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mardi 7 août 2018

De Bruges à Louis XI en passant par l'Afrique

Par C H de la Roncière, historien de la marine française. Bruges dès le XIII siècle recevait les produits du Sahara, des dates de Sidjilmassa, les navires lui apportaient la cire, les cuirs et la pelleterie de Fez au Maroc, les peaux d'agneau de Tunisie, les épiceries d'Egypte et du Soudan.

Deux cent ans plus tard au XV siècle, une maison Florentine établie à Bruges les " Portinari ", vont tenter de fonder un comptoir à Tombouctou, comme elle en avait déjà à Alexandrie, Damas etc..!!

Mais c'est dans la colonisation des îles Açores que les Brugeois devaient jouer un rôle capital. Ces îles avaient été découvertes en 1351 par des Italiens, puis deviennent possession Portugaises et seront redistribuées aux Princes du sang du Portugal

La fille du roi du Portugal, Isabelle, épouse du Duc de bourgogne, Philippe le Bon, obtient pour ses sujets Flamands, victimes de la famine le droit de se fixer dans ces îles !!








Des Brugeois, Josué van den Berghen, puis Jacques de Bruges, s'établissent dans l'île de Terciere ou du Bon Jésus. Jacques de Bruges en obtiendra la concession héréditaire en mars 1450.

Un de ses compagnons, Guillaume van der Haegen, débarque à la pointe de Topo dans l'île San Jorge avec un convoi d'ouvriers et de laboureurs Flamands. Le centre de cette colonisation flamande sera une île couverte de hêtres et de bruyères, endroit ou nul ne connaissait l'hiver, elle possédait une baie naturelle qui offrait aux navires un abri sur, cette île se nommait Fayal.

Dans ce lieu enchanteur débarquèrent en 1466 les flamands de Josse van Huerter, qui donna le nom de Huerta à la petite capitale de la nouvelle Flandres








Sous la cognée des colons, les forêts seront en partie remplacées par des champs de canne à sucre ou réservées à la culture du pastel, les colons conserveront longtemps leur langue et leurs coutumes.

Puis en 1479, un certain Eustache de la Fosse, quitte Gruges, avec de la pacotille à écouler sur les côtes d'Afrique, il se trouve à bord de la Caravelle " Mondadina de Cadix ", il est capturé par les Portugais à la côte d'or, puis embarqué sur le navire de Diégo Câo, l'un des découvreurs de mondes attitrés du roi du Portugal.

Il nous raconte son voyage sur ce navire, je cite: Nous arrivasmes, dit il, aux isles qui sont à l'opposite du Chief vert ou dans lesquelles isles, un homme ou une créature Lépreuse peut se guérir en l'espace de deux ans.

La médication était la suivante, manger la viande des tortues de mer du lieu, en ayant préalablement retiré le sang et les graisses afin de s'oindre le corps avec !!








Ainsi précise t'il, au bout de deux ans ils se trouvent purgés et guéris de la Lépre..!!!!

C'est alors que plus tard en juillet 1483, toute une flotte partait pour Santiago du Cap Vert, sous les ordres de Georges Paléologue de Bissipat, Capitaine des Nefs de Louis XI.

Le monarque n'avait pas voulu que le but de la mission fut connu, selon les textes, ils allaient quérir d'aucunes choses qui touchaient très fort la santé et le bien de sa royale personne !!!

Mais voila l'évêque de Lisieux, Thomas basin, avait dans sa chronique du temps, on peu dire " vendu la mèche !! ", nous dévoilant sans s'en douter le but réel de ce voyage et de cette royale mission

Louis XI se croyait atteint de la Lèpre et envoyait à Santiago du Cap Vert quérir de grandes tortues de mer afin de se baigner dans leur sang

PS: il faut dire que Louis XI était hypocondriaque !!...et le terme est faible dans son cas, ne rions pas combien à notre époque sont atteint de la même chose hein ???? M de V


jeudi 2 août 2018

l'Evêque de Pamiers, marionnette de Boniface VIII

Boniface VIII était persuadé que Philippe le Bel se trouvait dans les meilleurs dispositions, pour participer à l'expédition outre mer contre l'infidèle..!!! Cette opération voulue par ce Pape retors avait pour but de vider la France de toute sa noblesse, roi compris !!!

Le but réel était qu'une fois vidée de ses forces vives, le pape et ses sbires pourraient enfin affirmer le pouvoir de l'église sur le pays, car le Roi de Fer et ses légistes n'avaient pas la même vision des choses !!

Il voulu donc lui dépêcher l'évêque de Pamiers, afin de hâter son départ, cet ecclésiastique zélé se nommait Bernard Saisset, il possédait une vision étroite et comme son pape pensait que tout devait plier devant l'église

Mais voila le Roi de Fer n'était comparable avec aucun roi avant son accession au trône, lui et ses légistes avaient une vision hégémonique du pouvoir..." ce que le roi désire à force de loi " !!!!! et ce roi ne partageait pas son pouvoir









Le Pape savait que cet évêque ne pouvait être agréable au roi de France, après toutes les contestations et les querelles que ce prélat avait faites aux officiers du Roi concernant la souveraineté de sa ville de Pamiers !!!!!!

Mais Boniface, ne croyait pas devoir user de ménagement ou de complaisance envers Philippe IV le Bel, mauvais plan !!!, on ne le nommait pas le Roi de fer pour rien...!!

Hors donc notre évêque lors de son ambassade, parla au roi avec toute la hardiesse de son zèle et de son naturel impérieux, tel ce prélat bouffi d'orgueil qu'il était. Mais voila,  il parlait en vain, sa voix, ses propos et ses raisons n'atteignaient pas ce roi, qui imperturbable au milieu de son conseil l'écoutait pérorer

Alors ce benêt perdit de vue le respect qu'il devait à un monarque, surtout un roi comme Philippe qui n'oubliait aucun affront fait à sa couronne et croyez moi il avait une bonne mémoire !!!!!!









