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vendredi 1 septembre 2017

Crimes et Chatiments au Moyen âge

Nous présentons un petit survol des peines de justice et des cas les plus courants trouvés dans les registres et les livres de cette époque.

Le duel judiciaire, hérité des mœurs germaniques, fort prisé au moyen âge, deux cas de figures se présentent pour le règlement de ce conflit.

Pour ceux dont le port des armes sont interdits, comme femme, enfants ou ecclésiastique, ces derniers doivent désigner un champion les représentants en champ clos.

Pour les autres la question ne se pose pas ils iront eux même défendre leur cause, le lieu est formé comme c'y contre d'un carré de palissades, les armes employées sont fonction de la qualité sociale des combattants.

Les écuyers combattent à pied, avec épée et bouclier, le chevalier lui peut choisir le combat à cheval ou à pied, quand aux vilains, serfs et autres seront munis d'un couteau long et d'un bouclier recouvert de cuir.

C'est Louis IX (saint Louis) qui va le premier formuler l'interdiction de ces duels, mais ce n'est que son petit fils Philippe IV le Bel (le roi de Fer), qui parviendra à les supprimer définitivement de la pratique judiciaire.




Pèlerinage pour cause de jugement: les registres du parlement de Paris contiennent plusieurs décisions de ce genre.

Exemple, le 2 juillet 1367, le dit Parlement rend l'arrêt suivant, sur Martin Blondel, auquel il étoit reproché d'avoir juré puis vilainement, avoit craché et vilipendé la croix, avoit rompu par dépit deux images, l'une de Dieu et l'autre de la sainte Vierge.

Le dit Martin Blondel demanda grâce à la cour,..la dite cour ordonne que Blondel jeûnera tous les vendredi d'un an en pain et eau, item qu'il jeûnera tous les samedi du l'an suivant, item qu'il ira en septembre de cette année en pèlerinage à notre Dame de Boulogne sur mer à pied.

Il est noté qu'il devra à son retour présenter les testimoniaux du dit pèlerinage. Les pèlerins faisaient viser sur le lieu du culte un carnet de route, notre Martin Blondel devra présenter ce carnet comme preuve qu'il a bien effectué ce parcours.







La peine du fouet s'inflige de deux manières différentes, sous la custode, c'est à dire, à l'intérieur de la prison par la main du geôlier, ce n'est alors qu'un simple châtiment correctionnel pour de petits délits.

Elle devient une peine infamante lorsqu'elle a lieu publiquement, dans le cas d'un criminel, il sera nu jusqu'à la ceinture et promené de par la ville, recevant à chaque carrefour de la main du bourreau, un certain nombre de coups de verges ou de cordes à nœuds.

Pour la prostitution et l'adultère c'est également en place publique que la punition est effectuée






Par l'eau bouillante, ou nommée le bouillage, peine le plus souvent utilisée pour les faux monnayeurs.

En 1447, un compte de l'ordinaire de Paris mentionne, paiement au bourreau d'un trépied pour asseoir la cuve ou furent bouillis trois faux monnayeurs.

Mais ce ne sera pas le sort exclusif de cette sorte de voleurs. Bien plutôt en 1198 Philippe Auguste fait noyer dans l'eau bouillante des individus coupables de maltraitance envers une religieuse.




Le chevalier qui forfait à l'honneur: Il sera dégradé en place publique selon un rituel déjà mentionné dans les établissements de Saint Louis (Louis IX).

Exposé sur un échafaud, il verra ses armes brisées pièces par pièces, ses éperons lui seront retirés et jetés sur un tas de fumier, le bouclier ou figure son blason sera attaché à un cheval de labour et trainé dans la poussière, puis on coupera la queue de son cheval de bataille (destrier).

Il sera ensuite emporté allongé sur une civière en l'église la plus proche pour entendre réciter les prières des trépassés.

Car le chevalier ayant forfait à l'honneur, n'est plus aux yeux de ses pairs et de ses compagnons d'armes, qu'un cadavre qui sera livré au bourreau et mis à mort!

Au vu des mœurs de l'époque, il est d'ailleurs préférable pour lui qu'il meure, car sa vie serait un véritable enfer !! rejeté de tous et en premier lieu de ses proches et de sa famille toutes les portes lui seraient fermées.

S'il parvenait à éviter l'exécution de la sentence, il ne peut que se réfugier chez les routiers, ou chez les brigands ce qui bien souvent revient au même, il n'aurait même pas l'option de se réfugier dans une Abbaye ou un monastère les portes lui en seraient fermées.




