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lundi 26 juin 2017

La Forêt nourricière, une source d'emploi au moyen âge

Pour les ruraux du moyen âge la forêt est avant tout perçue comme un lieu de travail pour les uns et une annexe de leurs champs pour les autres, omniprésente dans l'environnement médiéval, elle est le lieu qui abrite les ressources vitales pour l'homme.

C'est un espace de cueillette offrant quantité de champignons, racines, plantes, sucres d'érable et de bouleau, feuilles pour composer boissons et médecines. Puis les fruits, les faines dont on fait de l'huile et les châtaignes, aliment de base de la table médiévale, surtout pour les pauvres.

Puis comme réserve de chasse, les sangliers et cervidés y foisonnent, leurs viandes et leurs cuirs sont très appréciées




Ours, Lynx et loups qui menacent les troupeaux sont la proie des chasseurs, certaines sont chassées pour leurs viandes et aussi pour le danger qu'elles représentent, mais aussi pour leurs fourrures.

Recherchés aussi pour leurs fourrures, sont les hermines, écureuils, martres et bièvres ( castors), la chasse étant le domaine réservé de la noblesse, le vilain est obligé de se réfugier dans le braconnage,

Technique que l'on apprend aux enfants dès sortis des langes, afin d'attraper le petit gibier à poils ou  à plumes, écureuils, faisans et lapins etc.



La forêt est la réserve de bois de chauffage et du petit artisanat paysan, manches d'outils, clôtures, réparations de toitures, mais elle offre également un large choix d'essences pour la construction.

Pour construire, églises, monastères, cathédrales et châteaux, il faut des arbres centenaires, face à ce constat l'homme médiéval va mettre en place les réserves afin de protéger les essences de bois de construction.




Le livre de Gaston III de Foix Béarn dit Phébus, illustre à merveille cet espace, lieu d'opposition, entre ceux qui entendent défricher, les autres qui désirent faire pâturer leurs troupeaux, les demandes des négociants en bois et ceux qui se plaisent à y chasser.

La forêt devra son salut aux efforts conjugués de nos rois et des monastères, soucieux du bon usage des ressources qu'ils savent fragiles et périssables

Le peuple des boisilleurs est très largement représenté, tout comme celui du peuple sylvestre, ateliers et fabriques sont tributaires du bois et du charbon de bois.

Les métiers qui utilisent le feu doivent donc disposer de stocks conséquents, afin d'alimenter, les forges des forgerons, et les fours de verriers, de potiers, puis les feux des briqueteries.



Les charbonniers ne manquent pas de clients, tous ces artisans vont en forêts pour leurs prendre leur charbon de bois, tout comme les charpentiers, les charrons ( fabricants de chars, charrettes, tombereaux et brouettes), vont voir les bûcherons pour leur bois.

La forêt est le théâtre d'une immense activité, que l'on à du mal à imaginer de nos jours! Mais continuons notre promenade en forêt, et allons à la rencontre d'autres métiers. Les chercheurs de miel et de cire sauvage, côtoient les peleurs d'écorces ou risquiers (récoltant le liège).




Eux même croiseront les gemmeurs qui entaillent les pins pour récolter la résine dans des pots de terre cuite, ces derniers iront peut être boire un coup dans les cabanes de fortunes aux toits de terre, qu'installent les verriers, les plâtriers et les briquetiers le temps de leurs récoltes.

Mais ces gens ont désormais une approche rationnelle de l'exploitation forestière, et chaque métier à sa saison particulière.

Le bûcheronnage à lieu en hiver, juste avant l'écorçage qui lui doit se faire avant la montée de sève, le charbonnier attendra que le bois soit sec pour venir en forêt, il faut aussi tenir compte de la praticabilité des chemins, en très mauvais état, vous ne pouvez risquer votre tombereau et son chargement à n'importe quel moment de l'année.




En hiver les pauvres se louent à la tache pour les bûcherons et pour le débardage, ou ils aideront les peleurs d'écorces, peut être même les charbonniers tout dépend de la demande, une fraternité des métiers de l'homme des bois émerge lentement.

Puis se sont les monastères qui initient le mouvement de l'essartage, promettant aux essarteurs un avenir de tenancier agriculteur sur les terres défrichées leurs appartenant, conjuguant ainsi religion, promotion sociale et occupation des sols.

Forme de charité ou les moines s'efforcent de donner du travail au plus grand nombre de gens, vivants à proximité de leur domaine afin qu'ils mangent à leur faim, et ce marché profite à la communauté.



Il y avait aussi dans le monde des boisilleurs, les faiseurs de cendres, utilisée pour la fabrication du verre et du savon, d'autres arracheurs d'écorces d'essences différentes, qui servaient à tanner les cuirs ou à tresser des cordes, les fabricants de planchettes, ces tuiles de bois qui recouvraient les toitures.

Les ramasseurs de faines qui faisaient de l'huile, sans compter le houblon sauvage et les fruits sauvages, pommes, poires, alises, prunelles.

