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samedi 5 avril 2025

Formation de la Langue Française au Moyen-âge

Restons aux bases et essayons d'être clair. Il n'y a pas plus d'unité dans la langue du M-A que dans sa civilisation. Du IV au IX siècle, la langue Latine, parlée en Gaule depuis la conquête Romaine, se modifie et s'enrichit d'apports étrangers, devenant dans la moitié Nord du pays la langue Française.

Au Moyen âge d'un siècle à l'autre, les formes et les usages syntaxiques ne sont pas les mêmes et au cours d'un même siècle, des dialectes différents sont pratiqués selon les régions. Il faut connaître les étapes de cette évolution et la diversité de ces usages, si l'on veut une notion de ce que furent " l'ancien français " et " le moyen français "

A la fin du IV siècle, sur le territoire de " l'Empire Romain d'Occident ", et en particulier sur le sol de la Gaule, ou le celtique a disparu, la langue parlée est le " Latin vulgaire ", bien différente de la langue écrite dont les ecclésiastiques entretiennent la pratique.

Mais d'une région à l'autre de l'Empire, les usages varient, et de ces divers parlers latins naîtront au fil des siècles les diverses langues "Romanes ", le Roumain, l'Italien, l'Espagnol, le Provençal et le Français 

On est passé insensiblement du " Latin parlé " en Gaule, au " Français ". A partir du V siècle avec les invasions germaniques s'accélère l'évolution de la langue populaire en répendant de nouveaux mots ainsi que des usages nouveaux de prononciation





Aux VI et VII siècles, pendant la période Mérovingienne, la masse populaire parle un langage composite, auquel on donnera le nom de " Roman ". Mais voilà, encore faut il distinguer le " Roman " de la Gaule du Nord, d'ou naîtra la " Langue d'Oil " et le " Roman " de la Gaule du Sud, d'ou naîtra la " langue d'Oc "

Au VIII siècle sosu la dynastie Carolingienne s'accomplit la séparation définitive du Latin, une langue morte que les Clercs restaurent dans sa pureté comme langue d'étude et le Roman comme langue parlée...Jusque la vous suivez ??, car si le nain n'est pas un Clerc il espère au moins être Clair !!!. C'est en 813 (IX siècle), au Concile de Tours, qu'il sera ordonné aux prêtres de prêcher en langue vulgaire c'est la reconnaissance officielle du Roman par l'église !

Le Roman de la Gaule du Nord va poursuivre son évolution phonétique et grammaticale pour devenir le Français, tandis que le Roman de la Gaule du Sud deviendra le Provençal. A la fin du IX siècle vont apparaître les premiers textes littéraires, peu après le Français devient la seule langue de nos Rois ! 

Pour préciser d'ou viennent les termes de langue d' Oil et de langue d'Oc, c'est pas bien compliqué, voir même simplissime !!....Oui se disait Oïl dans les dialectes du Nord, alors qu'il se disait Oc dans les dialectes du Sud  







L'Ancien Français : du IX au XIII siècle le morcellement féodal favorise la constitution de nombreux dialectes de province. Les parlers de langue d'oil se divisent essentiellement en Picard, Wallon, Lorrain, Normand et Anglo-Normand, Poitevin, Francien (l'ile de france) et tous sont représentés par des oeuvres littéraires

On peut cependant parler d'une langue d'oil dont les dialectes provinciaux offrent de simples variantes et qui se distingue du français moderne par la survivance d'une déclinaison à deux cas : le mot reçoit une désinence différente selon qu'il fait fonction dans la phrase de sujet ou d'objet   ( li murs, le mur )

Le Moyen Français : A la fin du XIII siècle la déclinaison disparaît et cette disparition entraîne une transformation de la syntaxe : car pour rendre évidente la fonction des mots, on doit, en particulier, leur assigner dans la phrase une place plus rigoureusement déterminée et préciser leurs relations par un recours plus large aux prépositions

Ainsi le français prend son caractère de langue analytique. A cette époque le francien dialecte de l'ile de france (la ou se trouve le roi) a la faveur de la centralisation administrative et va l'emporter peu à peu sur les autres dialectes 





Ces autres dialectes vont tomber au rang de patois qui seront seulement parlés. La langue du XIV, du XV et du XVI siècles, bien distincte du Latin a recu le nom de Moyen Français

A partir du XIII siècle le Français jouit à l'étranger d'un incontestable prestige. C'est en Français que le Vénitien Marco Polo ( voir article ) écrit son livre des merveilles ou il raconte son voyage en Chine 

C'est en français également que le Florentin Brunetto Latini ( voir article ) écrit son trésor il dit je le cite : la langue de France est la parleüre la plus délitable ( agréable ) et la plus commune à toutes gens

Pour ceux qui ne connaissent pas Latini, il fut l'un des Maîtres de Dante, mais toutes les choses de France au Moyen Age et d'abord la littérature et l'Art rayonnent sur l'Occident chrétien  


PS : j'espère ne pas avoir été trop soporifique, mais c'était un sujet qu'il n'est pas facile de traiter de manière claire et précise, ayant moi même quelques difficultés sur les textes du Moyen âge, je ne suis qu'un pôv copiste mordious !  M de V 

jeudi 3 avril 2025

La Dernière Demeure d'Agnès Sorel XV siècle

En 1449 quand Charles VII avait déjà reconquis la majeure partie des places fortes en Normandie et qu'il n'en restait que fort peu au pouvoir des Anglois, il vint à Jumièges et se logea dans un édifice consacré aux Rois et aux Princes qui venaient quelquefois pour s'y livrer aux plaisirs de la chasse

Agnès Sorel est du voyage elle loge dans la résidence du Mesnil, nommé le Manoir non loin de Jumièges et de son Abbaye. C'est pendant le siège de Harfleur que le roi eut la douleur d'apprendre le décès de la belle Agnès

Elle meurt dans ce château le 14 février à six heures du soir, dans toute la force de l'âge et l'éclat de sa beauté....elle avait 40 ans, sa mort étant prématurée fit présumer, par ses contemporains aussi bien que par certains historiens qu'elle avait été empoisonnée et plusieurs théories furent écrites, le papier ne refusant pas l'encre !!