L'amende honorable: Quelle que soit la peine infligée au coupable, l'exécution de la sentence est souvent précédée de cette amende honorable, elle constitue dans certains cas un châtiment distinct, mais qui n'est que le prélude du supplice lui même!.

Elle est dite simple ou sèche sans l'intervention du bourreau, dans la chambre du conseil. Le condamné à genou et tête nue, déclare en présence de ses juges et des parties lésées, que faussement il a dit ou fait quelque chose contre l'autorité du roi ou contre l'honneur de quelqu'un, demandant pardon à Dieu, au roi et à la justice.

Elle est dite in figuris (en public) donc infamante lorsque le condamné en chemise tête nue et pieds nus, la corde au col suivi du bourreau, tenant en main une torche de cire jaune et portant dans le dos un écriteau, va s'agenouiller devant une église ou il fera la même déclaration. En 1384 l'Avocat Jean Desmarets, iniquement condamné, par les oncles du jeune roi charles VI le fou, refusera de prononcer toute la formule !!! disant seulement : je demande pardon à Dieu mais j'ai toujours servi loyalement le roi est ses prédécesseurs, je n'ai pont de pardon à leurs demander, à Dieu seul je veux crier merci.




La question: forme archaïque de notre actuelle garde à vue, elle peut être préparatoire ou préalable.

Si elle a pour but d'arracher à l'accusé l'aveu de son crime ou le nom de ses complices elle est dite préparatoire.

Par contre elle est préalable quand elle constitue une aggravation de la peine que le condamné doit subir avant son exécution capitale.

On la qualifie également d'ordinaire ou d'extraordinaire, suivant la durée ou la violence des tortures infligés aux malheureux condamnés

Comme l'homme a toujours été particulièrement inventif dans l'art de faire mal, les techniques foisonnent et les outils sont légion. La plus part des représentations de scènes de tortures liées à la question montre des religieux, mais c'est souvent du simple fait qu'ils étaient bien souvent les seuls à savoir écrire.




Prisons et cachots: au moyen âge, il n'y a pas de règles, de statuts ou de coutumes régissant les lois intérieures des prisons.

En général elles sont aussi exigues que malsaines, prenons en exemple la prison du prévôt des marchands à Paris rue de la Tannerie.

Elle mesure 11 pieds de long (3,52 m) sur 7 pieds de large, soit 7,88 mètres carrés !!! ce qui n'empêche en rien d'y entasser une bonne vingtaine de prévenus. Pour la seule ville de Paris on compte entre 25 et 30 prisons, sans tenir compte de celles des communautés religieuses !




La décapitation, loin de l'imagerie que l'on trouve sur le moyen âge, traditionnellement la décapitation est le plus souvent pratiquée avec une épée à deux mains !!

Le journal d'un bourgeois de Paris (anonyme) relate que le premier jour de l'année 1413, Pierre des Essarts, qui avait fonction de prévôt de Paris fut décollé et son corps mené au gibet, pour y être pendu par les pieds et ce au plus haut du dit gibet.

Si vous me permettez ce bon mot on peu dire qu'il commençait mal cette nouvelle année....bon d'accord je m'excuse ...je recommencerais plus !!!

Certains avancent l'hypothèse que l'épée était réservée pour la noblesse, mais jusqu'à maintenant je n'ai rien trouvé qui puisse valider cette théorie, mais allez savoir pourquoi on trouve plus souvent de représentation de décapitation à la hache, je ne puis l'expliquer ?





La condamnation par le feu: elle n'implique pas obligatoirement la mort sur le bûcher, exemple le feu de souffre dans lequel on brûle la main des parricides ou des criminel de lèse majesté.

Le bassin ardent que l'on passe devant les yeux du condamné pour les lui brûler ou les diverses marques au  fer rouge dont on marque la peau.

Dans le cas ou le criminel est condamné à être ars ou brûlé c'est le plus souvent pour hérésie ou sorcellerie.

Dans le cas du bûcher celui ci est composé de lits alternés de bûches et de pailles, avec en son centre un poteau et un chemin pour y accéder, le criminel revêtu d'une chemise soufrée est lié solidement au poteau. Quelques fois la sentence prévoit que le coupable ne sera livré aux flammes qu'après avoir été préalablement  étranglé.