Bien souvent on arrachait quelques uns de ces arbres pour les greffer ensuite dans les vergers autour du village, tout un monde du travail de l'échange du troc, ou l'entraide au sein de la communauté n'était pas un vain mot. M de V





l'Hôtel Dieu au moyen âge



La pauvreté et la misère était un phénomène incontournable de l'époque médiévale, il devient une occasion de rédemption pour beaucoup de gens fortunés du Clergé de la Bourgeoisie et de la Noblesse, ils y verront une façon de racheter leurs péchés en venant en aide aux plus démunis.






Les œuvres vont permettre de créer ces Hôtels dieu qui lient étroitement piété et soins médicaux

L'église est toute puissante, tant au point de vue administratif que thérapeutique, la création de ces édifices dédiés aux soins des indigents, procède de cette tradition de charité qui perdurera bien après le moyen âge.

Les malades de tout âge, condition, sexe, religion ou nationalité, étaient admis à l'hôtel dieu, sauf ceux atteint de maladies contagieuses, comme la peste, pour lesquels il existait d'autres établissements.






Le taux de mortalité d'un hôtel dieu était important, plus de 20 %, mais comme ils couchaient nus à plusieurs dans le même lit ( au minimum trois )

Cela faisait que dans chaque lit, selon l'expression de l'époque,il y avait " le malade, le mourant et le mort ", chaque établissement possédait donc son propre cimetière.









L'hôtel est établis au bord d'une rivière ou d'un fleuve, qui jouait le rôle d'égouts, mais permettait aussi la lavure, cette corvée de nettoyage des draps, qui selon la taille de l'hôtel dieu représentait plusieurs centaines.

L'accomplissement de sa mission de charité pousse l'établissement et son gestionnaire à rechercher sans cesse des nouveaux revenus, patrimoine fonciers en ville ou à la campagne, donations de particuliers, qu'il exploite directement ou indirectement, en percevant des loyers et en louant fermes et terres à des métayers.







Chaque évêché organise autour de sa cathédrale un service d'assistance et d'accueil aux plus démunis, le chapitre de l'évêché exerce un contrôle sur le personnel de l'hôtel dieu, il nomme les religieux qui y seront affectés sur proposition de la communauté.

Le chapitre est le seul à pouvoir destituer le Maître de l'hôtel dieu ou la Prieure des moniales qui y pratiquent les soins.

Les Chanoines font de fréquentes visites au sein de l'édifice, y contrôlant les bonnes mœurs des religieux et religieuses qui travaillent dans cet endroit.

Ces chanoines du chapitre de l'évêché contrôlent aussi la gestion de l'établissement, car le maître doit présenter annuellement ses comptes au chapitre.








Ce pouvoir exécutif de l'évêché donne aussi son accord avant toute transaction financière de bien immobiliers, achat, vente, mise en location.

Il y a est donc nécessaire que l'édifice soit construit à proximité de l'évêché afin de faciliter les contacts et les échanges entre les chanoines cathédraux et les religieux hospitaliers.

Pour l'organisation les hospitaliers sont sous la responsabilité du maître, qui a la charge d'administrer et de gérer son patrimoine foncier









 Les frères hospitaliers ont également un rôle spirituel important à jouer au sein de l'édifice et ceux d'entre eux qui sont prêtres célèbrent la messe dans la chapelle.

La Prieure est complémentaire du maître, elle dirige les soeurs qui se consacrent aux soins des malades et aux taches ménagères.

Le personnel auxiliaire peut être clerc ou laïc pour aider dans les taches de la vie quotidienne, chambrière, barbier, chirurgien cuisinier, le maître peut aussi faire appel à des conseillers juridiques et aux gardes de la prévôté.







Les hôtes de ces établissements sont assez variés pour êtres cités, en plus des pauvres et des malades, on trouvait aussi les pèlerins, des enfants, des rendus ( personnes qui se donnaient à l'hôtel dieu pour y finir leurs jours ), puis des écoliers et des hôtes de passage dans la cité.

Ces gens sont logés dans des salles communes, sauf ceux qui payent et sont placés en chambre d'hôtes, mais tous disposent d'une couette d'une couverture et de coussins.

Une alimentation diversifiée leur est administré, comme partout à cette époque, pain et vin sont la base du repas, le companage en légumes, viandes, fromages et fruits secs viennent les compléter, il existe une nourriture à part pour les plus faibles.








La période de la guerre de cent ans, ne facilite pas la gestion, par l'afflux grandissant de victimes, mais aussi à cause des fermiers métayers locataires des terres de l'hôtel dieu.

Qui voyant leurs terres et leurs fermes dévastées, par les chevauchées anglaises, ou par les bandes de routiers pour leurs propres comptes, ne peuvent plus payer les loyers.


Ces revenus de locations sont payable soit en argent soit en nature, ce cas était le plus fréquent peu de gens à cette époque disposaient de liquidités, le paiement se faisait le plus souvent en grains et autres céréales, en vin ou en laines voire même en cires.




PS: Ce n'est vraiment qu'au XIV siècle, et seulement dans les grands Hôtels dieu qu'apparaissent des médecins et des Barbiers chirurgiens attachés à demeure aux soins des malades. M de V

dimanche 25 juin 2017

la vie des moines au moyen âge

Les moines du Grec monos, signifiant seul, vivaient dans les monastères ou Abbayes, lieu de vie communautaire exclusifs aux moines, ils sont dirigés par un Abbé, ordonné prêtre et un prieur, l'abbé est considéré comme leur père.