Notre pérorant prélat s'enflamma !!, allant jusqu'à dire que sa ville de Pamiers, bien que se trouvant en France, il n'étoit le sujet de personne, qu'il ne tenoit rien du Roi, n'étant soumis qu'au pape Boniface et qu'il ne reconnaissait point d'autre puissance que la sienne, tant pour le temporel que pour le spirituel!! Il alla même dans son errance, jusqu'à menacer au nom du pape, l'interdit sur le royaume et fulminant même l'excommunication du roi de fer

Philippe imperturbable renvoya ce puant ecclésiastique vers Rome, comme un chien trop excité que l'on renvoi vers son Maître. Mais dans son conseil privé le roi préparait de quoi laver cet affront. Boniface peu satisfait du résultat renvoya Bernard Saisset dans son Languedoc, afin d'y remuer le peuple contre l'autorité royale et notre évêque va se déchaîner dans sa ville de Pamiers








Il eut l'effronterie d'attaquer le roi sur sa naissance et l'honneur de la famille royale, il diffamait le roi et toute sa cour. Le roi était prêt ses légistes Pierre Flote, Nogaret, Plaisians et bien d'autres avaient pris langue avec les supérieurs religieux de notre évêque en France "tout était fin prêt pour le benêt" !!!

Philippe IV lui ordonna de se présenter en cours et assembla son parlement à Senlis et la devant les trois ordres de France, il fut reconnu coupable et condamné pour crime de lèse majesté et arrêté !!

Le roi Philippe va envoyer Pierre Flote, Garde du sceau, seigneur de Revel, comme ambassade vers cette baudruche de Pape Boniface, afin de l'informer de la situation de sa marionnette !!!   Les choses s'enveniment, le pape ulcéré fait remarquer à Pierre Flote, qu'il a toute la puissance temporelle et spirituelle sur le royaume de France !!

Pierre Flote fort peu impressionné, lui répond du tac au tac, je cite: la puissance de mon Maître est réelle, alors que la votre n'est que verbale !!! le pape s'emporte et criera partout que Flote est le Diable ou un possédé du Diable !!




PS: Alors va commencer un bras de fer entre le Pape et le Roi et ce qu'avait commencé Pierre Flote, Guillaume de Nogaret le poursuivra, car quelques mois plus tard le garde du Sceau du Roi, sera tué lors de cette catastrophique bataille de Courtrai, voir article l'attentat d'Anagni et Guillaume de Nogaret  M de V

dimanche 29 juillet 2018

Jacques Coeur l'enfant de Bourges

Vers la fin du XIV siècle, un marchand Pelletier de Saint Pourçain, nommé Pierre Coeur, attiré par la renommée de mécène du Duc Jean de Berry, s'installe à Bourges et ouvre boutique à deux pas du Palais Ducal. C'est dans ce quartier commerçant, fréquenté par toute la clientèle riche de la cité, que vit le jour Jacques Coeur entre 1395 et 1400

En 1420 il épouse la demoiselle Macée de Léodepart, fille du Prévôt de Bourges, il demeurait  encore chez son père ou il s'initiait dans l'art des affaires et du commerce. Jeune homme appliqué il fit provende des leçons paternelles, au point d'inventer plus tard de subtiles façons d'avoir finances et de recouvrer argent de toutes parts, afin d'entretenir les armées et soudoyer les gens de guerre.

Jacques est ambitieux et entreprenant, sa vocation n'est pas de reprendre l'affaire familiale, dès qu'il le peut il se lance dans l'aventure et tente de faire fortune par le commerce maritime avec les peuples étrangers

Certains prétendent qu'il fut Orfèvre à ses débuts ?, d'autres qu'il fut trafiquant ?, mais ces théories ne s'appuient sur aucun document connu. Néanmoins notre homme s'associe aux frères Godard pour le négoce maritime, une société qui ne fut dissoute qu'en 1439, lors du décès de ses deux associés









Sa première tentative de 1432 fut un échec cuisant, puisqu'il fait naufrage sur les côtes corses à bord de sa galère " St Marie et St Paul ", mais Jacques persévère !! c'est un battant, les expéditions suivantes seront couronnées de succès, lui assurant de très important bénéfices qui vont lui permettre d'asseoir son commerce maritime.

Bientôt devenu le personnage le plus riche de France, les bruits les plus fantasques commencent à courir. On murmure que sa grande fortune était due à la possession de la pierre philosophale !!! alors que l'homme était juste persévérant, volontaire et possédait un sens inné des affaires

Son aisance sera telle, qu'il prêtera au roi, il fut bien plus que le banquier de ces grands seigneurs, jaloux, qui gravitaient autour de Charles VII, il fut leur bienfaiteur et c'est ce qui le perdra !!

Un chroniqueur contemporain, nommé Thomas Bazin, dira de lui je cite: C'était un homme sans lettres, mais d'un esprit infini, ouvert et industrieux pour tout ce qui concerne les affaires, le premier en France qui fit construire des navires transportant d'Afrique et d'Orient des marchandises vers le royaume, qui remontaient le Rhône, tandis que d'autres approvisionnaient la Catalogne et les provinces voisines!!










Le règne de Charles VII commençait mal, un présent sombre, un avenir incertain, l'Anglais tenait Paris, le trésor était vide et son royaume se résumait à Bourges et quelques cités environnantes, Charles n'était connu que sous le sobriquet " du petit Roi de Bourges "

En 1436 sur la demande insistante du roi, Jacques Coeur, assume la charge de "Commis au Fait de l'Argenterie ". La guerre veut de l'argent, soit!!, Jacques trouve les finances, deux ans plus tard il est l'Argentier du Roi. En 1442 il devient conseiller de Charles VII, puis sera chargé de plusieurs missions diplomatiques et en 1446 il entre au grand conseil du Roi !!