Mais la liste est longue, du tenaillement au fers rouge,en passant par l'écartèlement ou la roue pour les voleurs et bandits, puis la pendaison pour les manants et les vilains, sans compter les noyades dans un sac lesté de pierres. Mais il y a aussi la fosse ou les femmes sont enterrées vivantes par soucis des convenances, car on ne les pend pas pour éviter de voir les jambes ce qui choquerait la populace ou pire exciterait la paillardise


PS: voila un bref survol des réjouissances en matières de punitions criminelles M de V


vendredi 25 août 2017

N°90) les meurtres du roi jean II dit le bon à Rouen


Il fut dit au Roy de France que le Roy de Navarre ainsi que le Comte d'Harcourt devoient faire entrer les Anglois en ce pays et avoient fait de nouveau alliance avec le Roy d'angleterre.

Je ne sçai si c'estoit vrai ou non, ou si on le disoit à l'envie dans l'entourage du Roy de France, mais je ne crois mies que de si vaillants gent, de noblesse et de si haute extraction vosissent le faire et penser trahison contre leur naturel seigneur

Il est bien vrai que les hauts barons de Normandie ne voulurent oncques consentir à ce que la gabelle du sel courust sur leurs terres s'opposant ainsi au Roy! et que le Roy de Navarre avait fait assassiné à l'Aigle le favori du Roy, ce benêt de Charles la Cerda, mais pour une dette d'honneur et pour insultes en présence du Roy de France, dette qui ne peut se laver que dans le sang.

Mais Navarre avait fait amende honorable et avait été pardonné par le roi devant la cour de ses pairs.

Le Roy Jean II qui estoit légiers d'esprit et dur à oster d'une opinion lorsqu'il s'y estoit arrestés !! entrant dans une colère dont il était coutumier, dit sa grande haine, et jura que jamais il n'aurait parfaite joie tant qu'ils fuissent en vie.






En ce temps estoit son aisné fils, Charles de Normandie dont il estoit Duc et qui tenoit hostel au Chastiel de Rouen. Charles ne savoit rien des rancunes et de la haine mortelle que le Roy son père avoit sur Charles de Navarre et sur le Comte d'Harcourt et son oncle, monseigneur Geoffroy d'Harcourt de Saint Sauveur le Vicomte.

Le Duc leur faisoit toute la bonne compagnie qu'il pouvoit pour l'amour de son Duché et le voisinage de ces gens de haute noblesse ayant leurs possessions sur son Apanage !

Et il advint que le Duc Charles les fist prier, par des chevaliers de sa maison, de venir dîner avec lui en son Chastiel de Rouen.

Le Roy de Navarre et le Comte d'Harcourt ne voulurent esconduire le Duc et donnèrent leur accord aux messagers de Charles, toutefois, s'ils eussent écoutés et crus les conseils avisés de Philippe de Navarre, frère du roy de Navarre et de Geoffroy d'Harcourt, oncle du Comte d'Harcourt ils ne fussent jamais entrés en ce chastiel de Rouen.

Mais il en va ainsi dans le déroulement du cours de la vie, ils n'écoutèrent ni les mises en garde, ni les conseils de prudence et vinrent à Rouen ils entrèrent par les camps au chastiel ou ils furent reçus à grande joie, et les portes se refermèrent sur eux comme les mâchoires d'un piège.







Le Roy Jean II qui se tenoit infourmé, savoit bien le quand le pourquoi et le comment de la venue du Roi de Navarre et du Comte d'harcourt à Rouen pour dîner avec son fils, il savoit fort bien que le samedi étoit la jour décidé.

Il départi donc le vendredi avec sa mesnie privée pour accomplir sa vengeance!! chevauchant tout le jour il entra au chastiel de Rouen au moment ou tous les seigneurs étoient attablés avec son fils le Duc.

Il monta les degrés jusqu'à la salle précédé de messire Arnould d'Audrehem, celui ci tirant son espée dit : que nul ne se meuve pour cause de ce qu'il voie, s'il ne voeult estre mort de cette espée !!!.

Vous devez savoir que le Duc de Normandie, le roy de Navarre, le Comte d'Harcourt et ceux qui siegeoient à la table du repas furent bien esmerveillet et esbahis, quand ils virent le roy de France entrer dans la salle du festin dans un tel état de rage qu'ils souhaitaient tous êstre ailleurs. Adonc se levèrent ils, tous cuidant faire la révérence, mais le roy n'avoit nul envie de recevoir hommage, s'avançant vers la table il lança son bras et saisi le roi de Navarre par la kevèce et le tira roid à lui, en disant, " Or sus traître ! tu n'est pas digne de siéger à la table de mon fils. Par l'âme de mon père, je ne penserait plus jamais à boire et manger tant que tu vive".