Deux cas peuvent se présenter pour devenir moine, ou un adulte quittant famille et métier abandonne le monde conventuel pour la prière, ou il peut être offert dès l'enfance par les parents.

Mais ce procédé fut bien vite abandonné, il apparu bien vite aux Abbés que beaucoup de parents se débarrassaient d'enfants indésirables ou purement et simplement qu'ils ne pouvaient plus subvenir aux besoins de l'enfant. Le futur moine devait être consentant.




Ils s'engagent pour la vie dans ce monastère et n'ont pas le droit de franchir la commune clôture, selon la taille de l'édifice, de son prestige et de sa fortune, il se composait de plusieurs salles, de un ou plusieurs étages, d'une infirmerie, une hôtellerie ou des chambres d'hôtes, un scriptorium, un dortoir, une salle capitulaire pour les réunions, un chauffoir seule pièce chauffée du monastère.

Nous trouvons aussi une herboristerie, un potager, un jardin aux simples, un verger, des cultures et des animaux, sans oublier bien sur une église pour prier.


Souvent construit dans des régions isolées, afin d'avoir l'espace nécessaire pour cultiver et produire la nourriture pour vivre. Car il était fréquent de trouver des communautés de plus de cent moines dans un monastère.








Si leur fonction première était de prier pour le commun des mortels ils devaient aussi travailler dur pour vivre, recopier des manuscrits au scriptorium, sans oublier le devoir d'accueil aux errants des chemins du moyen âge, d'ou la nécessité de l'hôtellerie.

Le devoir d'assistance comprenait aussi les soins aux malades et blessés, ce qui nécessitait une infirmerie, une herboristerie et des moines compétents dans ces domaines.

Nos moines ont un emploi du temps très chargé, si l'on compte les huit prières par jour et le travail quotidien, il ne leur reste guère de temps pour s'ennuyer.

Lorsqu'ils accomplissent leurs taches quotidiennes, le déroulement en a été décidé dans la salle capitulaire comme tous les jours, qu'ils soient aux champs, aux cuisines, à des taches domestiques, ou de divers métiers, copiste, infirmier, herboriste etc.....







 Le travail de ces hommes vivant en autarcie était réglé par un emploi du temps immuable:

de 1h à 2h00 office de Matines
  2h00 - 3h30 repos
  3h30- 4h30 office de Laudes
 4h 30- 6h00 repos
 6h 00- 6h30 office de Prime
 6h 30- 7h00 réunion salle capitulaire
 7h 00- 9h00 travail
 9h 00- 9h30 office de Tierce
 9h30- 11h30 travail
11h30- 12h30 office de Sexte
12h30- 13h00 déjeuner
13h00- 15h00 repos
15h00- 15h30 office de None
15h30- 18h00 travail
18h00- 18h30 office de Vêpres
18h30- 19h00 dîner
19h00- 19h30 lecture commune
19h30- 20h00 office de Complie
20h00- 01h00 dortoir





Le monastère reste avant tout un centre de diffusion religieuse, avec l'accueil des pèlerins, des voyageurs et des pauvres, ils pouvaient aussi être eux même un lieu de pèlerinage.

S'ils disposaient de reliques d'un Saint ou d'objets réputés faire des miracles, les gens se pressaient en masse pour se recueillir sur ces reliques.

Certains lieux pouvaient atteindre une renommée européenne et les offrandes faites à la châsse ou au reliquaire pouvaient être conséquentes et apporter une aisance certaine au monastère.

Ils pouvaient aussi avoir une réputation dans le domaine des boissons, bières ou vins, voir même dans la confection de certains remèdes efficaces.

Beaucoup de personnes d'horizons et de métiers différents devenaient moines, ce qui formait un réceptacle de savoir de bien des corps de métiers.






Les monastères apparaissent comme des pôles de stabilité et des organisations économiques innovantes, dans une société instable ou la misère et très présente.

Leur fonction sociale de chanter la louange de Dieu ( opus dei), est perçue comme vitale par la communauté des fidèles de ce moyen âge profondément religieux.

Par leur puissance économique ils dominent la société médiévale, puis par leur activité intellectuelle ils contribuent aussi à la résurrection de la culture antique et de la culture en général.

Pour prier Dieu comme il convient les Abbés et les moines de nos monastères ont le souci de revenir aux sources.

Ils se plongent dans la lecture des ouvrages antiques, ainsi redécouvrent ils le latin passablement oublié à l'aube du moyen âge, ils iront jusqu'à créer un latin médiéval qui va devenir pour de longs siècles la langue de l'Europe lettrée.

PS: les églises collégiales de Terrasson, Saint Amand de Coly et Saint cyprien, en Dordogne, ont eu à leur commencement, des reclus du temps de Clotaire Roy de guyenne en l'an 620. Ces moines anachorètes avaient fait voeu de demeurer clos en cellule toute leur vie.