Il fut anoblit, dès lors, à la jalousie s'ajoutera la haine de ses débiteurs, de toute cette noblesse à laquelle il avançait des sommes considérables, mais qui mesquins ne lui pardonnait pas sa réussite. Bien sur son train de maison était fastueux, mais il le devait à ses qualités de brasseur d'affaires, n'inversons pas les rôles c'est lui qui prêtait à l'état et non pas lui qui se servait dans les caisses du royaume !!!

Lors de son procès, Jean II Jouvenel des Ursins, et ses sbires, n'hésiteront pas à le comparer à un brigand qui détrousse les voyageurs au coin d'un bois. Procès inique, mobile honteux de cette noblesse guidée uniquement par l'appât du gain !!!








Car bien évidemment il n'y en avait qu'un seul de mobile !!, faire tomber Jacques Coeur pour se partager ses biens et les vautours de la cour s'y entendaient dans ce domaine.

Ils se libéraient ainsi des sommes astronomique dont ils étaient redevables à ce spécialiste de la finance, mais le procédé n'était pas nouveau, car la France avait déjà fort souvent pratiqué cette technique avec les Juifs, on les accusait de tous les maux de la terre, on les chassait du royaume, puis on gardait leurs biens et on soldait ainsi les créances de tout le monde, simple, efficace, lucratif

Jacques Coeur fut mis en prison, malmené, menacé de torture, , puis condamné au bannissement et à la confiscation de ses biens. Sans oublier qu'il du s'excuser devant le roi de choses qu'il n'avait jamais faites

Mais que dire de ce bouffon de Charles VII qui abandonne la personne à qui il doit sa couronne (Jeanne), puis ensuite qui abandonne la seule personne qui lui fourni les moyens financiers de reconquérir son pays (Jacques)


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Avis personnel de votre nain copiste: L'histoire est la pour nous apprendre comment cet inconstant et pâle monarque avait pu se maintenir sur son trône, car sans jeanne d'Arc, La Hire, Dunois, Xaintrailles, Gilles de Rais, Jean V de bueil et tant d'autres guerriers pour consolider, tant par leurs actes que par le sang versé ce trône qui s'écroulait sous ce royal fessier !!!! Eux qui ont maintenus au bout du bras débile de ce Prince le sceptre qui s'en échappait !!...c'était à eux, plus qu'à ce triste roi de Bourges que revenait ce surnom de victorieux

Il semble constant que son indifférence pour l'éclat de sa renommée fut l'affaire des autres et non la sienne, d'ou son titre de "Charles VII le bien servi " Ce n'était qu'un Oison perché sur son trône, du haut duquel il joignait l'indolence à l'ingratitude !! car tandis qu'il laissait Jeanne d'Arc brûler sans bouger, il abandonnait Jacques Coeur à ses ennemis pour le récompenser de sa fidélité et de ses services !!!!




PS l'auteur que je nomme dans l'article précédent sur Bourges, fourni de plus amples renseignements que je vous enjoint d'aller consulter à la BNF, dans cet article encore une fois je donne mon avis personnel à vous de vous faire le votre M de V

samedi 28 juillet 2018

La Cité de Bourges au XV siècle

Elle est assise en plat pays abondant en tout, les murs en sont fortifiés, formant un ovale de 4000 toises, munie de 80 tours hautes et épaisses, servant à la défense des courtines et des murailles.

On entre dans la ville par sept portes ou entrées, possédant de petites poternes, il y a donc sept faubourgs correspondant à ces sept entrées. En période d'hostilités, seules quatre portes sont ouvertes et gardées, Bourbonnaux, Saint Privé, Saint Sulpice et Auron. Aux alentours huit moulins assuraient la mouture du grain nécessaire à la ville.

A l'intérieur de l'enceinte, outre la Cathédrale, la collégiale de Saint Ursin et la Sainte Chapelle, on comptait six autre églises, puis des monastères, des Couvents, des Prieurés, un Hôtel de ville, un Hôtel Dieu et l'hôpital Saint julien

Si une ville peu s'identifier à un roi c'est bien celle de Bourges ou le dauphin Charles se réfugie, celui qui sera nommé le petit roi de Bourges avant de devenir Charles VII









Il n'est pas aisé de se prononcer sur la quantité de citadins de Bourges à cette époque, mais des archives permettent de faire une approximation. Les Historiens pensent que derrière ses murailles la ville contenait 7500 maisons, abritant 9000 familles environ !

Comme il n'y avait pas de crise démographique on peut avancer que cette cité comptait entre 40 000 et 50 000 âmes, en fonction bien sur, des guerres et des épidémies !!!

Notre population est active et laborieuse se livrant à l'industrie du drap et travaillait les laines, cette ville aux rues étroites et sombres, fut au XV siècle le coeur de la patrie, en même temps qu'elle devenait une plateforme importante du commerce.

Ses foires attiraient une foule considérable de voyageurs et de commerçants, la population de la cité lors de ces manifestations commerciales montait à près de 100 000 âmes, ruche bourdonnante d'activités marchandes et d'échanges lucratifs.

Ici l'on trouvait les produits de ces pays fabuleux et lointains, que visitait la flotte de Jacques Coeur, ces galères qui allaient de Damas, à Jaffa, ou Beyrouth, puis de Rosette à Phamagouste capitale de la Chypre, sans oublier Alexandrie plaque tournante des produits d'Orient. De quoi alimenter l'imagination du populaire, bien des gens faisaient une longue route pour venir à ces foires ou dans les échoppes de la ville.








