le Gardien des Mémoires du Royaume sous la montagne, vous souhaite la Bienvenue dans son scriptorium
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mercredi 28 novembre 2018
Drapiers de Reims au XIII, XIV et XV siècle
Les Tapis de cette ville jouissaient d'un grand renom. On les trouvent mentionnés dans les tarifs des Tonlieux levés aux foires de Troyes (foires de champagnes voir article)
La Serge: était une étoffe croisée, ordinairement en laine et parfois avec un mélange de fil. Celle fabriquée à Reims au XIII siècle était fort réputée. Dans un compte des recettes et dépenses de la maison de Louis IX (saint Louis), pour l'an 1234, il est question des "sargiis de Remis". On se rappelle l'anecdote rapportée par Jean de Joinville, son histoire de Saint Louis, (voir article), il avait vu en rêve son roi à genoux devant un autel et revêtu par plusieurs prélats "d'une chasuble vermeille de serge de Reims"
L'explication que nous donne, Joinville, dans son livre, au sujet de sa vision, nous montre que la Serge était une étoffe assez commune, peu propre à confectionner des chasubles !! Elle servait surtout à faire des rideaux et des couvertures de lits. Ce qui nous semble logique pour ce roi confit en dévotions et qui s'habillait fort simplement
Plus tard, on trouve un compte du service de l'argenterie des rois de France, qui mentionne en 1316 (première année de la Régence de Philippe V le long), l'acquisition de six serges vertes de Reims, pour mettre aux fenêtres de la chambre du roi.
Il semble aussi qu'il nous faille voir des Serges, dans la mention des " serica Remensia ", que l'on trouve figurant parmi les présents envoyés au Sultan Bajazet, surnommé Ildyrim (l'éclair), pour payer la rançon de plusieurs seigneurs français, fait prisonniers, en 1396, lors de la désastreuse bataille de Nicopolis. Cette expédition commandée, par Jean sans peur, fils du Duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, que l'on nommera la neuvième croisade !!! ( voir article)
Le Camelot: était une étoffe fine et lisse, non croisée, faite avec du poil de jeune chameau ou du poil de chèvre d'Arménie. Ces matières premières étaient importées d'Orient et l'on savait les utiliser à Reims dès la fin du XIII siècle. Ces camelots de Reims sont cités dès cette époque dans les tarifs des marchandises vendues en Paris.
La réputation de cette étoffe s'est maintenue plus avant dans le XIV et le XV siècle. Un compte de la maison du roi, Charles VI le Fou, en l'an 1387, note une dépense de 20 Sols Parisis, pour un camelot de Reims vermeil, afin de doubler la houppelande de drap vert du garde personnel de la Royne de France, Isabeau de Bavière
Or donc si l'on en croit les textes, et comment réfuter des écrits d'époque ??, la noblesse et la haute bourgeoise portaient du chameau. le commerce avec L'Orient a pu faire connaître le tissu en poil de chameau en Europe depuis l'époque des croisades, au XIII siècle on le nommait aussi Camelin
L'étamine de Reims: étoffe légère, non croisée, était composée de laine, de soie et de laine, ou toute de soie. Elle était fort estimée !! Un document de 1305, sous Philippe le Bel, nous montre qu'elle est déjà exportée vers l'Italie. Par opposition les moines portaient eux, une robe en étamine toute simple en laine
Les toiles de Reims: tissus fins et délicats qui avaient acquis une célébrité attestée par de nombreux documents. C'était un article de luxe, dont les princes, seigneurs et hauts bourgeois faisaient usage, et que le commerce répandait aussi bien en France qu'à l'étranger, elles sont fréquemment nommées dans les comptes du service de l'argenterie des rois de France
On en faisait des draps de lits, des contrepointes, des serviettes, des chemises ou des doublets (vêtements de dessous). Elles étaient considérées comme des étoffes précieuses, un inventaire de la maison du très fortuné, Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, en l'an 1420, signale une grande pièce de cette toile " frangée de soye et bordée d'or ", destinée à faire des draps de lits
La Reine de France, Isabeau de Bavière, le jour de son sacre, avait revêtu pour la messe, un large doublet de toile de Reims, fait en matière de chemise
Nota: vous pouvez également vous reporter, si l'envie vous prend, à l'article sur les " tissus de soies d'or et d'argent ", publié sur le blog au mois de septembre 2018
Les anciens registres de la ville de Reims nous montrent que les Rémois offraient aussi les produits de leur industrie aux nobles visiteurs qui se présentaient en leur cité. On en envoyait aussi à ceux dont on désirait s'attirer les bonnes grâces.