La se trouvait un escuier de la maison de Navarre qui s'appeloit Colinet de Bleville, qui fut si moult courouciés de voir son mestre ainsi malmené qu'il tira son baselaire le portant en la poitrine du roy de France disant qu'il l'occiroit, Jean II lacha Charles II roy de Navarre et dit à ses sergans "  prenez au corps ce garçon et son mestre aussi.

Les sergant d'armes s'avancent aussitôt et saisissent à la main le roy de navarre et l'escuier. La s'émeut grandement Navarre, disant à Jean II " Ha monseigneur, par Dieu grâce, qui vous a si  durement encoléré contre moi ?

Il ne fallait pas pourtant être grand Clerc pour comprendre que malgré la réconciliation publique de Jean II et de Charles II, pour la mort du connétable Charles d'Espagne, son favori !!, le roy de France n'avait rien pardonné.

Pour le Comte d'Harcourt, c'était le fait de plusieurs injurieuses et orgueilleuses paroles contre son roy lors de l'assemblée du chastiel de Val de Reuil, au sujet des aides que devaient apporter le duché de Normandie pour la guerre du roy. Mais pas seulement...le Comte d'Harcourt était parti prenante dans l'affaire de L'Aigle !!!







Et pour ces causes le roy de France fist mettre en prison dans diverses chambres du chastiel de Rouen les gens conviés par le Duc de Normandie, et tantôt ala diner du festin organisé pour les invités de son fils !!!

Quand il fut repu, lui, sa mesnie et ses cousins d'Artois, montèrent à cheval, pour se rendre en un champ derrière le Chastiel nommé " le champ du pardon ".

Ironie du sort puisqu'il allait être le lieu d'une meurtrerie inique !!!, la fut menez en deux charrettes, sur commandement du roy, le Comte d'Harcourt, le seigneur de Graville, monseigneur Maubué et Colin Doublet.

Ils eurent en ce lieu le chef tranché,sans jugement ni procès !!!, puis trainés jusqu'au gibet de Rouen pour être pendus par les pieds et leurs têtes posées sur le dit gibet.

Le lendemain le roy délivra les autres ne gardant prisonniers que le roy de Navarre, le dit Friquet et le dit Banthelu, ils furent menés à Paris et enfermés, Navarre au Louvres et les deux autres au Châstellet. Jean II ce roy brouillon, comme son père et son grand père avait obtenu vengeance !!

Il ne peut en être autrement, il vous faut savoir que ceux qui furent exécutés et ceux qui furent emprisonnés se trouvaient tous à l'auberge de la rue de la Truie qui file à L'aigle !!! pour l'exécution de cet insipide charles la Cerda  !!



PS: La question reste posée ? de Jean II dit le bon et de Charles II dit le mauvais, lequel des deux mérite vraiment le qualificatif de Mauvais ???  M de V

mardi 22 août 2017

La mort de Charles II dit le Mauvais 1387

Hormis l'année ( 1387 ), personne ne saurait dire aujourd'hui comment est mort ce Prince de France, Roi de Navarre et Comte d'Evreux.

Force est donc de constater, qu'il me reste comme seule solution, celle de retranscrire aussi fidèlement que possible les quatre versions connues de sa mort.

Elles sont malheureusement fort divergentes les unes des autres, il vous faudra, comme moi, trier le bon grain de l'ivraie, afin de vous forger votre opinion sur la mort de ce personnage haut en couleurs de ce XIV siècle.

Citons les auteurs ayant relatés l'événement: l'évêque de Dax, dans la chronique du religieux de Saint Denis, puis Froissart édition Kervyn de Lettenhove, en troisième position Favyn XVI siècle dans histoire de la Navarre et pour finir Mézeray XVII siècle dans son histoire de France.





L'évêque de Dax: Ma très redoutée dame, après m'être humblement recommandé à vous, je vous annonce, les larmes aux yeux et le cœur navré de tristesse et d'amertume, la mort cruelle du Roi notre sire; mais c'est aussi avec une véritable joie et une vive satisfaction que je vous parlerai de la sainte et digne fin qui lui a été accordée par une grâce spéciale de la providence. Ce fut la veille de la fête de la sainte Lucie, vierge et martyre, qu'il se coucha sur son lit de douleur vers minuit; depuis ce moment il ne cessa de confesser ses péchés, renouvelant sa confession jusqu'à six fois par jour.