On trouvait donc dans cet écrin de murailles, les bijoux, les soies et les tapis, les tissus précieux brodés d'or et d'argent, puis les aromates, les essences rares et les parfums, qui émerveillaient les populations.

Les transactions s'envolaient, nombreuses et fructueuses dans cette bonne ville de Bourges, ses foires étaient renommées et augmentaient sans cesse en importance !!

Nul besoin de vous dire que les rues étaient animées, grâce aux gens attirés par les affaires commerciales et tous ceux qui recherchent la satisfaction des plaisirs bien sur !!!!

Ils se coudoient tous en grande hâte, tous affairés, évitant avec adresse les fardiers, pour se porter vers les boutiques et les échoppes jalonnant les rues !!

Sans oublier les amateurs de tavernes à vins, qui se pressent dans des salles enfumées de vapeurs de cuissons et basses de plafond, ou pendent jambons et saucisses. On y parlait fort en consommant force coupes et chopes, accompagnées de fromages, de produits de "Charcuitiers" et de "Rotisseurs", du moins dans les tavernes honnêtes ou le vin n'était pas coupé ou mélangé de vins vieux, terreur des palais exercés !!!! (voir article)









Au détour des places de la ville les petits marchands offraient leurs produits qu'ils étalaient à même le sol, plus loin quelques musiciens ou cornemuseux jouaient mélodieusement de leurs instruments, rassemblant badauds et muzards de toute nature, permettant ainsi aux tire laines professionnels et ruffians de tous genre d'exercer leur coupable industrie en moissonnant les escarcelles!!!

Les porcs et les volailles en liberté accentuaient le charivari pittoresque de ce spectacle de rue, mais préoccupation constante des dirigeants de la cité à une époque ou les épidémies et la peste exercent leurs ravages

La foule  se pressait tout autant aux réceptions des rois, princes et seigneurs, qu'au gibet pour assister à l'expiation des condamnés pour leurs forfaits. Sans compter les multiples processions des corporations de drapiers, gantiers, boulangers, bouchers ou poissonniers se rendant " en belle arroy " à l'église  de leur Saint patron. Nous sommes dans ce Bourges du XV siècle, que son commerce faisait l'égale des républiques marchandes des villes Italiennes au Moyen âge !!!!






Nota: pour parler des images illustrant cet article !! En contemplant la façade des édifices consacrés au culte chrétien, que sont les églises et les cathédrales, on peut éprouver un certain trouble face aux grimaces et railleries de toutes sortes, qui sont accumulées sous les porches ou le long des murs. On trouve à côté de pieuses statues des entrelacs de diableries et d'obscénités
Vices et passions sont représentés avec une grossière brutalité, la luxure a rejeté tout voile, elle y apparaît bestiale et sans pudeur. C'est incompréhensible, comme l'était la décoration des monuments Egyptiens, cet art de la pierre est prodigue en monstres fantastiques, horribles gnomes, larves hideuses, qui s'enroulent autour d'étranges nudités, que l'on croirait sculptées au fronton de ces édifices pour tenter les fidèles !!!





PS: petit aperçu de la vie dans nos cités, la documentation provient comme d'habitude de la BNF, le livre utilisé pour satisfaire les gens du blog est de Edmond Jongleux, agrémenté de la prose de votre copiste habituel  M de V

vendredi 27 juillet 2018

N°215) Médecine Vétérinaire au Moyen âge

Selon le livre de Léon Moulé, l'Italie est considérée comme le berceau de l'art vétérinaire des temps modernes, les Traités manuscrits parus à cette époque, bien qu'inférieurs en nombre par rapport à l'Antiquité, furent le point de départ des travaux analogues dans les pays voisins ou la science vétérinaire était à l'état embryonnaire !

Les travaux des vétérinaires et agronomes Italiens antérieurs au XVI siècle sont nombreux; il cite au XII siècle des hommes comme Mosé de Palerme, Ruffus Bonifazio, Théodoric, Crecenzi ou Jacopo Doria.

Au XIV siècle, Ruzio, Ubertodi Cortoneva, Dino Dini, Bartoloméo Spadafora et Martino de Bologne; Puis au XV siècle, Bartoloméo Grisone, Viscanto Girolamo, Piero Andréa, Facio Giovanni et Giorgio Colombre, il ajoute qu'il faut tenir compte également de tous les manuscrits anonymes d'Hippiatrie (science relative à la santé du cheval), et de Fauconnerie disséminés dans les archives.









En France la médecine vétérinaire fut lente et ne sera que le reflet de celle de l'Italie. Mais la langue latine étant commune à la plupart des peuples, les principaux ouvrages Italiens écrits en latin, servirent de guide à tous ceux qui se livraient à l'étude du Cheval et de ses maladies.

Par contre en ce qui concerne la Fauconnerie et la Vénerie, les manuscrits d'origine française furent florissants et bien que ces sciences ne soient pas de chez nous, le nombre incalculable de documents en font une science que nous pouvons revendiquer, du moins en ce qui concerne la pathologie Canine et Aviaire, je ne citerais que le plus connu, le livre de la chasse de Gaston III Phébus

Mais c'est parmi les simples Maréchaux qu'il faut aller chercher les sources de notre médecine vétérinaire. Il ne faut point en rougir, car les animaux furent surement mieux soignés que les hommes, n'en déplaise à tous ces charlatans de médecins, de Chirurgiens, de barbiers et de sorciers qui sévissaient au moyen âge !! Ce n'est pas une critique mais juste une constatation des faits, il faut pour vous faire une opinion lire les articles du Blog sur la médecine et leurs praticiens !!!








