Chaque bande de ces soldats de fortune formait une Route d'ou le terme de Routier...la plus célèbre de ces routes est celle de Seguin de Badefol, sa route se nomme " La Marie " du nom de la mère de ce joyeux drille !!
La précision est d'importance car c'est lui qui commande les compagnies on le nomme le Roi des Routiers si lui est Périgourdin les autres sont Allemands, Brabançons, Flamands, Bretons, Piémontais et gascons. Déroulons cette bataille de Brignais ou l'Ost de France va recevoir une sévère raclée par les Routiers, une de plus me direz vous !
Jacques de la Marche convoque dans la bonne ville de Lyon, menacée par les Routiers, gentilshommes fers vêtus, arbalétriers et des piétons hérissés de vouges et de guisarmes, les gens de guerre accourent alléchés par la picorée (butin) et parmi eux se trouve Jean de vienne brandissant son pennon qu'il avait déjà porté aux combats de Chatillon sur Seine et de Brion
Les fêtes données par la Comtesse de Forez pour remercier les seigneurs accourus à l'appel de son frère Jacques de la Marche sont vite interrompues !..les routiers sont la et campent à treize kilomètres de Lyon ! Il est temps de coiffer le casque et chevaucher à leur rencontre
Le 2 avril 1362 les deux armées sont face à face. face, de l'Ost on voit six mille routiers pauvrement armés qui occupent le sommet d'une large colline, peu élevée, mais très escarpée et rocailleuse. Sur les crêtes qui dominent le chemin d'accès, ils ont accumulé des monceaux de grosses pierres
En arrière et à droite de ce premier corps le gros de la horde, huit à dix mille combattants à cheval se tient cachée en réserve et invisible aux Français, un chemin qui contourne le pied de la colline leur permettra, le moment venu, de déboucher dans le flanc des français !
Inconscient du danger l'ost rutilant a déployé ses lignes brillantes dans la plaine. Mal informée par ses éclaireurs qui n'ont pas su découvrir le dispositif des compagnies de Seguin de Badefol, l'armée entière vibre du désir d'en découdre avec la piétaille des routiers, qu'ils nommaient merdaille !
Sauf Arnaud de Cervole dit l'Archiprêtre (encore un Périgourdin) ancien routier et un proche de Jean II le Bon. Il n'ignore pas toutes les ruses habituelles des routiers !! et l'immobilité de ceux de la colline et leur nombre beaucoup moins grand qu'il eut pu croire ne lui dit rien qui vaille !!
Voià le décor est planté et la grande boucherie va pouvoir commencer, les français n'ont pas retenu les leçons de Crécy et de Poitiers ils vont se faire massacrer par ces Routiers ces soldats de fortune, qu'ils affublaient par dérision du doux nom de merdaille
Maintenant les français visières fermées vont suivre au pas la pente qui permet de joindre l'adversaire. On envoie la lourde infanterie pour gravir la pente caillouteuse en bas de l'emplacement des routiers. Non loin avec les troupes à cheval jean de Vienne contemple ardemment le tableau grandiose de cette première attaque !...Il va apprendre comment on perd une bataille
Les routiers poussent de gros blocs de pierres sur la pente dans une intarissable avalanche, arbalétriers, vougiers et autres piétailles sont laminés. Vainement Arnaud de Cervoles et d'autre capitaines tentent de forcer l'allure mais la pente est trop raide pour les destriers et les routiers continent, sans trêve, leur besogne meurtrière !!
Moins protégés que les hommes en armures les gens de pieds fléchissent et reculent, Hélas voilà qu'aux blessés qui redescendent vers la plaine empêchent les vagues d'assauts qui montent...la panique devient totale !; Bourbon accourt à la rescousse avec sa bataille, il s'obstine dans la déplorable tactique de la charge qui fut un temps écrasait l'ennemi. mais voici que retentit le bruit des sabots de chevaux lancés à la charge avec des lances de six pieds baissées !!
La réserve de Seguin de Badefol arrive en rangs serrés sur le flanc des Français. Assallis de tous côtés les français reculent la grande boucherie est consommée, L'archiprêtre sera fait prisonnier par ceux de son ancien métier. Quand à Jacques de Bourbon et son fils Pierre arrachés tous deux de la mêlée et criblés de coups ils expireront quelques jours plus tard dans la cité de Lyon consternée par le désastre
La leçon ne sera pas perdue pour Jean de Vienne, il sait désormais que la discipline vaut mieux qu'une bravoure désordonnée et que les nécessités de la guerre sont bien différentes des régles de coutoisies des tournois prisées par son Roy !
Il a frappé de taille et d'estoc pour sortir du piège des routiers de Brignais. A quelques temps de la Jean de Vienne seigneur de Roulans va entrer au service du Roy de France, Jean II le bon lui fait abandon en septembre 1362 des droits d'une valeur de 140 Florins en Or, sur le village de Villey en Auxois, dans le Comté de Bourgogne, heureuse générosité qui donne aux Valois l'appui d'une redoutable épée !!!
Jean de Vienne deviendra Amiral de la Flotte sous Charles V le Sage certains le nommeront le Duguesclin sur la Mer, mais si sa carrière commence par une défaite, par une bizarrerie de l'histoire elle se termine également sur une défaite !
Pour un homme blanchi sous le harnois la fin de ce XIV siècle se termine mal, Jean de Vienne Seigneur de Roulans constate l'impopolarité d'un Richard II en Albion, un Benoit XIII obstiné à Rome perpétuant le schisme d'Occident, un Roy Fou règnant en France, un ivrogne fainéant dirige l'Allemagne et dix tyranneaux se disputant l'Italie ..triste constat !
Mais voici qu'à l'Orient le ciel s'obscurcit sur la Hongrie, les sectateurs de Mahomet après avoir écrasé les Bulgares, les Albanais, les Serviens (Serbes) et les Bosniaques s'installent en choisissant Andrinople comme capitale de leurs possessions !
Le voilà embarqué dans l'Ost recruté par le Philippe le Hardi Duc de Bourgogne avec à la tête son fils Jean qui sera bien mal nommé plus tard Jean sans Peur ...pitoyable chef de guerre, à la demande de Sigismond de Hongrie menacé
Nous voilà à la bataille de Nicopolis contre Bayezid surnommé Ildyrim ( la foudre ou l'éclair ) voir article sur le blog !. Jean de Vienne était la pour chaperonner et conseiller le fils du Duc de Bourgogne, peine perdue, ce sera un bain de sang dans lequel Jean de Vienne disparaît
PS : la guerre ne fait pas de quartier ! sans vouloir assombrir le tableau penchez vous sur les tensions actuelles et dites vous bien que la guerre ne meurt jamais M de V





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