Lorsqu'il se sentit un peu affaibli, et il l'était plus qu'on ne le pensait et qu'il ne le croyait lui même, il reçu chaque jour le corps de Jésus  Christ; il communia ainsi, dit on, dix sept fois en huit jours, après avoir maudit toutes ses erreurs.

Il reconnut un à un implicitement et explicitement, tous les articles de la foi, et en fit déclaration dans des actes publics; en un mot toutes les pratiques qui sont du devoir d'un bon prince et d'un bon catholique, il les a observées ponctuellement à la grande édification et admiration des fidèles, particulièrement de ceux qui l'ont vu et entendu à ses derniers moments, et qui se regardaient les uns les autres en s'écriant : " sainte mère de Dieu! qu'est ce que ceci ? "



Ils pensaient que c'était le saint esprit qui parlait en lui. Raconte qui pourra cette patience dont il a fait preuve, cette modestie qui ne s'est point démentie, cette humilité qu'il n'a cessé de montrer.

Pour moi, je ne saurais trouver des termes ou des pensées pour exprimer avec quelle religion il a réglé ses dernières volontés, avec quelle générosité il a récompensé les services des siens, avec quelle sollicitude il a songé à tout. On vous redira de vive voix en temps et en lieu tout ce qu'il a fait ou écrit durant sa maladie.

Il a gardé jusqu'à son dernier soupir une mémoire parfaite, une grande netteté dans les idées et toute l'ardeur d'une fervente dévotion. Tant qu'il a vécu, il a conservé l'usage de sa raison; tant qu'il a respiré, ses souvenirs ont été présents; tant qui lui est resté un souffle de vie, il a brûlé du feu de la charité.





J'ai dit qu'on eut cru voir en effet un homme bien portant plutôt qu'un malade. J'ai parlé de sa patience : il semblait plutôt calme qu'aigri par le mal. Pour ce qui est de sa mémoire, il paraissait plus occupé de ses travaux que de ses souffrances, et prouvait sa fervente charité  en tournant ses pensées vers les méditations religieuses plutôt que vers le maintien de son autorité.

Il ne désirait point sa guérison, il rejetait même les moyens de revenir à la vie et luttait énergiquement, comme un athlète courageux, contre le démon  et contre les délices du monde et de la chair. En un mot, il souffrait presque sans gémir et sans se plaindre, et il mourut enfin sans douleur et sans peine avec une véritable contrition. Aussi, je crois fermement qu'en quittant cette terre il est allé au ciel, ou je prie Dieu de nous réunir avec lui.

Nota voila terminée la prose de l'évêque de Dax que je qualifie: d'eau bénite de Cour...Ouf....M de V




Jehan de Froissart: Je cite dans le texte : Et me fut dit que ce Roy de Navarre avoit tousjours, tant qu'il vesquy aimé les Dames, et encore en ces jours derniers, il avoit une très belle damoiselle accorte avec laquelle il se déportoit; car de grand temps il avoit été veuf.

Une nuit il avoit couché avec elle, et s'en retournant tout frileux vers sa chambre, dit à un de ses varlets de maison: " appareillez moi un lit, car je me veuille un petit couchiez et reposer " ainsi il fut fait. Il se despoulla et se mist en ce lit.

Quand il fut couchié, il se mist à trembler et ne se pouvoit reschauffer, car il avoit grand âge, environ soixante ans, et l'on avoit comme usage pour le réchauffer et faire suer, de bouter une bassine d'airin qui lui souffloit un air bouillant et le réchauffoit.





Il fut adonc ainsi fait, mais la chose tourna sur le pire pour le roi, ainsi que dieu ou les diables le virent, car flamme ardente se bouta en ce lit entre les linceuls de tel manière que nul ne sut oncques venir à temps pour le secourir, qu'il ne fut tout ars jusqu'à la boudine; mais pour autant il ne mourut pas si tost.

Car il vécu encore quinze jours en grande peine et grande misère, tellement que oncques médecins le soignant ne sceurent y remédier, tant qu'à la fin il en morust. Telle fut la fin du Roy de navarre.

Nota : on constate que son texte commence par " il me fut dit " il est déjà bien difficile de transcrire Froissart, je n'ose imaginer la licence que prirent les différents copistes pour que ce texte parvienne jusqu'à nous M de V








André Favyn écrivain héraldiste et avocat au parlement: Et trois mois après à sçavoir, le mardi premier jour de janvier, audict an 1386, le Roy de Navarre mourut à Pampelonne, de son âge 55 ans, deux mois et 22 jours, regna 37ans deux mois et 25 jours. ( cette façon d'écrire sent l'avocat à plein nez!)