Le maréchal ferrait les chevaux, mais il était aussi appelé à leurs donner des soins en cas de maladies ou blessures, par exemple, nous trouvons écrit dans " l'état de la maison du Duc de Bourgogne, Charles le Hardi ", au XV siècle ce texte, je cite:

L'écuyer d'écurie, avait sous sa direction tout le personnel d'écurie de la maison du Duc, écuyers, palefreniers, laquais et valets de chevaux et des Maréchaux qui ferrent et médecinent les chevaux (1474)

Dans le statut des Maréchaux de Rouen en 1464, il est spécifié: que chacun des maréchaux dudit mestier, devra, faire bonne oeuvre, tant en cure des chevaux, comme dans celle d'ouvrer le fer, celui qui veut ouvrir forge devra prêter serment à cette ordonnance !!

A cette époque on ne plaisantait pas avec l'entretien des chevaux, cet animal était vital dans bien des domaines








On pourrait aussi se demander si nos maréchaux donnaient des soins aux autres animaux ?? C'est probable, on trouve des écrits traitant d'abcès du cou et des plaies du Boeuf ?? Peu être ceux qui servaient aux champs. Je me lance dans une Hypothèse, car je ne suis pas comme notre auteur, un vétérinaire ??

Mais il semble plausible de croire que les plaies étaient faites par le carcan que portaient les bêtes pour tirer la charrue et qu'ils utilisaient des médecines consolidatrices des chairs ?

Le texte précise: que plusieurs maladies surviennent aux boeufs, que les maréchaux connaissent bien, et savent guérir ! spécialement ceux qui sont experts !

Mais toutefois la médecine des Bovidés était le plus souvent pratiquée par les Bouviers. Quand aux Pasteurs parfois nommés " meges " (médecins) ils oeuvraient  sur les moutons

La pathologie canine était du ressort de tous, chirurgiens, apothicaires, maréchaux et veneurs, chacun en fonction des connaissances qui lui était propres






PS: ceci est un bref aperçu de la médecine vétérinaire, je vous engage, dans le cas ou vous désireriez approfondir le sujet de consulter la BNF est le Livre de Léon Moulé qui s'y trouve M de






mardi 24 juillet 2018

Les Bardes de la Bretagne Armoricaine au Moyen âge

Fort long-temps avant que les Troubadours fissent retentir dans tous le midi de la France, leurs chants harmonieux, et que les romans épiques des Trouvères du nord, ne répandissent l'esprit et les vertus de la Chevalerie, il était un peuple qui parlant la langue Celte avait sa Poésie

Une poésie particulière, écrite dans une langue fixée depuis des siècles, infiniment précieuse, puisqu'elle nous offrait un contact entre la littérature Française et celle primitive des Gaulois. La littérature Antique de cette partie de la France, reste encore de nos jours méconnue, voire oubliée des historiens, cette histoire littéraire de l'Armorique du Moyen âge !!

Il est même remarquable que les historiens de la "petite Bretagne", nommée ainsi par rapport à l'île d'Albion, aient gardés le silence si longtemps ? Alors que les Trouvères des XII, XIII et XIV siècles ne cessèrent jamais de rendre hommage aux Bardes de cette province.

On traduisit en France comme en Angleterre plusieurs de leurs ouvrages et l'on peut sans exagération dire qu'ils devinrent des modèles pour nos premiers poètes. Pour Albion je n'en citerais qu'un seul mais il est de taille, son oeuvre est énorme, de plus il résida en France contre son grès assez longtemps (voir article)








Je parle bien sur au XIV siècle de ce fils de la haute Bourgeoisie Londonienne, Geoffrey Chaucer, qui dans ses Contes de Canterbury, fait un grand éloge des poètes Armoricains

Je cite: Ils furent gentils ces anciens bretons, qui composèrent dans leur langue Antique, des Lais sur plusieurs événements mémorables et qu'ils les chantèrent en s'accompagnant avec leurs instruments .

Geoffrey, insère même plusieurs de ces lais dans son oeuvre, qu'il nomme lais Bretons ou lais Armoricains, mais d'autres poètes Anglais mirent en vers un grand nombre de pièces de ce genre tirés des lais bretons et fort appréciés des Dames Anglaises !!

Avant lui au XIII siècle, Marie de France, va traduire en vers Français un grand nombre de lais Armoricains, la collection qu'elle laisse est unique !!


Sa traduction a une préface, dans laquelle elle adresse son ouvrage à un Roi, mais qu'elle ne nomme pas ?? Elle nous apprend que jadis c'était fort courant, dans la Bretagne Armoricaine, de mettre en vers les événements mémorables . Elle rend hommage aux anciens Bretons, d'avoir maintenu la coutume de conserver le souvenir des faits historiques, avantage pour les lettres et récompense de la vertu.









Elle précise que l'on y chantait ces lais en s'accompagnant de la harpe ou de la Rote !!, mais d'autres tout aussi célèbres, avant elle, ont vantés les bardes bretons.

Au XII siècle, Chrétien de Troyes, au début de son roman " le chevalier au lion ", fait entendre qu'il a pris la trame de son oeuvre dans les poésies des bardes armoricains. On peut d'ailleurs le citer: Si je m'accorde tant avec les bretons, dit il, c'est qu'ils ont conservés par leurs chants, la mémoire des hommes qui s'honorèrent par de belles actions, de ces hommes qu'il nomme lui même, Preux, Courtois et honorables !

Enfin, pour enfoncer le clou! parlons de Alain de Lisle, qui mérita le titre de " Docteur universel ", qui atteste avec force que les fables armoricaines étaient fort répandues, je cite:

Ou la renommée, dit il, n'a t'elle pas porté le nom d'Arthur  ? N'a t'il pas pénétré dans tous les lieux ?. Si nous en croyons les rapports des croisés, les peuples de l'orient le connaissent encore mieux que ceux de l'occident, l'Egypte, le Bosphore le célèbrent, Rome maîtresse des nations le chante et Carthage sa rivale n'ignore pas ses exploits!!!!