Par exemple, les chanoines du chapitre de la cathédrale de Reims, vont acheter des toiles et des serviettes, pour en faire présent aux nobles de la cour, suite à l'incendie de leur édifice, le 21 novembre 1481, ceci afin d'obtenir des fonds pour la réparation de la cathédrale
Le commerce de ces toiles était très actif au moyen âge dans les pays étrangers. Des documents d'époque nous signalent qu'elles étaient d'un usage très fréquent en Albion, les doublets en toile de Reims sont cités à plusieurs reprises en 1347, dans un compte de la garde robe du roi Edouard III. En 1327, on utilise de la toile de Reims pour faire des nappes pour le grand autel de la cathédrale d'Exeter. Un poème du XIV siècle, déclare que la femme Anglaise de qualité se doit de posséder, couvertures de lit en futaine et draps en toile de Reims
Très à la mode également en Espagne et en Italie, des documents nous montrent que les toiles de Reims étaient exportées à Majorque et Barcelone en 1271, à Pise en 1323 et en 1295 pour la couronne de Naples
PS: documentation BNF et provenant de l'école des Chartes M de V
lundi 2 octobre 2017
Guillaume de Machaut 1300-1377 Poète et Musicien
Né ver l'an 1300 d'une famille roturière, il prend probablement son surnom du Bourg Champenois de Machault, dans les Ardennes, ce Fief au XIV siècle appartenait à la famille d'Enghien et son église dépendait du Diocèse de Reims
Selon le cursus de l'époque il semble que Guillaume pousse loin ses études comme le signale son titre de Maître ès Arts; il va mener une vie de lettré, mais on ne sait s'il a termine ses études de Théologie, lorsqu'on le trouve attaché à un grand seigneur.
Il est au service de Jean de Luxembourg, Roi de Bohème, dont il devient l'aumônier dans un premier temps, puis son secrétaire et son notaire.
Il va rester 15 ans auprès de ce Prince, l'accompagnant dans ses voyages, Allemagne, Autriche, mais aussi lors d'une expédition en Lituanie, ou Jean de Luxembourg assiste les Chevaliers Teutoniques dans leurs conquêtes.
En 1337 il entre en possession du Canonicat de la Cathédrale de Reims, alors commence la partie la plus féconde de son œuvre poétique et musicale.
Retenu par les devoirs de sa charge à la cathédrale il ne peut accompagner Jean de Luxembourg dans une nouvelle campagne en Lituanie, ou Jean contractera une maladie incurable des yeux qui va le rendre aveugle.
Il n'évoquera même pas la mort héroïque à Crècy en 1346, de Jean l'aveugle qui lié entre deux de ses chevaliers ira chercher la mort au plus fort de la bataille.
C'est sur la fille de Jean que Guillaume reporte sa fidélité, Bonne de Luxembourg avait épousé en 1332 le Duc Jean de Normandie, qui en 1350 monte sur le trône de France en tant que Jean II le Bon.
A la mort de Bonne de Luxembourg, en 1349, Guillaume se tourne vers Charles II Roi de Navarre et Comte d'Evreux, lorsque ce dernier fut emprisonné sur ordre de Jean II le Bon après l'affaire du Château de Rouen (voir article), d'avril 1356 à novembre 1357, Guillaume lui composa "le confort d'un ami " .
Mais comme Nicole Oresme (voir article), lorsque Charles II déçoit les espoirs réformateurs d'une partie de la noblesse et des universitaires, Guillaume lui aussi se tourne vers la cours de France.
Machaut va accompagner Jean Duc de Berry, en 1360, à Calais, ou ce fils de Jean II le Bon s'embarque comme otage, afin de permettre le retour de son père prisonnier depuis la défaite de Poitiers, Guillaume lui dédie en 1361 le dit de " la fontaine amoureuse "
Guillaume hébergera même plus tard à Reims, Charles Duc de Normandie et Régent du royaume, il contera aussi dans son " voir dit " le séjour qu'il fait à Crècy auprès de se même Charles dont il se dit " la droite créature "
Guillaume de Machaut meurt en avril 1377, il fut enterré avec son frère Jean dans la Cathédrale de Reims. Son œuvre poétique et musicale fut immense, pour Guillaume, la poésie et la musique sont sœurs et sources de joies, musiques et mots sont présentés comme indissociables . Son grand disciple que fut Eustache Deschamps les détachera dans son " art de dictier "
Nota: Le "confort d'un ami", écrit en 1357 est une consolation, il ne s'agit pas la, de mettre du baume sur quelques peines amoureuses et le consolateur n'est pas une allégorie, mais l'auteur en personne !! Guillaume de Machaut, s'adresse en personne à Charles II Roi de Navarre et Comte d'Evreux, prisonnier du Roi de France Jean II le Bon.
Il lui apporte dans ce texte le secours d'exemples Bibliques, puis lui donne des conseils qui s'appuient sur l'histoire antique, puisées pour la plupart dans l'Ovide moralisé...M de V
dimanche 23 avril 2017
La difficile période du Traité de Brétigny
Après la bataille de Poitiers des négociations seront entamées entre Paris, Bordeaux et Londres, pour aboutir à la trêve de Bordeaux du 23 mars 1357. Celle ci va durer deux ans, afin de permettre aux Ambassadeurs et aux Clercs de rédiger et conclure un Traité définitif.
Edouard III en tant que vainqueur demandera beaucoup! Son fils le Prince noir désirant éponger ses dettes colossales n'en demandait pas moins. Le roi d'Angleterre en fin politique va amadouer son royal prisonnier, en émaillant la rédaction de ce Traité par de nombreuse fêtes, banquets et tournois.
Ce ne fut pas trop difficile, notre monarque Jean II le Bon, "que ce terme de le bon ne saurait réhabiliter" va souscrire à tous ces préliminaires, plaçant son fils le Dauphin dans une situation des plus précaire.
Les travaux d'écriture des Clercs avaient aboutis, au début de 1358, une Ambassade fut envoyée à Paris pour signifier au Dauphin les conditions de paix, imposées par Edouard III à la France.