Son cœur fut porté à sainte marie d'Uxoa, ses entrailles à sainte marie de Roncevaux et son corps ensevely en la grande église de Pampelonne auprés du  cœur de la royne Jeanne de France sa femme.

Sa mort est diversement racontée. Les uns, et telle est la voix du vulgaire, qu'ayant les membres refroidis, pour les réchauffer les médecins ordonnèrent qu'il fut cousu dans un drap mouillé et trempé d'eau de vie, celui qui le cousoit ayant achevé voulut rompre le fil avec la flamme de la bougie qui l'éclairoit, une bluette de cette bougie tomba sur le linge et aussitôt l'enflamma et ensuite les draps le ciel et les rideaux du lit du roy malade, le brulèrent misérablement tout vif, il languy cruellement trois jours entiers avant de mourir.




Les plus relevez disent qu'étant alicté d'une longue maladie il fut prodigieusement bruslé par une étincelle sortie d'une  boule de cuivre pleine de charbons ardents avec laquelle on lui bassinoit son lit. Ains consommé par punition divine, pour avoir travaillé son peuple d'impôts et de subsides, troublé le repos des princes ses voisins et attenté sur leurs estats et vies par séditions, massacre et empoisonnements, qui lui donnèrent la titre de cruel et de mauvais.

Car les peuples sont les parrains de leurs princes, les baptisans des noms de leurs vices ou vertus ausquels ils sont addonnez, les rendants recommendables ou de mauvaise odeur. ( Notez la mauvaise foi de cet auteur, l'importance que se donne ce petit avocat, cette mauvaise humeur cuite de Robin surgissant au  bout de chaque phrase)

Mais poursuivons avec cet acrimonieux personnage : je cite L'opinion la plus véritable est, que ce prince ayant été tout le temps de sa vie fort adonné à la paillardise, il estoit tout mangé de vérole, récompense ordinaire de ceux qui suivent l'estendart de l'impudique Vénus, de sorte qu'il mourut tombant par pièces comme un ladre. Ce qui a donné lieu à ces comptes fabuleux, estoit que par ordonnance des médecins il usoit de fomentations et de bains ensoulphrez. ( nous en avons fini avec ce fumeux auteur, nul ne sait quand il mourut ni de quelle manière, pour moi je pense qu'il finit étouffé par sa propre bile!! )




François Eudes de Mézeray fut commissaire des guerres avant d'entrer à l'académie: je cite

La mort de ce roy est des plus estranges. Bien qu'il n'eust qu'environ cinquante cinq ans, ses voluptez excessives avoient tellement refroidy sa chaleur naturelle, ou quelque secrète et honteuse maladie avoit si fort altéré sa constitution, remplissant ses veines et tous les canaux par ou se porte le sang et les esprits d'une froide et visqueuse pituite, qu'il estoit tout glacé au dehors et ne pouvoit se réchauffer par quelque artifice que ce fut. ( on peut se demander s'il fut commissaire des guerres ou médecin non ?? )

Les médecins ordonnérent de l'envelopper dans un drap mouillé d'eau de vie, d'autres disent d'huile et de souphre. Or un des valets qui l'ensevelissoit, par faute de ciseaux voulut couper le fil avec la bougie, le feu  glissa prestement le long de ce fil et prit au drap, qui estant trempé de cette subtile matière s'enflamma et grilla ce malheureux.


Il n'en mourut pas sur l'heure mais vescut encore six ou sept jours durant lesquels aisi à demi bruslé et souffrant des douleurs enragées il ne cessa de hurler et de maudire sa vie jusqu'à ce qu'il eut poussé son âme dehors.



Ainsi après avoir bruslé tout le temps de sa vie du feu impudique de ses passions, ainsi après avoir excité sans cesse des incendies par toute l'Europe,

Ainsi après avoir fait mourir je ne sçay combien d'innocents par des poudres empoisonnées, dont il se servoit pour ses vengeances, qui en moins de quatre ou cinq heures brusloient horriblement les entrailles de ceux qui les prenoient.

Ce grand criminel vestit la chemise ardente, et fut ensevely dans les flammes. ( sa grandiloquence finale ne peut cacher qu'il ne fait que reprendre les théories fumeuses de son acariâtre prédécesseur Favyn )


PS: Je laisse à de plus doctes que moi le soin de trancher ! ou plus simplement de se faire une opinion sur la mort de ce prince de France dont on a noirci à l'envie le personnage M de V



samedi 22 juillet 2017

Polémique Historique: Bombarde ou pas Bombarde à Crécy ??