PS: ceci pour remettre un petit peu les pendules à l'heure, car la précision me semble de mise, rendons donc à l'Armorique ce qui lui revient de Droit M de V

vendredi 20 juillet 2018

La Foire du Lendit

Cette foire se tenait en France depuis le VI siècle et se poursuivit bien après le moyen âge, on la situait dans la plaine du Lendit, entre Saint Denis, Saint Ouen, Aubervilliers.

C'était la plus grosse foire d'Europe, après celles de Champagne bien sur (voir article). Les moines de Saint Denis, louaient les emplacements à ces marchands qui venaient en grand nombre.

Nos moines tiraient de tous, et tous les ans, de gras profits de ces locations, selon les différents écrits on parle de 1000 à 1500 emplacements !!!!!!

Le roi n'était pas en reste et lui aussi, profitait grassement de la situation, en engrangeant des taxes fort rondelettes sur les échanges commerciaux










Au premier jour de cette grande manifestation commerciale, se faisait une procession, partant du parvis de Notre Dame jusqu'à la plaine du Lendit, L'évêque en tête et moult personnes le suivant avec les représentant des corporations de marchands, arrivé sur les lieux notre ecclésiastique bénissait populace et marchands.

Notre foire durait au bas mot une quinzaine de jours mais toujours en Juin, ce fût un pôle important du commerce des siècles durant, tenu de main de maître, par les Hanses et guildes de marchands, qui détiendront le monopole de cette foire jusqu'à la renaissance.

Tout Paris et les villages alentours venaient y flâner, s'approvisionner. Les marchands venaient de toute l'Europe et des frontières de l'Orient, ils se répartissaient dans des loges faites de bois et de toiles servant également d'échoppe, et comme dit plus haut on pouvait en compter jusqu'à 1500 !!! afin de vendre marchandises, mais aussi renseignements de toutes sortes !?!










Quand on dit que l'on y vendait de tout, il n'y a pas fallacieux propos, car début XV siècle le Prévôt de Paris y a acheté un grand nombre de chats, afin de dératiser la cité qui était infestée de nos prolifiques rongeurs !!

De nombreux drapiers et marchands de vêtements vendaient Habits, toiles et Tiretaine, draps d'or et d'argent sur soies, il y avait également cuirs et peaux, belles étoffes de laines, outils, armement et petit mobilier etc..!

Mais surtout c'était la foire la plus renommée pour les parchemins, clercs Laïques et religieux, étudiants, copistes du parlement, notaires et juristes s'y pressaient en masse ! et bien sur tous les universitaires des facultés parisiennes, ce qui n'était pas pour plaire à tout le monde les étudiants étant des gens fort turbulents







Car il y avait aussi la fête scolaire du Lendit, en ce mois de Juin, et le Recteur de l'université, des facultés et collèges, conduisait un cortège d'étudiant turbulents qui s'adonnaient à toutes sortes de festivités et de frasques dont ils avaient le secret !!!

Les bagarres, beuveries et désordres sans fin, provoqués par nos étudiants de la basoche, forceront le parlement à stipuler par ordonnance que désormais ce cortège deviendrait une simple délégation !! Pour finir par abolir purement et simplement cette fête scolaire à la renaissance.

C'est à cette époque que les maîtres et professeurs recevaient leurs honoraires que l'on nommait aussi les "Lendits", je dois dire que personnellement j'aurai bien aimé assister à l'une de ces foires, l'ambiance devait être fantastique M de V

lundi 16 juillet 2018

Le Château de Fénelon en Périgord Noir

Ce monument d'histoire du Périgord noir, semble avoir toujours été la ! c'est du moins l'impression qu'il donne au premier regard, même si la création de ce colosse de pierres se perd dans les méandres brumeux du haut moyen âge.

Dans une époque de grands bouleversements, d 'invasions barbares et de reconstruction tant politique que sociale. C'est l'aube d'un pays que l'on nommera la France.

Des hommes vont trouver sur ce promontoire rocheux, un lieu protégé, facilement défendable avec une vue imprenable sur la vallée, d'ou l'on pouvait, lors des invasions barbares, voir arriver Wisigoths, Francs, Sarrasins et Vikings, pendant leurs fréquents raids fait de tueries et de pillages










C'est au début du IX siècle qu'apparaît la seigneurie de Fénelon, avec la construction d'un premier Castrum, il fut sans doute bâti dans les environs de l'an Mil, ce qui nous amène dans une période assez sombre, un mélange de guerre de religion cachant à peine un appât du gain de cette noblesse du nord.

Dans cette époque se répand en Aquitaine et le sud du pays la doctrine des Cathares, bon prétexte pour qu'en 1209, ce fumeux personnage de Simon de Montfort vienne tout saccager !

Puis viendront nos joyeux inquisiteurs en 1233, qui installés à Gourdon vont poser leurs augustes postérieurs dans leur tribunal, une belle bande de mielleux confits en dévotions, hypocrise pure !!!

Amalvin seigneur de Fénelon et son épouse, Lucie, en feront les frais en 1241!! Convaincus d'avoir accueillis et adoré des " Parfaits ", ils seront condamnés et envoyés en pèlerinage pour une durée de trois ans, avec obligation de porter la marque d'infamie, ces fameuses croix cousues sur les vêtements (voir article)

Cette première forteresse fut détruite , sans que les archives permettent pour le moment de donner une théorie plausible à cette destruction ????










Fin du XIII siècle la famille de Fénelon qui bénéficie d'appuis solides dans la région va rebâtir une forteresse, qui malheureusement ne sera pas épargnée par la lutte pour le Duché d'Aquitaine et ensuite par la guerre de cent ans (voir article)

Quand survient ensuite, en 1337, le bras de fer entre cet insipide Philippe VI, premier des Valois (ce roi trouvé comme le nomme les Anglais) et Edouard III, ils nous feront entrer dans une guerre qui durera 116 ans !!