Chaque cellule était bâtie dans les murs de l'église de telle sorte qu'ils pouvaient par une petite ouverture voir l'autel, assister à messe et communier. Sur le côté opposé à cette fenêtre on trouvait un passage permettant de bailler victuailles au reclus ( chronique de Jean de Tardes, Chanoine Théologal et Vicaire général de Sarlat ).....M de V

N° 75) Christine de Pizan 1364-1430

Christine va naître à Venise en 1364, elle passera son enfance à la cour du Roi Charles V, ou elle rejoint avec sa mère et ses deux frères, leur père Thomas de Pizan.

Tommaso Benvenuto da Pizzano, est médecin et Astrologue ayant une très grande réputation de part ses prédictions, très en vue à la cour il meurt en 1387 à l'âge approximatif de 80 ans.

Christine reçoit à la cour une éducation soignée, mais pas autant que son père le désirait, car l'épouse de ce dernier souhaitait cantonner sa fille dans les travaux d'aiguilles et les devoirs d'une femme de cette époque. Néanmoins cette enfant très douée va développer petit à petit un gout certain pour les lettres, quoi d'étonnant à la cour d'un roi lui même fort versé dans ce domaine, qu'elle va d'ailleurs côtoyer très souvent.








Mariée à l'âge de 15 ans à un secrétaire du roi. Etienne du Castel a 21 ans est un homme savant et vertueux qui va bénéficier d'un office de notaire royal, un amour réciproque unissait le couple, de cette union 3 enfants vont naître.

Malheureusement pour Christine leur union sera de courte durée, Etienne va mourir victime d'une épidémie dans la même année que son père en 1387 à l'âge de 31 ans, laissant Christine seule avec ses enfants et une détresse financière difficile à juguler.

Elle parviendra néanmoins pendant cette période de 14 ans de vaches maigres à se maintenir à la cour de Charles VI sans déroger. Elle reste veuve et ne souhaite pas se remarier










Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle entreprend d'écrire, elle est douée! ce qui lui vaut à la cour l'intérêt de Louis d'Orléans et de la Reine Isabeau de Bavière,

Elle est admirée au sein de cette haute noblesse du roi Charles VI, bien que l'on se méfie à cette époque des jeunes veuves qui ne veulent se remarier, et que l'on accuse souvent de luxure, ou d'avarice, ce qui dans le second cas serait pure méchanceté vu l'état de ses finances.








Christine rédige des poèmes et des traités moralistes, philosophiques, politiques, et même un traité militaire. Cette figure du courant encore balbutiant de l'humanisme français, devient la première femme à vivre de ses écrits, quel bel hommage à son pays de naissance, celui de Dante, Pétrarque et Boccace.

Connue pour sa prise de position en faveur des femmes, elle participe activement aux débats intellectuels de son époque, notamment dans la querelle littéraire concernant le Roman de la Rose







Querelle qui survient quand Jean de Montreuil rédige un éloge de cette œuvre du XIII siècle de Guillaume de Loris et terminée au XIV siècle par Jean de Meung Christine dénonce vigoureusement dans une lettre ouverte, le mauvais gout et la pauvreté d'esprit de Jean de Meung et lui reprochant sa haine des femmes.

Puis elle attaque l'indécence de ses propos et la fin de son récit qu'elle juge amorale et choquante. Elle s'appuie sur sa position de femme écrivain, sensible aux propos grivois, pour fustiger l'aspect de cette œuvre, disant même que les termes employés ne peuvent servir ni le style, ni la visée morale que semble affecter leur auteur.

Puis elle va défendre l'honneur des dames qui dans cette œuvre sont accusées de débauche et d'inconstance. Jean de Montreuil, qui évolue pourtant lui aussi à la cour, ne lui répondra pas directement, mais par personnes interposées, les frères Pierre et Gontier Col.








La querelle prenant de l'ampleur, Christine de pizan recevra l'appui de Jean Gerson, théologien et Chancelier de l'Université de Paris, qui lui aussi prendra part au débat.

Elle poursuivra la querelle par deux écrits de fiction qui réaffirment sa position, et attaque âcrement le roman de la rose et le livre du duc des vrais amans.

Il semble également que notre virtuose de la plume ait diversifié ses activités, notamment dans la supervision et la copie de manuscrits

Le nombre de ses ouvrages conservés et la richesse des enluminures de ceux ci, attestent du succès de ses œuvres, poète et moraliste christine de Pizan se consacre à l'écriture de traités politiques dans lesquels elle se révèle conseillère des princes et ardente avocate de la paix. En 1418, la prise de Paris par les bourguignons va la contraindre à se réfugier derrière la religion et entre dans un couvent ou elle meurt en 1430








Son traité politique sur les faits et bonnes mœurs du sage roi Charles V, qui fut commandé par Philippe II le Hardi, mais celui ci va mourir avant d'entrer en possession de sa commande.

La biographie de ce monarque, fut composée et rédigée à l'aide de chroniques, notamment les grandes chroniques de France, mais également avec de nombreux souvenirs personnels de Christine qui avait côtoyé si souvent ce roi pendant son enfance.

Elle fait aussi un long travail de recherche auprès des gens qui côtoyèrent Charles V, mais également auprès de ses proches, récoltants de nombreuses anecdotes sur lui.