Malgré la triste situation politique dans laquelle se trouve Le Dauphin, il ne peut que refuser de prendre en considération les conditions de paix que son père a accepté à Londres. Edouard va faire rédiger un nouveau texte par ses Clercs de l'échiquier, et que son royal cousin Jean II va accepter également, peu lui importait le destin de la France, il voulait être libre.
En 1359 l'Ambassade envoyée vers le régent est composée de proches du roi de France, dans ces rangs nous trouvons ce brouillon bouffi d'orgueil d'Arnould d'Audrehem. Elle sera rejetée avec dédain par Charles et les états généraux
Ceux ci vont considérer qu'un tel accord n'est ni passable ni faisable, devant ce nouveau refus Edouard III entre dans une colère dont il a le secret, fini les cajoleries politiques, il fait mettre le roi de France dans la prison d'un sordide château (Sommerston)de la riante campagne Anglaise, puis à la Tour de Londres.
Le roi d'Angleterre plus furieux que jamais reprend le titre de roi de France qu'il avait abandonné, et lance au départ de Calais une de ses terrible chevauchée en guise de répression.
Il se lance vers Reims dans l'espoir de se faire sacrer, mais la ville est fort bien défendue, il sait qu'il n'a pas les moyens de la prendre de force. De plus il est parti fort tard dans la saison, et le temps n'est pas propice à un tel raid ( la colère n'est pas bonne conseillère), il lui faut rapidement un abri pour hiverner. Il choisi la bourgogne, sachant que le jeune Duc Philippe de Rouvres, n'est pas en mesure de s'opposer par la force à son installation.
Le pauvre Duc sera même obligé de verser une forte somme pour qu'à la fin de l'hiver ils partent sans tout saccager (il acheta une trêve de trois ans pour 200 000 écus), ce qui ne l’empêchera pas de ravager la région de Beaulieu et Flavigny. Il marche sur Paris, comme pour Reims il ne peut que regarder les murailles, le régent avait donné pour consignes de déserter les campagnes et d'enfermer gens et provisions dans les villes et surtout de ne pas venir au contact des Anglais. Charles avait retenu la leçon de Crécy et Poitiers. Les troupes Anglaises ne trouvent plus rien à glaner sur leur chemin, les fourrageurs rentrent les mains vides et la faim se fait sentir.
C'est alors que va survenir un effroyable orage qui va détruire tout le train d'équipage de l'armée d'Edouard III, massacrant par la foudre et les averses de grêles, hommes, chevaux, chariots et tentes. Cette catastrophe fera sensation et ce lundi 13 avril de l'an 1360 restera dans les mémoires, sous le nom de Black Monday. Le roi d'Angleterre est fortement impressionné, par l'orage bien sur ( que l'on pourrait croire d'intervention divine, Dies irae, dies illa, saluet saecum in favilla) mais pas seulement, il sent la résistance de tout un peuple, ses troupes sont mal nourries, il ne peut livrer aucune bataille, ne rencontrant que du vide. Il comprend qu'il a en face de lui une intelligence vive, un jeune homme brillant (son précepteur Nicolas Oresme a fait de l'excellent travail), tout le contraire de son père.
Edouard rentre ses griffes, il va adoucir ses exigences, des négociations vont s'ouvrir à Brétigny, puis à Chartres, ou un traité sera signé le 8 mai 1360 et ratifié quelques mois plus tard à Calais. Ce traité nous fera perdre beaucoup de territoires du sud, sans compter l'énorme rançon de trois millions en or pour la libération de Jean II .
PS: Sir John Chandos, chevalier de l'ordre de la Jarretière, sera le négociateur, désigné, du roi Edouard III. M de V
samedi 7 septembre 2024
N°480) Le Pavement de la Rue Médiévale
mercredi 13 mars 2019
La " Faide " Chevaleresque au X siècle
Les opérations de guerre, lorsqu'il y en a, sont menées par des troupes de combattants (milites) dont les plus efficaces sont à cheval et bien armés. Ils évitent en général les vraies batailles et se rencontrent dans des escarmouches ou guet-apens, faisant marches et contre marches pour aller mettre le siège devant un château, ou pour s'en retourner chez eux, de petites campagnes durant de deux à huit semaines. Les places ne se rendaient guère qu'à la suite de négociations ou de trahison de l'un des défenseurs attitrés. Mais un siège ou une chevauchée étaient surtout l'occasion de se livrer au pillage des paysans de la contrée de l'adversaire à titre de représailles contre celui ci
L'anthropologie emploie ce mot de " Faide ", pour diverses sociétés, aussi bien pour des Vendettas, que pour de véritables guerres de l'intérieur. L'auteur, D Barthélemy, nous propose de prendre le terme de " Faide Chevaleresque ", comme un type de guerre revendicatrice de biens, portant atteinte aux biens d'un autre, avec l'aide d'hommes rétribués en terres et en biens !!, mais également de vengeance, de haine mortelle, qui venge le sang à l'aide de sa Parentelle, donc liés par le sang et faisant couler celui de l'autre
La vengeance de sang n'est pas inconnue au X siècle et précisément à la fin de l'Empire Carolingien ayant permis de grandes " Faides ", fort bien analysées par Régine Le Jan (familles et pouvoirs dans le monde Franc du VII au X siècles). D'autant qu'il n'est pas impossible qu'une revendication de biens dégénère en haine de sang, il en existe un saisissant exemple dans les histoires du moine moraliste Raoul Glaber
Cependant la compétition, que nous nommeront pudiquement " politique", n'était meurtrière qu'occasionnellement, car entre gens de bonnes compagnies, s'affrontant pour des positions et des richesses, on se capture plutôt qu'on ne se tue, et l'on se donne des otages et des promesses en échange de libérations. Il s'agit en revanche de véritables actions de guerre, dans un discours sur la vengeance d'honneur !!, c'est à dire de la revendication par ces nobles de leurs droits, tels qu'ils l'apprécient dans leur entourage
Ces actions nuisent avant tout aux faibles, que sont les petites gens et paysans de l'adversaire, et en un sens cette guerre techniquement chevaleresque ne l'était pas du tout moralement. C'est une vengeance indirecte, mais fort propre à ancrer dans les esprits l'idée d'appartenance de ces hommes à leurs seigneurs. Car chacun de ces derniers en s'en prenant aux paysans de l'autre, en le visant à travers eux, lui rend le service de souligner à quels point ces pauvres bougres sont siens !!