Alors vont croître dans la région les bandes de routiers qui plus tard seront nommés aussi écorcheurs, ils vont mettre le pays en coupe réglée !!!. Qu'ils soient de France ou d'Angleterre ne changeait rien, car ils tuaient et pillaient dans les deux camps, s'alliant même entre eux pour plus de profit (voir article)

L'un de ces routiers qui écumait la région à la tête de sa bande se nommait Bertrucat d'Albret, ce personnage était à la solde des Anglais, il s'empare du château de Fénelon en 1356 et de ce château, il fait son repaire, d'ou il organisera ses raids et ses pillages !!

Après cet insultant traité de Brétigny, ou ce benêt de Jean II le Bon ( que ce titre de le bon ne saurait réhabiliter), cède à Edouard III d'Angleterre un gigantesque territoire, mais qui instaure une paix relative donnant un second souffle à une Aquitaine pantelante !!









Mais le temps se gâte pour Bertrucat !!, l'Aquitaine devient Principauté, que le roi Edouard III donne à son Fils, Edouard de Woodstock, Prince de Galles (nommé bien plus tard par des historiens le prince noir), ils vont faire rendre gorge au routier qui sera sommé de rendre cette forteresse au célèbre John Chandos (qui fut un mentor et un conseiller pour le prince Edouard)

C'était le calme précédant la tempête, la guerre reprend de plus belle en 1369, ou plus personne ne peu se fier à son voisin, lorsqu'une une alliance du matin se transforme en trahison le soir !!!(voir article), tous le pays sera balayé par ces courants malfaisants, ou le père peine à faire confiance au fils, comme un voyageur n'osant mettre le pied sur une planche pourrie d'un pont !!!!!










 Après 40 ans de cette guerre entrecoupée de trêves, la région est libérée par Bertrand notre teigneux Breton et son roi Charles V le sage, le Sénéchal Menaud de Barbazan, confie le château de Fénelon à jean de Massault, seigneur des environs, dont il deviendra propriétaire en l'achetant à la couronne de France.

En 1377 la guerre reprend, la France est gouvernée par un roi fou et ses oncles rapaces !! On ne sait pourquoi la famille de Massault ne pu garder château Fénelon ? On suppose que les finances de beaucoup de maisons nobles étaient mises à mal par cette guerre!

Ils se résignent à vendre à la maison de Salignac, vieille famille dont les ancêtres participèrent à la première croisade





PS: Si vous passez dans mon coin je me dois de vous conseiller la visite de cette imposante demeure, dont les murs sont encore suintants de notre histoire, vous aurez la chance de rencontrer la famille Delautre qui porte à bout de bras la réhabilitation de cette sentinelle médiévale, fière de son passé, mais également de montrer aux passionnés d'histoire, que ce colosse de pierres veille toujours sur sa vallée M de V





dimanche 15 juillet 2018

Soies d'Or et d'Argent au moyen âge

L'art de mêler l'or ou l'argent à la laine, afin de former un tissu précieux, remonte à la haute Antiquité. Selon Pline, l'honneur en reviendrait au roi Attale, dont le nom resta attaché aux étoffes de ce genre.

Il en fut ainsi jusqu'au moment ou la soie est devenue une denrée commune en Orient et qu'elle remplace peu à peu la laine. Les étoffes d'or et d'argent seront désormais associées à la soie, relayant la laine au deuxième plan en ce qui concerne les tissus précieux.

Le commerce de la soie semble antérieur au VI siècle de l'ère chrétienne, pour l'introduction du vers à soie et de l'industrie de celui ci, mais il n'apparaît que vers le XII siècle en Europe

Au début du XII siècle le Roi de Sicile, Roger, avait entrepris une grande expédition guerrière contre les Grécs, il s'empare de Corinthe, puis de Thèbes et pour finir d'Athènes, après avoir pillé consciencieusement ces villes, il emmène en captivité tous les ouvriers de soie qu'il trouva !!!

Si ce Roger nommé également Othon de Friesingen, ne s'embarrassait pas de grand principes il n'en était pas moins intelligent pour autant










Il va les installer à Palerme, métropole de la Sicile et leur ordonne d'enseigner leur art à ses sujets. C'est à partir de la que l'industrie de la soie pratiquée par les seuls grecs dans l'Europe, commence à cesser d'être un secret en arrivant chez les latins grâce à Roger.

C'est du moins l'hypothèse la plus généralement répandue dans le milieu historique, ce qui fixe l'introduction de la soie chez les latins en 1146 ou 1147. On ne sait pas combien de temps l'industrie de la soie restera stationnaire dans cette île, avant de s'étendre dans l'Italie continentale.

Selon les sources il semble que ce soit les Lucquois qui exercèrent la profession en premier sur le continent. La ville de Lucques ou en Italien, Lucca en région Toscane, mais aussi un peu plus tard dans la capitale de la république de Venise.

Pour Venise on ne sait si ce fut avant ou après les évènements de la cité de Lucques ou Lucca ???











Si l'on se reporte à un écrivain Italien, publié par Muratori, il semble que les ouvriers de soie de Lucques se dispersent dans toute l'Italie en 1314 et portent leur industrie vers Florence, Milan, Bologne et peut être Venise.

Ce qui est certain c'est que nous voyons le Conseil de la ville de Bologne, favoriser l'établissement d'installations Hydrauliques sur le Reno, destinées au nettoyage du fil de soie !! Nous sommes donc au XIV siècle.

On produisait donc en Italie au début du XIV siècle des draps d'or et d'argent et du tissu de soie

Puis les ouvriers de lucques vont se répandre ou migrer vers l'Allemagne, la France et l'Angleterre, ainsi l'art des étoffes de soie, des draps d'or et d'argent commença à être enseigné puis pratiqué partout en Europe

Mais pourquoi les ouvriers de Lucques ont ils tous quitté leur cité en 1314 ? simple, en Italie les guerres entre cités étaient monnaie courante au XIV siècle !!