PS: Jean de Montreuil, homme d'état, humaniste, et écrivain politique Français né en 1354 et mort assassiné à Paris en mai 1418, lors de la prise de la ville par les Bourguignons. Il fut secrétaire du roi Charles VI le fou vers 1390.

Les historiens du moyen âge  sont le plus souvent des clercs, comme l'auteur anonyme du journal d'un bourgeois de paris, ou le Carme Jean de Venette, le Chanoine Jean le Bel, le prêtre Jehan Froissart, les moines de Saint Denis, Michel Pintoin et Jean Chartier, mais leur public était composé de laïcs qui les lisent plus volontiers en langue vernaculaire qu'en langue latine

Ces Laïcs prennent eux même la plume pour écrire l'histoire de leur temps tel un Enguerrand de Monstrelet ou Gilles le bouvier au milieu du XV siècle

Ce n'est pas un hasard si la première femme de lettres de l'histoire de France , Christine de Pisan apparaît à la fin du XIV siècle, au delà des hasards de sa vie, elle s'inscrit dans le courant de laïcisation de la connaissance de son époque, qui lui permet d'accéder au savoir en cours a son époque M de

samedi 24 juin 2017

La Prévôté de Paris sous Etienne Boileau

La charge de Prévôt de Paris avait été mise en fermage, or donc n'importe quel particulier possédant une fortune à la hauteur de cette ambition, pouvait acheter le titre et en exercer la fonction.

De riches bourgeois s'intéressant à ce poste, le roi Saint Louis (Louis IX) craignait que se forme une municipalité au sein de sa Capitale, il va choisir de perdre de l'argent en ne vendant pas cette fonction et placer Etienne Boileau comme Prévôt Royal.

Néanmoins les bourgeois furent autorisés à se doter d'un Prévôt des marchands, dont les pouvoirs et la compétence devaient se limiter au négoce et aux affaires commerciales (ce qui fut loin d'être une bonne idée dans l'avenir avec un prévôt comme Etienne Marcel )



De nouveaux offices furent crées, premièrement un Chevalier du Guet, placé sous l'autorité du Prévôt, il contrôlait et commandait les deux guets de Paris.

Puis les Lieutenants civil et criminel,eux aussi sous la tutelle du prévôt, qui peu à peu vont assurer les fonctions de police du prévôt. Plus tard en 1306 sous Philippe le Bel vont apparaître les commissaires enquêteurs qui avaient aussi fonction de juge d'instruction.

Paris vers la fin du XIII siècle et début XIV siècle frisait les 200 000 habitants, c'était la plus grosse capitale d'Europe. Elle disposait de deux organisations du maintien de l'ordre, diurne et nocturne.



Le Jour: les forces de police comprenaient, les Sergents seigneuriaux, les Sergents Royaux et la milice.

Il existait sur Paris des dizaines de justice seigneuriales, en grande majorité ecclésiastique, cloîtres, monastères, templiers, évêché. Cet état de fait compliquait de beaucoup le travail quotidien des sergents royaux.

Un malfaiteur fuyant le guet royal pouvait en changeant de rue, changer de juridiction. Il pouvait alors essayer de se faire juger par un tribunal ecclésiastique, considéré à l'époque plus clément que le Châtelet!!

Le guet royal: dans l'époque considérée, le prévôt disposait de vingt cavaliers et de 50 sergents à pied commandés par le chevalier du guet.

Nos sergents à pied ( nommés aussi sergents à verges ) n'avaient pas bonne presse en ville, et pour cause !!!, cette charge s'achetait et bien souvent le sergent se remboursait par de coutumiers abus de pouvoir, ou des arrangements illégaux, certains gardant même leur ancien métier



La Milice parisienne: Elle regroupait des habitants de quartiers, l'organisation et le commandement s'organisait comme suit, le Quartenier (commandant du quartier), un ou deux cinquanteniers commandant chacun cinquante hommes, répartis en cinq groupes de  dix hommes, commandés par des dizainiers, chargés de faire respecter les décisions et les règlements du parloir des bourgeois.

La nuit les portes de la ville étaient closes et des chaines barraient les rues, la sécurité était assurées par le guet royal et le guet bourgeois, le premier était chargé de capturé les malfaisants qui pullulaient dans les rues, les locataires indélicats et les habitants surpris dans les rues après le couvre feu.

Ce qui était fort peu fréquent pour les uns comme pour les autres, par le fait qu'ils se déplaçaient dans un bruit de ferraille à vous ruiner les oreilles, il faut bien dire que le déplacement en armure ou en cotte d'arme n'a rien de discret!!

Le guet des métiers: depuis 1254, chaque jour une corporation désignait soixante des siens, qui se rendaient le soir au Châtelet pour la garde de nuit. Ces bourgeois étaient alors répartis par le chevalier du guet, en différents endroits de la capitale, ils y passaient la nuit sans quitter leur poste, d'ou le nom de guet assis, et dieu sait qu'ils portaient fort bien leur nom !!!!!



Cette obligation du guet pour les métiers est due jusqu'à l'âge de 60 ans et revenait toutes les trois semaines!!!


La fréquence de cette garde de nuit provoqua de nombreuses défections, il n'était pas rare de voir des commis remplir les devoirs du guet en lieu et place de leurs patrons moyennant finances.