Par le fait, le XII siècle n'aura pas vraiment à inventer la vocation des chevaliers afin de protéger les faibles et la justice, car cet idéal est déjà bien défini depuis le IX siècle !!, mais il va subir dans la pratique toutes sortes de perversions et ce à toutes les époques.
Le chevalier du temps des annales de Flodoard de Reims ( 894-966), est au service du droit, c'est à dire du sien propre !!, et s'il protège les paysans c'est avant tout les siens. Il n'est chevaleresque qu'avec le chevalier ennemi, auquel le lie une connivence à demi consciente, et il va le ménager en vue d'une réconciliation future, celle ci se trouve toujours assez proche puisqu'il s'agit bien moins souvent de querelle de sang, que de lutte pour des avantages matériels ou territoriaux, ceux ci étant plus facilement compensables et négociable qu'un meurtre !!
Mais il le ménage aussi afin de se concilier l'opinion " noble et défendable ", à tout le moins lors d'un plaid judiciaire. Par la, il espère se rallier ceux qui ayant des liens avec les deux parties, auront à choisir leur camp, ou à s'interposer comme négociateurs. Or donc, entre eux, les chevaliers du IX et X siècles auront quelques beaux gestes de clémence et d'estime.
Encore faut il préciser que la ruse, les coups tordus, les actes d'inclémence ne sont pas rares, et nos preux chevaliers du haut moyen âge , dans la réalité des choses ne seront jamais qu'à demi chevaleresque et encore qu'envers ceux de leur caste !!!
Pour autant on peut montrer que dans l'idéologie, un annaliste comme Flodoard de Reims, pour sobre et factuel qu'il soit, participe lui même à cette violence symbolique, tant dans ses petits développements que dans certains mots qu'il emploie !!!. A l'en croire les actes de guerre sont argumentés et ciblés, il épouse donc les raisons des protagonistes et fait paraître toute naturelle la Faide chevaleresque
PS: Les vrais victimes restent donc les paysans et au moment de la paix, les chevaliers se tiennent quittes, par concessions équilibrées des torts faits aux paysans de l'autre !!! Une autre idée du chevalier n'est ce pas ????
Sur un texte de D Barthélemy, ancien élève de G Duby, il est professeur à l'Université de Paris Sorbonne, il a publié deux ouvrages chez Fayard la mutation de l'an mil a t'elle eu lieu..et l'an mil et la paix de Dieu ...M de V
lundi 21 janvier 2019
Robert le bougre, sinistre moine !!
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Nous savons par contre, qu'il fut à partir de 1215 un hérétique !! Puis il rentre dans le rang et rejoint le giron de la sainte église catholique et apostolique vers 1231. Nous ignorons l'année de sa naissance et ne possédons que dès données obscures sur sa mort après sa mise en détention perpétuelle ???
Il va suivre à Milan une jeune hérétique Cathare, devenant lui même un membre assidu de ce culte, c'est de la que lui viendra son surnom de "Bougre", nom que l'on donnait aux hérétiques en France, alors qu'en Italie le surnom de"Patarin", était le plus souvent employé !!
Notre Robert vécu une vingtaine d'années en parfait Cathare, après quoi il abjura ses erreurs et se fit Dominicain ( pourquoi la belle l'avait elle laissé tomber ??). Toujours est il qu'il se mit à dénoncer ses anciens frères (le vilain cafteur !!), mais un long commerce avec les hérétiques lui permettait de les reconnaître aisément à leurs discours et dans leur gestuelle !!
Voila qui va plaire à Rome et à ce vieil atrabilaire de pape qu'était Grégoire IX !!!!!
Ce fougueux vieillard vindicatif qu'était Grégoire IX, ne va pas manquer d'utiliser les capacités de faux derche, de notre bougre de moine Robert !!!. Ainsi voyons nous dès 1232, notre mouchard investi des fonctions d'inquisiteur. Deux bulles papales, toutes deux du mois d'avril 1233, renferment quelques allusions au sujet des premières tournées inquisitoriales du bon frère Robert
L' hérésie sévissait dans la ville de la Charité sur Loire. le prieur Etienne de l'Abbaye de Cluny, s'était déjà mis en devoir de combattre le fléau, le pape s'empresse de recommander le Prieur au roi de France, pour qu'il fournisse des troupes afin d'assurer la mission, sans oublier d'affecter le frère Robert à cette mission
Notre bon moine dans son ardeur de "reconverti" va mener vigoureuse campagne dès son arrivée sur les lieux
Il commença par prêcher dans le but de ramener au bercail les brebis égarées, faut dire qu'il était doué le bougre, beaucoup d'hérétiques vont se convertir, dénonçant même leurs coreligionnaires, dans cet élan de foi retrouvée, le père livrait son fils ou sa femme, ou le fils dénonçait le père ou un frère, la femme dénonçait ses enfants son mari ou ses proches, bref le grand déballage !!!
