint Dominique dans le couvent de Saint Paul à Valladolid. Les Dominicains ne sont pas des moines mais des frères prêcheurs, aussi nommés les chiens du Seigneur, sensés par vocation d'aboyer contre les hérésies

On le dit de taille très au dessus de la moyenne, un corps sec et musclé, un visage tranché et des lèvres minces, un nez aquilin, des yeux noirs pénétrants et très enfoncés sous une arcade sourcilière dure, les chroniqueurs disent qu'à 65 ans il en paraissait à peine 40 !

L'homme était très énergique et doté d'une intelligence vraiment supérieure à cette époque, ses connaissances en matière de Théologie le classe parmi les plus savants de son temps

Il sera le confesseur de Isabelle de Castille dite la catholique, notre moine va évoluer dans la période de la reconquista en Espagne, avec à leur tête le couple Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, avant de devenir le grand Inquisiteur d'Espagne pourchassant Marranes et Morisques. C'est à dire respectivement des Juifs et des Arabes convertis à la religion catholique pour ne pas avoir à quitter le sol de l'Espagne 




Notre bon Dominicain aurait selon les sources des chroniqueurs contemporains de sa période, à son actif, l'équivalant de 60 000 morts sous la torture, soit de son propre chef ou du fait des inquisiteurs et des tribunaux ecclésiastiques qu'il dirigeait en tant que Grand Inquisiteur d'Espagne !!!....

Colossal pour l'époque !! même pour un grand inquisiteur pourchassant l'hérésie chez les juifs, les Arabes convertis et les Cathares réfugiés dans les différents royaumes de la péninsule Ibérique !

On le définit brutal et cynique, lâche et abject, uniquement attentif à son bien être. On en fit le symbole de la méchanceté cruelle et son nom va devenir synonyme de férocité. La vérité sur son compte n'a jamais pu être établie avec certitude !

Il en reste de vagues témoignages, tous partisans, chacun étant le fruit d'un point de vue trop personnel, dicté soit par un intérêt courtisan, comme celui de Sébastien de Olméda qui l'appelle " lumière de l'Espagne " sauveur de son pays, honneur de son ordre, soit par une rancune aveugle !

La vérité rapportée par la chronique, pour ce qu'il en reste, et c'est bien peu, est que Torquemada refusa toujours toute promotion et reconnaissance hiérarchique








Il aurait pu devenir évêque voir même cardinal avec une grande facilité. Ses biens personnels ne se sont pas accrus au cours de ses longues années inquisitoriales, sa garde robe ignorait les tissus onéreux sa sévérité et son austérité ne laissait place qu'aux habits et au linge en toile de chanvre ou de coton

Cependant son sens du beau l'amena à s'occuper directement de manifestations artistiques en tous genres, en particulier dans le domaine de l'architecture et de la peinture, faisant de certains monastères, comme celui de Saint Thomas à Avila, des chefs d'oeuvres de l'art qui résistèrent aux outrages du temps

Il aimait l'Espagne et c'était un croyant fervent. A son avis " conversos et moriscos " éaient des ennemis dangereux pour son pays et de sa religion

Lorsqu'il ne s'occupait pas de questions inhérentes aux problèmes inquisitoriaux il étudiait la théologie, le droit canon, l'histoire de l'art, la littérature. Son bagage culturel était imposant et très peu de de personnes de son temps auraient pu lui être comparées








Il semble étrange qu'un homme dont l'esprit était aussi large et l'intelligence ouverte ai pu succomber et se laisser dominer par le déchainement soudain des passions les plus brutales ?

Il en est qui ont affirmé que Tomàs, monstre de bestialité se délectait à fouetter les blanches chairs tombées en son pouvoir. On parla d'une certaine Conception de Saavedra, qui fut l'objet de ses soins parrticuliers, un épisode répugnant, qui précipiterait Torquemada dans un abîme d'ignominie ?

Nous signalons qu'un seul des historiens de l'époque a signalé ce fait. On a démesurément grossi le nombre des condamnations, en faisant ainsi un objet de scandale. Cependant les historiens les plus objectifs affirment que la perte d'un grand nombre de documents de l'inquisition et le peu d'études en profondeur faites en Espagne ne permettent ni d'accepter, ni de réfuter le nombre de ses 60 000 victimes ??

D'autres part les historiens ayant écrits sur ce personnage soutiennent que les Pontifes lui auraient conseillé, voir imposé, de modérer son propre zèle, semblable à un fanatisme pathologique !. D'ailleurs dans cette Espagne qui eut pendant un temps Torquemada comme seul maître et arbitre de la religion, le peuple, avait la conviction que Tomàs travaillait pour le bien de son pays ????








Soyons clair qu'il n'est pas possible de défendre l'oeuvre de l'inquisition effectuée par Torquemada, mais il semble nécessaire de souligner sa formation mentale et les circonstances de son action !!

Les documents de l'époque sont rares et ceux qui ne sont pas officiels ne sont pas, pour autant moins partiaux, ne serait ce que parce qu'ils proviennent tous d'une unique source de " Conversos ", c'est à dire de ceux qui souffrirent dans leurs familles et dans leurs chairs, de la vague de répression qui s'abattit sur l'Espagne par la main de Tomàs de Torquemada

A la cour il était très aimé par les deux souverains et l'on peut vraiment dire qu'aucune feuille ne pouvait bouger si Torquemada ne le voulait pas. Lorsqu'il fut honoré de cette charge d'inquisiteur Général, par le Roy la Reine et le Pape Sixte IV, il n'eut qu'un seul désir, l'élimination complète de l'hérésie !

PS : ceci n'est qu'un aperçu du personnage, en fonction de mes différentes lectures et des historiens ayant écrits sur le sujet ! je vous laisse toute latitude de vous faire votre propre opinion sur Tomàs de Torquemada....M de V

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