La prévôté va donc par un ordonnance, obliger les bourgeois, ne pouvant se rendre au guet, de prévenir le soir même le chevalier du guet !! Pour ce faire il devait envoyer sa femme, ou une femme de la famille, sinon une amende ou une saisie de biens punissait le bourgeois fraudeur. Comme aucune femme, ne pouvait le soir venu se risquer impunément dans les rues, la mesure était efficace!!.

dimanche 18 juin 2017

Le Prévôt Etienne Boileau et le livre des Métiers XIII siècle

Nous avons déjà cité ce personnage dans un article précédent, concernant la corporation des Apothicaires.Il est indissolublement attaché à l'histoire du monde du travail et des corporations. Nous ne savons que peu de choses sur Etienne Boileau ou Boileaue, selon les manuscrits, né aux environs de l'an 1200, on sait qu'il est marié en 1225, qu'il suit Saint Louis lors de la croisade de 1248, qu'il sera fait prisonnier en 1250 et mis à rançon.

Sa vie politique ne débute qu'en 1258, lorsque Louis IX le nomme à la Prévôté de Paris, fonction la plus élevée de la Capitale. Le Prévôt Boileau est donc le premier magistrat de sa ville, représentant du Roi et de son autorité.

Il administre les finances, commande en chef le Guet Bourgeois, assurant de ce fait l'ordre et la sécurité publique, avec les prérogatives du pouvoir judiciaire et le droit de légiférer au Châtelet.



C'est de ce poste au Châtelet qu'il entreprend l'immense tâche de répertorier, codifier et réviser tous les statuts des corporations. Il va mettre de l'ordre dans ce chaos que sont les dispositions qui régissaient les corporations.

Il va leurs enseigner leurs obligations et leurs droits, prévenir les malfaçons, les déloyautés etc.., le tout dans un document appelé le Livre des métiers. Joinville dans ses mémoires le cite comme quelqu'un d'intègre, que brigands et fraudeurs de tout poils craignaient comme la peste.

Le livre de Boileau devait rester à travers les âge, le bréviaire des corps de métiers parisiens. Pour le prévôt nous ignorons la date de sa mort, sachant qu'il occupait encore son poste en 1267, mais plus en 1270.

L'esprit des corporations du XIII et XIV siècles était le même partout, France, Allemagne, Angleterre, donnant naissance à des coutumes identiques. On cherche à empêcher que quelques uns s'enrichissent abusivement au détriment de la collectivité, afin d'assurer à chacun son pain quotidien. Exemple on peut citer un conflit existant entre Couteliers et Gainiers Fourreliers, les premiers voulant fabriquer des étuis pour leurs couteaux, mais ce n'était possible, selon les ordonnances que dans le cas ou le fourrelier ne pouvait honorer sa commande à temps.



Une corporation à pour base la répartition des artisans en trois classes, apprentis, valets et maîtres c'est à dire ceux qui s'instruisent, ceux qui servent et ceux qui commandent, avec pour chacun d'entre eux des droits et des devoirs.

Mais tous ne deviennent pas maître, car si l'apprentissage fini nécessairement avec le temps, faisant passer l'apprenti au stade de valet, la maîtrise est une autre affaire.

La promotion à la maîtrise suppose des connaissances et un certain avoir que beaucoup ne posséderont jamais. De plus c'est au XIV siècle que le compagnonnage devient obligatoire, et l'on introduit dans le statut des corporations la réalisation et la présentation d'un chef d'œuvre en fin de parcours.



L'autorité supérieure dans une corporation est confiée à des prud'hommes jurés, élus parmi les maîtres de ce corps de métier. Leurs fonctions sot temporaires, ils surveillent la fabrication, les malfaçons, peuvent effectuer des saisies, ils ont aussi les protecteurs désignés des apprentis.

Aucune limite d'âge n'est fixée pour l'apprentissage, nous dirons entre 10 et 12 ans, et accepté par un maître. Cependant il ne suffisait pas toujours d'avoir la maîtrise pour enseigner, car les règlements des métiers ne permettait à celui ci d'avoir un apprenti que s'il offrait les garanties nécessaires dans l'intérêt de l'enfant dont il demandait la garde.

Exemple, on interdira à un maître qui vient de s'installer de prendre un apprenti pendant un an et un jour, afin qu'il soit libéré des embarras d'une entreprise à ses débuts, qui ne laissaient pas toujours à l'artisan le temps d'instruire.





Parlons d'une corporation dont on ne sait pratiquement rien quand à son organisation et pour cause!!

Les Bouchers, sont avec les porteurs d'eau la plus vieille corporation de Paris, l'organisation en était toute particulière. Quelques familles, les Bonnefille, les Thibert, les Amilly et surtout les Saint Yon exerçaient sur le métier un pouvoir oligarchique héréditaire

Jamais corps de métier ne fut plus jaloux de ses privilèges et les défendit avec tant d'ardeur et d'obstination. Propriétaires de leurs étaux et les seuls qu'il fut permis d'exploiter, les bouchers refusaient systématiquement de louer ou de céder ces emplacements à d'autres que des fils de bouchers, le métier était totalement verrouillé.