Mais il est frustré le Robert !!, le gros des hérétiques échappait à ses belles paroles, il apprend que les Cathares fuyaient vers les régions voisines, Sens, Bourges, Rouen, Tours, mais aussi la Flandre et d'autres endroits environnants la France. Tout à sa mission il écume le bougre, il lui faut sévir, Robert va donc écrire à ce vieil acariâtre de pape, lui demandant le droit de pouvoir appliquer les décrets des conciles dans toute leur rigueur contre cette légion d'hérétiques. le pape Grégoire IX le félicite de son zèle !!
La bulle du 19 avril ordonne d'extirper l'hérésie à la Charité sur Loire et les régions alentours, c'est à partir de ce moment que furent installés " in regno franciae ", les premiers inquisiteurs apostoliques. Grégoire IX doit être considéré comme le véritable organisateur de l'inquisition papale.
Dès réception du document Robert se met au travail et fort de l'appui de notre bon roi Saint Louis il poursuit les hérétiques avec la dernière vigueur, à la Charité, un grand nombre va alimenter les Bûchers, comme le rapporte les écrits d'un contemporain Philippe Mousket
Le zèle du moine fut si grand qu'il alarma l"archevêque de Sens, les prélats des environs et l'archevêque de Reims !!. Ces derniers vont envoyer une virulente protestation au pape. Mais si il ordonne aux inquisiteurs d'interrompre leur besogne, si il cède aux archevêques, il brûle cependant du désir de faire rentrer ces ecclésiastiques dans l'obéissance! le pape rumine, il sait fort bien que l'hérésie régnait dans tout le royaume de France, il ne tardera pas à laisser éclater sa colère !!!
Par la bulle d'août 1235 il rétablit l'inquisition et nomme Robert comme inquisiteur général, le Robert reprend du service et il va se déchaîner le bougre, on torture on brûle on enterre vivant, le sinistre dominicain se surpasse !!
A Chalons sur marne on brûle de l'hérétique, à Péronne neuf, à Elincourt quatre seigneurs sont brûlés, puis Cambrai une sorcière et vingt hérétiques, à Douai on brûle dix vieillards, après on ne compte plus c'est le tour de Lille, Ascq, Lers, Toufflers, puis en Flandres on brûle des hérétiques usuriers.
Nous arrivons à Mont Wimer ou il en brûle 183 !!! Ce monstre sera finalement destitué par celui qui l'avait créé, Grégoire IX le condamne à la détention perpétuelle
Nota: On se demande, qui, de Blanche de Castille ou de son fils Saint Louis, encouragera le plus ce moine à multiplier les bûchers en France ????
PS: perso le nain l'aurait collé sur un bûcher avec du bois vert qu'il ai le temps de bien se rendre compte de ce que cela fait hein !!!....désolé je me laisse aller, sinon pour la documentation elle provient de la BNF comme d'habitude M de V
samedi 10 mai 2025
Les Jardins Vivriers Urbains au Bas Moyen Age
Le jardin qui jouxte la maison est ordinairement à l'arrière de celle-ci. Cette situation permet à l'occupant d'accéder de la rue à sa maison et de la, à son jardin à l'arrière, la fonction résidencielle primant avant tout
Le jardin étant terre de culture on peut avancer que ce dernier nécessite des soins journaliers. Ainsi pour des raisons de commodité le jardin trouve sa place tout naturellement jouxtant la maison
De plus dans le cas d'un Artisan ou d'un petit commerçant l'étal de vente se trouve devant donnant une vue sur le magasin ou l'atelier ( voir article les petits métiers de la rue ). Afin d'expliquer la présence de jardins à l'intérieur des villes il convient de parler de leurs propriétaires car bien sûr tout le monde ne possède pas un jardin vivrier es rues de la cité !!
Les Bourgeois on toujours passé pour aimer beaucoup les jardins, écrit G Riat avec raison dans son " Art des jardins ". C'est au XII et XIII siècles que la Bourgeoisie prend son essor!
Sans doute a-t-elle contribué à l'existance des jardins à l'intérieur des murs. Pour une ville comme Reims on constate que pour la riche paroisse de Saint Jacques, la grande majorité des jardins étaient couplés avec des maisons
Peut on y voir un lien entre le couple Maison-Jardin et l'aisance des propriétaires en milieu urbain ?....En excluant les ecclésiastiques (chaque maison religieuse ayant son jardin ) il semble que pour l'aristocratie et la haute bourgeoise ce soit le cas ????