L'une d'elle fera beaucoup de bruit, et mets en cause deux personnages de l'époque, le Dauphin Louis (Louis XI ) et Jacques Coeur (commerçant et argentier de Charles VII )









Le Dauphin Louis à quelques temps de là avait été obligé de quitter la cour de son père, parce qu'un jour, s'étant emporté il avait collé un soufflet, une bouffe, un bourre pif à la favorite. Il la haissait par rapport à son ascendant sur le roi son père !, pour finir par aller se réfugier chez le Duc de Bourgogne.

Certains historiens contemporains de ce prince racontent que dans sa jeunesse Louis était un joyeux compagnon. un certain Auguste Bailly raconte que Louis se trouvant dans une auberge à Rouen avec quelques compagnons, fit remplir de vin la croûte d'un vaste pâté et sans reprendre haleine vida cette coupe improvisée !

C'était un Prince guerrier et ses campagnes en tant que Dauphin, au service de son père le confirme. Il n'était pas encore le Sire au maussade visage. Il ne me semble pas que ce prince impulsif soit le genre à utiliser le poison dans sa jeunesse et le souffet donné à la favorite, sur un moment de colère, semble plutôt prêcher en sa faveur 

Il est vrai que Agnès avait beaucoup d'ascendant sur le roi, jusqu'à modifier le comportement de celui-çi au sujet de la reconquête de son royaume sur les Anglois, ce qui à l'époque fut loin d'être une mauvaise chose !









On accusa aussi Jacques Coeur d'avoir servi d'instrument dans ce crime !, et quelques historiens rapportent même qu'il fut arrêté, mais que ses frères prouvèrent que la favorite était morte en couches, et qu'il fut déchargé de l'accusation portée contre lui 

Les différentes versions qui subsistent sur la mort de cette femme célèbre laissent de l'incertitude, mais au vu de toutes les propabilités il ne semble guère possible qu'un homme tel que Jacques Coeur, qui sacrifia sa fortune pour la prospérité de son pays ( voir article ) et par l'attachement qu'il portait à son souverain, ait pu, d'une manière aussi terrible, le priver du plus cher objet de ses affections !  

Un fait devrait le justifier pour la postérité, c'est la confiance que lui temoignait la belle Agnès Sorel en le nommant son exécuteur testamentaire !!!!

Or donc l'empoisonnement de la maitresse de Charles VII doit être pris comme " Cum Granos Salis ", devant être mis au rang des nombreux mensonges historiques du même genre 

Je répète souvent dans mes textes que le M-A est une cathédrale dont le sol est pavé d'hypothèses plausibles, bel exemple !









Les Moines de l'Abbaye de Jumièges ont dit que la belle Agnès mourut dans des sentiments de pénitence et regretta ses égarements !!!. Que pouvaient t'ils dire d'autre au regard de la fortune qu'elle leur légua, 800 saluts d'or fin, monnaie de france et d'angleterre de l'époque !, afin de dire des messes pour le repos de son âme !!

Elle demanda que son corps soit enterré à Loches et que son coeur fut déposé à l'Abbaye de Jumièges, Jacques Coeur, Robert Poitevin, Etienne Chevallier, ses exécuteurs testamentaires, accomplirent ses volontés

On fit approuver cette donnation par Charles VII, qui enjoignit par lettre du 14 mars de la même année, les moines de jumièges, d'acheter avec cette donnation une terre qu'il affranchirait dès lors du droit d'amortissement !

Les moines achetèrent une portion de la terre d'Anneville, dont ils possédaient déjà une parie qui leur avait été offerte par le Comte de Dunois, ils faisaient feu de tout bois au point d'être capables de vous tondre un oeuf !!!! 









Mais après la mort de Charles VII un jour ou Louis XI se trouvait en l'église de l'Abbaye, ils lui montrèrent le tombeau de leur bienfaitrice et croyant flatter Louis, en penssant que sa haine d'Agnès était toujours vivace, lui demandèrent de faire retirer du milieu du coeur de leur église ce monument 

Ils prétendaient que ce dernier faisait scandale et leur était nuisible dans leurs cérémonies !.....Lourde erreur, le monarque indigné de leur ingratitude répondit : J'y consent mais il vous faut rendre auparavant toutes les donations que vous avez reçu d'elle 

Je pense que les moinillons se sont escargotés dans leurs coquilles, bien que sous les règnes suivants cette demande fut renouvelée, mais ne fut acceptée qu'en 1777  

Nota : le clergé prêtres et moines ont utilisés la crédulité des gens pour faire de l'argent , dès l'époque de Charlemagne, par la dime, les dons, la vente d'indulgences, la confession source d'informations, ainsi que par la force de leurs tribunaux ecclésiastiques, ils ont poussés le commerce de la simonie au niveau d'un art !!!!

 


PS : comme bien d'autres, la sépulture d'Agnès Sorel fut saccagée par nos " trous du culs " de révolutionnaires, il y eut par exemple en Angleterre, des révoltes et des révolutions, nous ne sommes pas les premiers à avoir coupé la tête d'un roi, pourtant chez eux ils n'ont pas tout ravagé comme en France !!!...M de V