Je sais d'avance que je ne vais pas me faire des amis parmi les lecteurs de mon Blog, sur ce sujet épineux, qui fut débattu par de nombreux médiévistes, mais c'est mon droit de fournir une autre approche.

Ayant lu et relu les relations de la bataille de Crécy, par les chroniqueurs de cette époque, je ne trouve vraiment nulle part ces hypothétiques Bombardes, que l'on trouvent un peu partout dans les écrits Français modernes consacrés à cette bataille.






Qu'il soit certain mon lecteur!! que si les Anglois avaient utilisé ces gros engins, d'emblée, Jean le Bel puis Froissart, qui repris ses écrits, ainsi que l'auteur de la chronique des quatre premiers Valois en auraient fait état !!!

Mais surtout, les chroniqueurs Anglais!! tel que Michel de Northburgh ou Robert d'Avesbury, sans compter Knighton le héraut d'armes de Chandos, que nenni! pas un mot...!

Puis on peu nommer aussi l'Abbé de Saint Martin de Tournay Gilles Le Muisis, ce minutieux chroniqueur, qui lui aussi s'impose par son silence sur ces fantomatiques bombardes, de plus, les acteurs et les témoins de cette sanglante affaire auraient mentionné le rôle de ces engins ??



Les archives anglaises relatent en long, en large et en travers les préparatifs d'Edouard III pour son raid en France, Ils furent fort longs et le départ fut même repoussé à causes de vents contraires, on y trouve détaillé, les hommes, les armes, les équipements et les chevaux, mais aucune précision sur nos bombardes.


Mais les grandes chroniques de France!....me direz vous ?, celle ci, commencée peu avant 1274, en exécution d'une demande de Louis IX, n'allèrent pas au delà du règne de Philippe Auguste 1223, en ce qui concerne la relation de faits historiques.

Puis soyons sérieux, les religieux qui les rédigèrent n'étaient guère au contact des réalités du moment. Crécy se passe en 1346, et ces chroniques de 1340 à 1350, passent en rédaction du Latin au Français!! et sont entachées d'erreurs grossières.

Si nous citons Mr Lacabanne de l'école des Chartes, il note de ne faire état de ces chroniques que lorsque, relayant les moines, elles furent continuées par Pierre d'Orgemont, Chancelier de Charles V et n'ont de valeur en tant que texte officiel qu'à partir de ce moment.





Mais renchérissez vous, Froissart a mentionné les bombardes Haaa!!, certes, mais seulement dans la troisième rédaction de ses chroniques, et n'oublions pas que la première partie fut réécrite cinq fois au total.

C'est pour amoindrir les raisons de la déconfiture de Philippe VI de Valois. Il subit des pressions dont nous ignorons la nature, mais il faut se souvenir qu'à la mort de Philippa de Hainaut, sa protectrice, et épouse d'Edouard III, son protecteur devient Guy de Chatillon comte de Blois (voir article froissart).

Il est flagrant qu'il fit plaisir à cette royauté française, qu'au demeurant il méprisait!!, notons également qu'il était originaire lui aussi du Hainaut, ou les rois Français n'étaient pas en odeur se sainteté, loin s'en faut, mais il faut bien vivre que diable!!

Franchement soyons objectifs, les Anglais n'étaient ils pas mieux placés que les Français pour savoir comment des hauteurs de Crécy, se déroula la bataille, or dans les textes Anglais qu'ils soient contemporains, ou qu'ils soient de leurs historiens modernes, point de Bombardes.





Dans son étude fort poussée sur le moyen âge, Paul Lacroix,  écrit : il faut reléguer au rang de pures inventions, l'assertion de Villani dans sa chronique Nuova Chronica, qui prétendait que les Anglais devaient leur victoire de Crécy à l'emploi de bouches à feu.

Car il est certain que les armes à feu dont on se servait à l'époque n'étaient nullement utilisables dans des batailles rangées

Leurs poids énorme et la construction grossière de leurs affûts, les rendaient d'un transport difficile, sans compter la nécessité de posséder des Tombereaux

Précisons une nouvelle fois qu' Edouard III faisait en France un raid, il ne venait pas avec une armée d'invasion, il n'en avait pas la possibilité, ni les moyens!!!

Dans son ouvrage, sur le siècle des Plantagenêts et des valois, l'auteur Kenneth Fowler, nous dit que les bombardes Anglaises pesaient aux environs de 4000 kgs et si nous parlons de veuglaires il donne une fourchette entre 1500 à 4000 kgs, ?????