Je rappelle que pour moi le Moyen âge est une cathédrale dont les piliers soutiennent 1000 ans d'histoire et dont le sol est pavé d'hypothèses plausibles ( j'avance la ma vision de copiste )
Car les populations gagnent du terrain à la fin du M-A surtout à partir de la guerre de cent ans, ou les gens en masse cherchent à habiter à l'abri des fortifications d'une cité !!!. Or donc on peut avancer que l'existence et l'entretien de jardins urbains sont liés au pouvoir financier de son propriétaire tout autant qu'à un état démographique
De par leurs petite superficie les jardins dit " Vivriers " intra-muros ne peuvent subvenir aux besoins alimentaires de toute une population urbaine. Ainsi très couramment il existe autour des villes, qu'elles soient grandes ou petites, ce que G-Duby a appelé " une auréole de jardinage "
Plus on s'éloigne des murs, plus vite apparaissent les cultures et jardins. Le paysage type de la banlieue d'une agglomération se composait shématiquement ainsi :
Proches de la cité ils sont d'un accés rapide pour pour les propriétaires urbains, de plus l'accès à l'eau est bien plus simple que dans les cités, tout le monde n'avait pas un puit dans son jardin loin s'en faut !!!
Il semble donc certain que les structures des villes du M-A, en France, ont comportés de nombreux jardins. Ils n'y occupaient cependant que des surfaces restreintes, mais celles ci s'étendaient dès qu'ils se trouvaient hors la commune cloture !
En fait le nombre et la densité des jardins intra-muros dépendaient de la surface de l'enceinte et du coefficient d'habitations. En général dans les petites agglomérations et dans les parties les plus anciennes de celle-ci les jardins étaient peu nombreux. Il semble cependant y avoir des exceptions, dont une se trouvant dans la région du Périgord ou votre Copiste le nain habite pratique hein !!!!!!!
On découvre dans les chroniques de Périgueux sous Louis XI, une description de la cité, ou il est dit comme suit :
Dans le corset bien serré de ses remparts et de ses trente et une tours, quel dédale de rues et de venelles, quel fouillis de maisons s'entassent sous les yeux de l'homme du Guet qui veille au sommet du clocher Saint Front.
Si étroites sont les rues, que le guetteur ne voit que toits aigus et petits jardins enclos de murs .....une exception qui confirmr la régle ???....peut être ?....n'étant pas Médiéviste je laisse à chacun le soin de se faire une opinion. Oui je sais c'est bien fourbe de ma part !!
PS : cet article est écrit suite à ma lecture d'une fort belle étude parue dans les cahiers de " Civilisation Médiévale " par Madame Elise Gisbert que je remercie M de V
mercredi 27 mars 2019
Le Déshonneur de Jean de Vervins XIV siècle
Tout commença ainsi. Dans les Flandres, après avoir saccagé les faubourgs de Chimay, les Français étaient revenus sans être inquiétés à Vervin et Aubenton. A quelques temps de la Jean de Hainault brûlant de se venger entra en Tiérarche. Les habitants d'Aubenton sont inquiets, car leur ville n'est entourée que de méchantes palissades, ils vont demander secours au Bailli de Vermandois, qui va envoyer Jean de Vervins, son oncle Thomas de Vervins, le Vidame de Châlons et 300 hommes d'armes
La garde de l'une des portes de cette cité fut dévolue à Jean de Vervins, lors de l'attaque Jean de Hainault reconnaissant le pennon de Vervins se jeta avec vigueur sur cet emplacement, comptant bien laver l'affront subit en 1340 !!!!. Il fit si bien qu'il s'empara de la porte et Jean de Vervins et son oncle sautant à cheval vont se réfugier précipitamment à Vervin, avait il les ongles trop pâles ?? cela expliquerais beaucoup de chose !!!!
Jean de Vervins avait d'excellentes raisons de rester attaché au service de Philippe VI de Valois, il était bien en cours et avait rendus divers services à la couronne de France !! alors pourquoi prit il le parti de trahir et rejoindre l'Anglois ???
Voyons ce qu'en disent ses contemporains !!!, épluchons les chroniques, elles racontent que Jean de Vervins organisa, en 1347, un complot visant à livrer Laon aux Anglois !!. Au premier abord il semble difficile d'admettre ce genre d'hypothèse, car on ne voit pas comment pendant le siège de Calais, les Anglois auraient pu distraire des troupes et s'engager jusqu'à Laon ??, alors que la région était sillonnée de gens d'armes se rendant à la convocation du Ban du roi de France, en vue de dégager Calais ???. Cependant certains faits ne peuvent être niés, alors fouillons plus loin !!
Si l'entreprise n'était pas concevable pour les Anglois dans une région fort peuplée et pourvue de nombreux châteaux, du moins pouvons nous admettre qu'il voulait se la faire livrer pour lui même avec l'aide d'un petit contingent anglois venant épauler ses propres forces ???. Toujours est il que dans ce cas il lui fallait des complices dans cette cité
Il en trouva, et le principal d'entre eux était l'Avocat Gauvin de Belmont, fixé à Metz, mais qui avait une maison dans Laon, celui ci aurait imaginé un plan, paraît il, celui de creuser un souterrain de sa cave et menant dans la campagne, afin de faire pénétrer des hommes d'armes !!. On reconnait bien la l'imagination populaire, laquelle voit des souterrains partout dès qu'il y a complot.
Bref il arriva que ce complot eut des fuites, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'entreprise, il y eut un complice indiscret qui dénonça tout. Il se nommait Colin Thommelin, forgeron de son état, originaire de Laon, que la misère avait mis sur les routes le chassant de son pays natal.