Tous établis derrière le Châtelet ils versaient une redevance annuelle aux religieuses de Montmartre (anciennes propriétaires ) de 50 livres. Leur monopole fut confirmé en 1297, ils ne subirent qu'une seule attaque contre leurs privilèges dans les années 1280, par le tout puissant ordre du temple, qui se prévalant de leur droit de seigneurie sur un faubourg de Paris avaient ouvert des boucheries.

Il y eut procès ! et le parlement autorisa le temple à ne conserver que deux boucheries, ce qui au vu du rapport de force vous laisse mesurer la puissance des bouchers parisiens. Personne à ce jour n'avait réussi à restreindre sur une terre seigneuriale, et contre le gré du seigneur l'exercice d'une profession.

Les bouchers cachaient soigneusement leurs titres et leurs archives, surement par crainte que le pouvoir royal n'entreprît de diminuer leurs franchises.

C'est aussi pour cette raison qu'ils ne firent pas enregistrer leurs règlements lors de la rédaction du livres des métiers d'Etienne Boileau. Il sera constaté quatre siècle plus tard la même détermination, la même méfiance et le même esprit de dissimulation. De plus ils joignaient au commerce de la viande abattue, celui du bétail sur pied et faisaient également l'élevage et l'engraissage.

 C'étaient des gens au sang chaud qui filaient les miquettes à tout le monde, même pour l'époque!!, parlant fort, souvent couvert de sang, avec toujours un hachoir ou un grand couteau en main.


Du coté des tailleurs la mode au XIV siècle abandonne la cotte hardie,ajustée à la ceinture et qui tombait jusqu'aux pieds, par dessus laquelle on revêtait une tunique appelée surcot, car l'homme porte désormais un vêtement court, d'étoffe riche et colorée nommé Pourpoint.

Véritable révolution vestimentaire, le pourpoint crée deux nouveaux métiers (statut de 1323), les pourpointiers et les doubletiers, qui doublaient intérieurement d'étoffes les vêtements de nos tailleurs pourpointiers. Ce qui n'était pas du gout de tout le monde, mais bon la mode ne se discute pas!!!

Dans le domaine des vêtements Les fripiers vendaient des affaires d'occasion, selon les ordonnances il leur était interdit d'acheter et à plus forte raison de vendre des habits mouillés ou sanglants, entendez par la des vêtements ayant appartenu à des noyés ou à des victimes de meurtres, nous ajouterons bien sur les affaires ayant été portés par des lépreux.



Le Serrurier: les mots serrure, serrurerie et serrurier, viennent du verbe serrer, qui dans bien des régions de France était équivalent de renfermer ou de clore.

Son travail était donc très varié allant des grilles de fenêtres, des portails, ferrures de portes, serrures, et même des " Orloges ".

Au Moyen âge le serrurier ne se sert presque jamais de la lime pour terminer ses ouvrages d'art, il la connait bien sur mais ne s'en sert que pour de menus travaux,l'art consiste à n'utiliser que le fer les pinces et surtout le marteau

Le marteau, cet outil qui donne les reliefs mâles et puissants, ce martelage qui donne une fois le produit fini cette impression de robustesse.

Cet ouvrier, ou ce maître serrurier, aime son travail, son adresse est sans égal, le métal lui obéit au gré de ses inspirations ou de ses fantaisies






Le fer utilisé au moyen âge était fabriqué et façonné en le chauffant avec du charbon de bois, la houille ou charbon de terre est pour ainsi dire inconnue.

La houille ne s'exploitait que dans certaines régions comme le Boulonnais, le plus souvent sur des gisements considérés comme à fleurs de terre.

D'une part il était rare, et d'autre part il était mal considéré de pratiquement tous les forgerons, parce que difficile d'emploi et ne fournissant pas rapidement les températures voulues

Mais les forgerons considéraient surtout, que seul le charbon de bois donnait certaines propriétés au fer, une certaine souplesse, en le chauffant, que la houille ne pouvait fournir.

Au XIII siècle le charbon de bois valait un denier le sac, comme en témoigne le vieux cri parisien:                         " Charbon le sac por un denier "





Dès le XIV siècle nous comptons parmi les serruriers d'habiles mécaniciens fabricants d'Orloges à poids.

Tel était Gérard de Juvigny, Orlogeur au Louvres en 1328, ou Robert d'Origny, Fèvre et Orlogeur du Roi en 1380, on peut citer encore:

Henri de Vic qui à la même époque plaça une horloge dans l'une des tours du palais, ou un Jean de Loisel, maître de l'Orloge du Beffroi d'Amiens.

