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samedi 24 juin 2017

La Prévôté de Paris sous Etienne Boileau

La charge de Prévôt de Paris avait été mise en fermage, or donc n'importe quel particulier possédant une fortune à la hauteur de cette ambition, pouvait acheter le titre et en exercer la fonction.

De riches bourgeois s'intéressant à ce poste, le roi Saint Louis (Louis IX) craignait que se forme une municipalité au sein de sa Capitale, il va choisir de perdre de l'argent en ne vendant pas cette fonction et placer Etienne Boileau comme Prévôt Royal.

Néanmoins les bourgeois furent autorisés à se doter d'un Prévôt des marchands, dont les pouvoirs et la compétence devaient se limiter au négoce et aux affaires commerciales (ce qui fut loin d'être une bonne idée dans l'avenir avec un prévôt comme Etienne Marcel )



De nouveaux offices furent crées, premièrement un Chevalier du Guet, placé sous l'autorité du Prévôt, il contrôlait et commandait les deux guets de Paris.

Puis les Lieutenants civil et criminel,eux aussi sous la tutelle du prévôt, qui peu à peu vont assurer les fonctions de police du prévôt. Plus tard en 1306 sous Philippe le Bel vont apparaître les commissaires enquêteurs qui avaient aussi fonction de juge d'instruction.

Paris vers la fin du XIII siècle et début XIV siècle frisait les 200 000 habitants, c'était la plus grosse capitale d'Europe. Elle disposait de deux organisations du maintien de l'ordre, diurne et nocturne.



Le Jour: les forces de police comprenaient, les Sergents seigneuriaux, les Sergents Royaux et la milice.

Il existait sur Paris des dizaines de justice seigneuriales, en grande majorité ecclésiastique, cloîtres, monastères, templiers, évêché. Cet état de fait compliquait de beaucoup le travail quotidien des sergents royaux.

Un malfaiteur fuyant le guet royal pouvait en changeant de rue, changer de juridiction. Il pouvait alors essayer de se faire juger par un tribunal ecclésiastique, considéré à l'époque plus clément que le Châtelet!!

Le guet royal: dans l'époque considérée, le prévôt disposait de vingt cavaliers et de 50 sergents à pied commandés par le chevalier du guet.

Nos sergents à pied ( nommés aussi sergents à verges ) n'avaient pas bonne presse en ville, et pour cause !!!, cette charge s'achetait et bien souvent le sergent se remboursait par de coutumiers abus de pouvoir, ou des arrangements illégaux, certains gardant même leur ancien métier



La Milice parisienne: Elle regroupait des habitants de quartiers, l'organisation et le commandement s'organisait comme suit, le Quartenier (commandant du quartier), un ou deux cinquanteniers commandant chacun cinquante hommes, répartis en cinq groupes de  dix hommes, commandés par des dizainiers, chargés de faire respecter les décisions et les règlements du parloir des bourgeois.

La nuit les portes de la ville étaient closes et des chaines barraient les rues, la sécurité était assurées par le guet royal et le guet bourgeois, le premier était chargé de capturé les malfaisants qui pullulaient dans les rues, les locataires indélicats et les habitants surpris dans les rues après le couvre feu.

Ce qui était fort peu fréquent pour les uns comme pour les autres, par le fait qu'ils se déplaçaient dans un bruit de ferraille à vous ruiner les oreilles, il faut bien dire que le déplacement en armure ou en cotte d'arme n'a rien de discret!!

Le guet des métiers: depuis 1254, chaque jour une corporation désignait soixante des siens, qui se rendaient le soir au Châtelet pour la garde de nuit. Ces bourgeois étaient alors répartis par le chevalier du guet, en différents endroits de la capitale, ils y passaient la nuit sans quitter leur poste, d'ou le nom de guet assis, et dieu sait qu'ils portaient fort bien leur nom !!!!!



Cette obligation du guet pour les métiers est due jusqu'à l'âge de 60 ans et revenait toutes les trois semaines!!!


La fréquence de cette garde de nuit provoqua de nombreuses défections, il n'était pas rare de voir des commis remplir les devoirs du guet en lieu et place de leurs patrons moyennant finances.


La prévôté va donc par un ordonnance, obliger les bourgeois, ne pouvant se rendre au guet, de prévenir le soir même le chevalier du guet !! Pour ce faire il devait envoyer sa femme, ou une femme de la famille, sinon une amende ou une saisie de biens punissait le bourgeois fraudeur. Comme aucune femme, ne pouvait le soir venu se risquer impunément dans les rues, la mesure était efficace!!.

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