L'homme devait servir de courrier et porter une lettre expliquant le complot à Edouard III, mais à peine eut il le document en main qu'il vit le parti qu'il pourrait en tirer pour lui et sa famille, nécessité faisant loi, il l'apporta au roi, oui, mais de France contre récompense !!!!. Sans tant languir ce dernier fait entreprendre des recherches
On finira par trouver le Gauvin Belmont, l'avocat véreux c'était réfugié à Reims, caché sous l'habit du Carmel, l'homme se faisait passer pour un prêtre, allant même jusqu'à entendre les fidèles en confession !!!. Arrêté en avril 1347 puis transféré à Laon pour y être condamné par l'official à la prison à perpétuité !!. Mais la ville était en émoi, les habitant menant grand tapage, huchaient à gueule bec qu'ils voulaient le traître !!. Désirant calmer la foule la municipalité décida de montrer le Gauvin, on le mit donc sur un chariot couvert de chaines
Mais le peuple dans un accès de fureur, qui ne fut peut être pas spontané, l'accabla de moult jets de pierres !!!, l'avocaillon eut le crâne fendu et en mourut dans de vives souffrances !!!. Jean de Vervins trouvant que l'affaire se gâtait, jugea prudent de déguerpir, tout en laissant dans son château de Bosmont, une garnison de 60 archers Anglois, qui ravagèrent le pays à trois lieues à la ronde !!
Le bailli de Vermandois, le Comte de Roucy et des gens de Laon attaquèrent ce repaire de brigands, après un siège très vif, la place se rend, on laisse la vie sauve aux défenseurs, puis on rase le château, à l'emplacement duquel, plus tard on érigera un gibet !!. Voila ce que nous apprennent les chroniques et ce jusqu'à la découverte d'extraits inédits, des écrits de Jean de Noyal, Abbé de Saint Vincent de Laon !!!!! Comme quoi fouiller dans les archives n'est pas dénué d'intérêt !!
On y apprend pourquoi Jean de Vervins est passé à l'ennemi, il avait été vaincu en champ clos lors d'un duel judiciaire en présence du roi de France, par un chevalier nommé Henri du Bos ou du Bois. Voila ce qu'il c'est passé, si nous ne connaissons pas la cause réelle du conflit entre les deux hommes, les menant au champ clos, du moins savons nous que Jean de Vervins accusait Henri du Bois de l'avoir envoûté, ou fait envoûter, puis de s'être vanté qu'aucune femme ne saurait lui résister !!!, toujours est il que l'affaire arriva aux oreilles du roi
Notre Philippe VI de Valois, plus chevalier que roi, les fit traduire devant son parlement, pour une mise en accusation, afin qu'ils puissent y jeter leur gage de bataille! La date du combat singulier fut fixée au 13 avril 1344 et devait avoir lieu à Gisors, et un texte contemporain nous apprend de la façon la plus positive, que nos adversaires se rencontrèrent aux conditions décidées !!
Henri du Bois en sorti vainqueur, le roi qui assistait à ce combat, accorda la vie sauve à Jean de Vervins pour services rendus. Ce dernier ne put en prendre son parti et ravalant sa bile, il rejoignit le camp Anglais, devenant traître par esprit de vengeance, ce qui ne lui porta pas chance car il mourut peu de temps après !!
PS: documentation BNF, livre de l'école des Chartes, et un peu de prose de votre copiste M de V
dimanche 9 juillet 2017
Jeanne II reine de Navarre Comtesse d'Evreux
Toute la jeunesse de Jeanne sera entachée par la faute de sa mère, et par le fait qu'on ne la reconnaissait pas comme légitime fille du Hutin, même son père la croyait bâtarde d'un des frères d'Aulnay.
Or donc, Louis X en mourant, ne laissait que sa fille Jeanne à la succession des deux couronnes, France et Navarre, qui toutes deux lui revenaient de droit. Mais Charles comte de Valois l'oncle, et ses deux cousins, Philippe comte de Poitiers et Charles comte de la Marche, bourdonnent furieusement dans la ruche royale
Philippe Comte de Poitiers, rentre précipitamment d'Avignon, afin de s'emparer de la régence, avec l'appui non négligeable d'un fort parti de barons lui ayant rendu hommage.
Une fois régent, il se heurte au Duc Eudes de Bourgogne, qui dans la crainte de quelques fraudes envers sa nièce Jeanne, demande qu'elle lui soit confiée, jusqu'à ce que soit statué la succession au trône, elle sera donc élevée parmi les proches de cet oncle du côté maternel. On peut penser que les actes de cet oncle furent désintéressés, du moins au début!!!
En juillet 1316, le Duc de Bourgogne, passe un accord avec le Régent, sous forme de traité, il est stipulé que Jeanne aurait en héritage, aussitôt qu'elle serait en âge de se marier, le royaume de Navarre et les comtés de Champagne et de Brie.
La condition de ce traité était que Jeanne abandonne la succession et les prétentions au trône de France, en cas de refus, la couronne de Navarre et les deux comtés resteraient attachés au royaume de France.
Le régent sera sacré roi à Reims, sous le nom de Philippe V le long, en présence de Louis comte d'Evreux, frère du feu Roi de Fer, et de quelques barons, les portes de la ville closes et sous haute surveillance, son oncle et son frère, évincés du pouvoir, ne vinrent pas.
Autre grand absent, Eudes IV de Bourgogne, qui lui refusa tout bonnement d'y assister. Philippe V pour remercier son oncle Louis d'Evreux, de son appui lors de son sacre, va ériger en Pairie, son Comté d'Evreux.