L'acier dont se servait le serrurier du XIII siècle était semble t'il de l'acier poitevin, nous trouvons, dans l'inépuisable source qu'est le livre des métiers de Etienne Boileau, une ordonnance concernant le péage pour les marchandises entrant dans la capitale:

Acier Poitevin, 4 deniers par charrette, puis 2 deniers à dos de cheval et 1 denier à dos d'âne

La fonte payait 2 deniers et le fer forgé 4 deniers, on achetait le fer sur le marché de foire, ou plus au détail chez le ferron




PS: Les corporations sous Louis XI (1461-1483), le génie profondément politique de l'universelle araigne, comprit de suite toute la force que recelait en elle une organisation telle que celle des métiers, il résolut donc de placer les corporations sous sa tutelle immédiate et d'en faire les clientes et les protégées de la royauté. Son premier soin fut de réviser toute la législation des métiers, moins pour y introduire des modifications, que pour affirmer sa volonté de ne laisser périmer aucun des droits du pouvoir royal ....M de V.

vendredi 16 juin 2017

L' indispensable Haubergon du moyen âge par F Buttin

Les meilleurs haubergons étaient ceux couverts de mailles d'acier, rondes ou plates, auxquelles la trempe avait donné la dureté et l'éclat.

Elles reprenaient avec le fourbissage, le brillant du neuf, on employait pour ce faire, le son des céréales, on trouve souvent dans les livres de compte des armuriers, les dépenses faites pour l'achat de cette matière.

Froissart lui même n'a pas manqué de citer le haubergon parmi les armes et armures, que les combattants fourbissaient entre deux combats

Pour les confectionner, ils étaient obligés selon les lois et les règlements de leurs guildes de n'utiliser que des mailles neuves! Les mailles qu'ils récupéraient sur des vêtements hors d'usages ne pouvaient servir qu'à monter d'autres pièces







 Certains textes précisent que les mailles devaient être en bon acier trempé, mais que toutefois les Haubergiers pouvaient les confectionner en maille de fer, pour peu que le fait soit déclaré sans ambiguïté à tous les clients.

Dans les maisons nobles, les trésoriers spécifiaient dans leurs dépenses, les quittances de remise en état d'un Harnois du maître des lieux ou de l'un de ses chevaliers. celles ci précisaient l'emploi du cuir pour la réparation. Les pans et les manches du Haubergon, plus exposées à souffrir du frottement des pièces d'armures demandaient de fréquentes réparations. On peut lire dans les dépenses de la Comtesse d'Artois qu'elle fait refaire les pans et les bras en cuir de cerf du harnois de son neveu Robert, futur Comte de Beaumont.

Les peaux brutes, ou crues destinées à cet usage étaient spécialement travaillées à l'Alun. La peau non traitée a tendance à se rigidifier et à se rétracter, le tannage à l'alun, appelé Mégissage au moyen âge, était employé dans une solution d'eau, de sel, de farine, de jaune d'œuf et d'huile d'olive. Une pâte est faite par réduction au feu de ces ingrédients, cette pâte sera ensuite appliquée au moins deux fois sur la peau pour devenir par réaction du cuir. Le produit obtenu donnait un cuir très blanc d'une grande souplesse, que l'on pouvait teinter comme un tissu.







Le harnois pouvait être fait entièrement dans ce cuir, ou dans une confection tissu et cuir, les mailles étaient clouées dessus. Si le harnois demandait une révision complète, il était confié à un maître artisan, travail délicat car il fallait déclouer les mailles pour les nettoyer sur les deux faces, en les faisant passer dans la botte à tourner avant de les reclouer sur notre haubergon

Mais avant de remonter les mailles le maître confiait à l'un de ses aides ou apprentis la tâche de battre à bras rompus avec un bâton le vêtement. Ils obtenaient par ce procédé le retrait du dépôt de poussières accumulée dans le tissu et dans le cuir par une longue utilisation du vêtement par son propriétaire.

Ajoutons que le harnois étant fort coûteux, peu de guerriers avaient la possibilité d'en posséder plusieurs, il devait donc être confié à un armurier que lorsque ce n'était plus possible de l'entretenir soi même.

Il est évident que si les mailles étaient juste plaquées par dessus version cotte de maille l'entretien était plus facile.







Encore nous faut il différencier deux sortes de haubergons, le harnois de toute botte et le harnois de botte cassée.

Le premier, de toute botte n'était qu' à l'épreuve de l'arc, ce qui pour nous pouvait paraître suffisant, mais pour le combattant du moyen âge la nécessité est tout autre !!!

Le second quand à lui, dit de botte cassée, est d'un tout autre niveau, il avait subit l'épreuve du vireton d'arbalète tendue par engin !! Nous parlons là de l'arbalète de guerre, tendue à l'aide du pied et du crochet de ceinture ou de l'arbalète à manivelle ou à cry.

La c'est du sérieux!! la force d'impact était énorme car l'arbalète est une arme à tir tendu d'une grande force. Pour résumer la valeur de notre Haubergon dépendait de la qualité des étoffes et des cuirs employés, de la nature des mailles , rondes, plates, du type de montage clouées ou plaquées. Et le plus important si les mailles étaient d'acier, façon, de toute botte ou de botte cassée, ou alors s'ils étaient simplement.......en fer.  Haaarrrghhh !!! mauvais plan le fer, visez un peu le monstre en dessous, et dites moi maintenant quel Haubergon vous choisiriez ???





PS: Il suffisait d'une quinzaine de jours pour devenir un tireur correct à l'arbalète, alors qu'il fallait cinq ans d'entrainement quotidien pour devenir un bon archer.

Cette arme terreur des chevaliers, pouvait même à 90 mètres encore percer une armure et sa portée selon l'arme pouvait aller jusqu'à environ 300 mètres. M de V