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mardi 4 juillet 2023

N°470) zoologie dans l'Extrême Orient Médiéval (III)

En Inde dès la plus haute antiquité ils s'étaient intéressés aux animaux, surtout aux mammifères et aux poissons dont ils avaient même tenté des classifications. Ce goût pour la zoologie pratique persista dans l'Inde médiévale et nous ne donnerons ici qu'un seul exemple : l'encyclopédie " Manasollasa " qu'écrira le roi Somesvara vers 1127 ou toute une partie est consacrée à la pêche et aux poissons

Ce souverain naturaliste que l'on pourrait rapprocher de son contemporain occidental Frédéric II (voir article I), étudie assez bien la morphologie et les moeurs des animaux dont il tente une intéressante classification. Il les divise en espèces marine, puis d'eau douce, et d'estuaire les subdivisant  en formes, c'est à dire avec ou sans écailles. Un zoologiste Indien (Hora), a reussi dans les années 1950, à déterminer avec succès ces poissons, en se basant  sur l'étymologie de leurs noms en sanscrit et d'autre part sur les indications morphologiques et biologiques que donna Somesvara

La Chine :Nous ne dirons que quelques mots de la zoologie chinoise médiévale, d'abord parce qu'elle est très mal connue, et ensuite parce qu'il est difficile d'appliquer à la chine la notion de Moyen âge telle qu'elle est comprise en Occident. pour divers hitoriens. Le Moyen âge en Chine pourrait s'étendre en fait du X siècle au XVIII siècle






Prenons l'époque qui correspond plus ou moins exactement au Moyen âge occidental, c'est à dire celle comprise entre 420, début des dynasties du Nord et du Sud et le milieu de la période Ming allant de 1368 à 1644

L'histoire naturelle en Chine fut essentiellement étudiée  en liaison avec la matière médicale dans les recueils appelés " Pen Ts'ao ". Ce sont des herbiers ( traités de botanique médicale ), mais on y trouve souvent aussi des listes de minéraux et d'animaux

Le plus ancien daterait de 200 avant JC " Chen Nong Pen Ts'ao ", de nombreux autre furent écrits sous les dynasties T'ang, Song etc...pour aboutir au plus important de tous, celui de Li Che Tchen 1518-1593 nommé le " Pen Ts'ao Kang mou "   

Ces recueils désignent en fait plusieurs sortes de petits animaux, comprenant aussi bien de véritables insectes, myriapodes, arachnides, crustacés et mollusques, que des amphibiens, crapauds et grenouilles !

Nous voici donc revenus  à la classification de Thomas de Camtimpré (voir article I) et d'autres auteurs de l'Occident. L'illustration de certains recueils furent réédités à Pékin :






On y voit des représentations d'insectes, coutilières, cigales, guêpes avec leur nid, mantes religieuses, puis des myriapodes, des crabes et autres mollusques, ainsi que divers vertébrés comme le buffle, le pangolin, l'écureuil volant. Puis des chauve-souris, des cerfs avec détails du développement des bois et pour finir poisson-chat, poisson-scie, et cormorans

Si l'on en croit nos doctes historiens les chinois seraient les plus grands illustrateurs zoologiques du Moyen âge, mais certaines peintures et dessins sont fort difficiles à dater avec précision !!!. On trouverait aussi des notions de zoologie dans l'oeuvre de Lao Tsé et de ses disciples, ainsi que dans divers autres textes, comme dans une Anthologie de l'époque T'ang du IX siècle

Rappelons aussi le Traité sur les crabes de Fou Kong (1039), et celui sur les grillons de Kia Sseu Tao, ministre d'état sous la dynastie Song au début du XIII siècle 

Citons aussi Ye Jin Yan, dans ce même XIII siècle, qui eut l'idée d'introduire dans les huîtres perlières de menus objets qu'il retirait ensuite enrobés de nacre, découvrant ainsi la genèse de la perle de culture. la civilisation chinoise s'est intéressée  aux animaux plus pour son plaisir que d'un point de vue zoologique !!





Conclusion : L'étude des animaux fut donc loin d'être négligée au Moyen âge, tant en Occident qu'en Orient, de nombreuses espèces  d'i  nvertébrés et surtout de vertébrés font l'objet de commentaires détaillés

On les décrits, on s'intéresse à leurs moeurs, les faunes locales ou exotiques attirent l'attention de divers observateurs et le nombre des espèces connues augmente sensiblement

Un parallélisme presque absolu peut être établi entre la zoologie occidentale et orientale qui restent toutes deux fortement tributaires de la tradition antique, de la religion, du folklore et des superstitions

Mais par un curieux paradoxe, ces tendances scolastiques et mystiques sont contrebalancées par d'indiscutables préocupations utilitaires : On s'intéresse aux animaux surtout pour des buts pratiques...chasse, pêche, agriculture, sport, matière médicale etc... 

Mais d'ores et déjà nous devons une fois de plus, ne pas nous montrer trop sévères pour le Moyen âge ou la zoologie possède ses incontestables lettres de noblesse. Ces trois articles sont tirés d'un document de Jean Théodoridès chargé de recherches au CNRS....M de V 


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