Eudes de bourgogne et la noblesse de Champagne se sont alliés pour défendre, dit on !!, les droits de sa nièce Jeanne, héritière de la couronne de Navarre, un nouvel arrangement s'instaure sous forme de traité;
C'est la farce du roi dépouillé!!!, Eudes au nom de Jeanne, renonce aux droits qu'elle pouvait avoir sur la couronne de France, mais aussi sur celle de Navarre!! le tout au profit de Philippe V le long, on ne lui laisse même pas ses comtés de Champagne et de Brie.
En échange, on lui fait don de quelques miettes, à savoir, 15000 livres de rentes sur le comté d'Angoulême et la châtellenie de Mortain et une somme de 50 000 livres, afin de faire passer plus facilement cette inique spoliation!!
Dérisoire compensation par rapport à la perte d'un royaume de Navarre et de ses deux Comtés de champagne et de brie, Eudes se devait de faire ratifier le traité par sa nièce lorsqu'elle aurait 12 ans
En juin 1318 Eudes de bourgogne, obtenait en récompense de sa fourberie, dans la spoliation de sa nièce, ce traité inique lui apportait la main de Marguerite la fille aînée du roi Philippe V le long!! Tout le monde plumait cette pauvre Jeanne.
Dans le même temps, Louis Comte d'Evreux, fait épouser Jeanne par son fils Philippe, il a 13 ans et Jeanne n'en avait que six, elle est confiée à Marie de Brabant, mère du comte d'Evreux.
Bien sur!! Eudes n'en avait plus besoin, il avait obtenu ce qu'il voulait, il fallait laisser les autres profiter de l'occasion pour grappiller quelques miettes!!
Mais voila! même si Philippe V le long gardait le royaume de Navarre, grâce aux malversations des uns et des autres, ils avaient oubliés une composante essentielle de l'équation, les Navarrais!!!
Les nobles de ce royaume de Navarre vont le traiter d'usurpateur et il eut contre lui toute la population de ce pays, les gens commencèrent à ruer dans les brancards et la patience dans cette région n'est pas une vertu cardinale!!!
Philippe V le long meurt en 1322, le dernier des fils du roi de fer monte sur le trône, et croyez moi, c'est loin d'être une lumière, Charles IV le bel, surnommé " l'oison, tant il était niais "
Il voulut brûler les étapes en forçant les états de Navarre à lui jurer fidélité, il faut dire qu'il était conseillé par son benêt d'oncle, Charles de Valois, ( ce dernier comptait bien en sous main gouverner le pays ) mais Charles IV meurt à peine six ans après son frère.
Les Valois succèdent au trône des Capétiens, Philippe VI est le digne fils de son père!!! Charles Comte de Valois, par certains côtés il est même pire ( surnommé par les Anglais le roi trouvé )
La France voulut soutenir les droits de ce roi sur la couronne de Navarre, alors même qu'il n'avait pas droit à celle de France!!!
Les Navarrais se rebiffent, les jurisconsultes et le peuple de Navarre disent qu'ils placent le principe d'hérédité bien au dessus d'une prétendue loi salique apportée d'un pays inconnu par eux!!
La colère fut à son comble quand le roi de France ordonne la réunion des états Navarrais, afin qu'il soit reconnu comme roi. Les états vont proclamer sa déchéance et reconnaître Jeanne pour Reine
Une députation apporte cette proclamation à Jeanne Comtesse d'Evreux, elle récupère sa couronne à l'âge de 18 ans, le roi de France renonce à sa deuxième couronne face à l'attitude belliqueuse des Navarrais.
Mais cette reine de Navarre reste spoliée, elle continuait à manger son rôt à la fumée!!! elle ne vit jamais cet hypothétique Comté d'Angoulême, ni cette châtellenie de Mortain, qu'elle aurait du recevoir en échange de ses possessions. De plus jamais elle ne récupérera ses Comtés de Champagne et de Brie.
Comment voulez vous que plus tard son fils Charles II roi de Navarre et Comte d'Evreux puisse supporter les Valois.
PS: Si pour Philippe VI le roi de fer était son grand oncle, pour Charles II c'était son arrière grand père, sa filiation était plus droite en matière de succession que celle du roi trouvé, de même que pour Edouard III d'Angleterre, pour qui le roi de fer était son grand père. C'est donc bien cette loi salique sans aucun texte écrit qui fut à l'origine de la guerre de cent ans ( 116 ans) M de V
vendredi 21 janvier 2022
Moyen âge le Voeu de Pèlerinage 2/3
Avant de cheminer il nous faut cependant mieux cerner ce pèlerin médiéval, le saisir dans l'effort quotidien de son engagement, depuis son voeu jusqu'au matin radieux du terme de son voyage !!
Il n'existe guère, faut il le préciser, de mesure commune entre la puérilité des serments irréfléchis d'une civilisation comme la nôtre et la décision héroïque par laquelle un Seigneur, un Bourgeois ou un Paysan du moyen âge se font les vagabonds de Dieu !
Il ne me semble pas, mais le nain peut se tromper, que la satisfaction d'intérêts purement matériels, comme la réussite d'une entreprise humaine par exemple, aient inspiré un grand nombre de voeux.
L'homme médiéval, je crois, n'attacha jamais à ses aises une importance extrême, la vie était rude au moyen âge et le Seigneur, le Bourgeois ou le Paysan ne l'étaient pas moins, mais ils avaient ce bon sens pratique de prendre sans rechigner ce que la vie leur offrait !







