Si nos ouvriers quittent tous en même temps leur cité, c'est qu'elle est prise d'assaut par un Condottière du nom de Uguccione Della Fagiuola (1250-1319), il semble même qu'il occupera la cité jusqu'à sa mort en 1319 !!!

Ce qui ne veux pas dire, que vont pousser tels des champignons dans toute l'Europe des manufactures de soie dès le début du XV siècle !!!!!

Ce que l'on sait en revanche c'est qu'en Paris, travaillant sur des métiers, des ouvriers fabriquaient  des tissus ou des étoffes de soie, du drap d'or et d'argent et du velours, selon un article de Geoffroy de Fleuri en 1316, mais aussi appuyé par le registre des métiers des ouvriers de soie

Cependant la soie reste encore très rare en France en 1345. Si l'on se rapporte à quelques écrivains, l'industrie de la soie, n'était pas inconnue, semble t'il, en Champagne au XIV siècle et selon leurs dires les ouvrages en soie des Rémois étaient fort prisés ??





PS: voila en peu de mots comment le drap d'or et d'argent sur laine, fut remplacé par le drap d'or et d'argent sur soie, comme il se doit la documentation provient de la BNF, votre serviteur M de V

samedi 14 juillet 2018

N°210) Le Vin Vieux au Moyen âge ???

Il est constant d'affirmer que faute de savoir le conserver, on ne consommait pas de vin vieux au moyen âge. Mais il faut raison garder, puisque des textes mentionnent néanmoins la consommation de vin vieux ???

Le but de Y Renouard, est d'essayer de projeter quelques lumières sur cette épineuse contradiction ! le sens du terme ne souffre aucune contestation, " le vin vieux est le vin qui est encore en fûts, au jour de l'arrivée de la nouvelle récolte " Nous parlons donc pour la plupart des régions du mois de Septembre

On peu cependant faire un petite abstraction des vins dit " antiques ", de fort degrés, des pays de la Méditerranée, terres de viticulture et de soleil !! Mais vins que l'on devait souvent mêler d'eau pour les boire !!!, ils se conservaient plus aisément

Cependant on préférait en général les vins nouveaux aux vieux, et si Pline l'ancien, déclare qu'à l'arrivée du vin nouveau on jette les vins vieux, pour faire de la place au nouveau, cela veut dire aussi que même pour les vins à fort degrés de la Méditerranée la conservation n'est pas parfaite, qu'il soit fort ou pas !!

C'est donc à partir de cette situation qu'il nous faut examiner le problème du vin vieux au Moyen âge, afin de nous faire notre propre opinion








Faisons un point: les romains avaient propagé la viticulture, au nord et à l'ouest des alpes et créé en plusieurs étapes, les vignobles de Bourgogne et de Gascogne, puis au temps du bas Empire la culture de la vigne se propage dans tous les pays du nord jusqu'en Albion !!!

Mais les mauvais résultats obtenus vont ramener au XI et XII siècle la culture de la vigne au Maine, à la région d'Evreux et de Vernon, au Laonnais et la Lorraine. Cela nous donne bien évidemment des vins différents selon deux zones considérées, les vins du nord et les vins du sud.

Selon un agronome du moyen âge, Piero Cresenzi, il nous faut distinguer trois vins, le vin nouveau ou récent arrivé en septembre, le vin vieux qui peut avoir 4 ans et le moyen qui en a deux ou trois.

Ce spécialiste mentionne aussi des fraudes fréquentes de la part des Taverniers et Aubergistes, qui trempent de vin vieux, un fût de vin nouveau !! la clientéle le prend ainsi pour un vin vieux !!








La situation est différente en Aquitaine ou les vins sont plus fragiles. En général la vendange commence tout début septembre, donc apparaissent très rapidement les vins nouveaux, que tout le monde s'empresse de boire aussitôt !Il semble que les vins Aquitains expédiés en Albion, se gâtaient dès l'été suivant la récolte de septembre (en gros un an maximum), et bien sur les vins vieux perdaient toute valeur en Angleterre dès qu'arrivaient les vins nouveaux !!

Nous avons même une trace écrite ou Henri III d'Angleterre, fait distribuer des vins vieux et gâtés aux pauvres !!! Et dans le même temps préconise d'en acheter du nouveau avec le produit de la vente, manque pas de souffle le monarque hein !!!!!

Il faut dire que depuis le mariage d'Alienor avec Henri II jusqu'à la fin de la guerre de cent ans (pour être large) une grande partie des vins de bordeaux partaient en Angleterre. Beaucoup de négociants en vin de bordeaux avaient boutique à Londres !!!







Donc il est loisible de croire que les propriétaires de vignobles Bordelais, s'efforçaient de se débarrasser au plus vite de leurs vins !! au risque d'en manquer avant l'arrivée du nouveau. Ce qui conforte l'idée que le vin vieillissait mal et que souvent il fallait jeter une partie de la production, piquée ou frelatée, avant l'arrivée de la nouvelle cuvée !!!

Bien sur je ne vous parle pas de la " Piquette ", terreur des palais exercés !!, faîte avec la mou des premiers pressages et que l'on donnait comme boisson aux travailleurs à la tâche Bheurk !!!!, elle était généralement imbuvable au bout de cinq à six mois.

On constate encore une fois, que les pauvres buvaient et mangeaient de la merde !!!, mais comme en notre siècle on ne fait guère mieux !!! je ne vois pas encore une fois pourquoi on jetterait la pierre sur l'homme médiéval ..?????







PS: merci à monsieur Y Renouard pour ses éclaircissements M de V