Comment voulez vous que des passionnés, comme nous le sommes, du Moyen âge, puissent avaler sans broncher que ces puissantes bombardes aient fait le trajet, par les chemins de France, de Saint Vaast la Hougue, jusqu'à Crécy!! avec l'Ost de France qui les poursuivaient !!! s'il vous plait soyons sérieux, de plus ces outils tiraient des boulets en pierres, qu'il a bien fallu malgré leurs poids transporter aussi, dans de solides tombereaux !!.

A moins bien sur qu'un érudit quelconque ?, avance que ... sur la colline de Crécy!,.... les Anglais, attendant l'Ost de France!.....pour tromper l'ennui!....se sont mis à tailler des boulets tous ensemble !!!




PS: bien sur ces propos n'engagent que moi M de V

jeudi 20 juillet 2017

De ROLLON à Guillaume le Conquérant

Je vais essayer d'esquisser le plus efficacement possible, les personnages et les circonstances ayant contribués à l'édification de notre Duché de Normandie.

C'est au cours du X siècle que nos côtes furent ravagées par les incursions Vikings (guerriers des mers), et appelés par les Francs Normands ( Norhmanni ou hommes du nord), ils finiront par s'installer à demeure dans la région qui gardera le nom de Normandie.

Le roi Charles III le simple va reconnaître leur autorité sur la haute Normandie, en même temps il n'a pas les moyens de faire autrement!!! Il obtiendra néanmoins de leur chef Rollon ( Hrolf ou robert ), sa conversion au catholicisme en 911, et lui en échange va obtenir du roi le pays de Caux et la main de sa fille Gisèle.

Que voila une transaction avantageuse pour nos Vikings, qui n'avaient portant pas besoin d'encouragements pour s'étendre !






A ce moment, c'est à dire fin 911, les possessions de Rollon et de ses chefs normands, comprenaient les diocèses de Rouen, Lisieux, Evreux.

Mais ce sont des gens entreprenants, ils vont rapidement s'étendre et conquérir la basse Normandie et le Bessin vers l'an 924, puis dans un même élan le Cotentin et l'Avranchin.

Cet immense territoire obtenu à la force du poignet!! lequel poignet n'étant pas fait pour tenir pelle ou râteau n'en était que plus convaincant !!!!

On peut dire que Rollon est ses hommes du nord, sont parvenus par l'épée en l'espace de 22 années seulement, à conquérir un Duché " celui de Normandie. La légende raconte qu'aucune monture pouvait porter son imposante
stature de plus de 2m pour 140 kgs !!!







Premier Duc de Normandie Rollon,  il fera appel à des colons scandinaves pour mettre en valeur son Duché et redistribuer tout le pays, sans s'occuper des droits et des populations existantes.

De son vrai nom Hrolf Göngu ( le marcheur ), fils du Jarl de Möre, né semble t'il vers 845 sur une des îles d'Alesund en Norvège.

Condamné au Bannissement par le roi de Norvège Harald Hârfagr, pour actes de pillages sur le pays

Il rassemble alors une troupe majoritairement composée de guerriers Danois et prend la mer, il servira un temps comme mercenaire en pays d'Albion, avant de traverser la Manche pour s'installer à demeure en Normandie.






   
Deuxième Duc de Normandie, Guillaume 1er Longue épée de 933 à 942, fils de Rollon et de Poppa.

Né probablement à Rouen en 907, il sera associé au pouvoir dès 927, c'est lui qui conquiert le Cotentin et l'Avranchin.

La puissance grandissante des Normands, n'est pas du gout de tout le monde, en particulier, des princes Francs, un complot sera fomenté, pour aboutir à son assassinat le 17 décembre à Picquigny.

Guillaume sera inhumé en la cathédrale Notre Dame de Rouen, sa tombe se trouve en face de celle de son père










Troisième Duc Richard 1er sans peur 943- 996, fils de guillaume longue épée et d'une bretonne nommée Sporta.

Il va vaincre à Varaville le roi de France Louis IV d'outre mer (ce dernier a peut être trempé dans l'assassinat de son père?)

Cette victoire provoquera le traité de Gerberoy, qui rend le Duché de Normandie indépendant.

En 983 son deuxième fils Robert devient le premier Comte d'Evreux de la maison de Normandie.

En 987 Richard sans peur aide Hugues Capet à monter sur le trône de France.

En 1002 sa fille Emma épouse Ethelred II roi d'Angleterre.










Quatrième Duc Richard II le Bon, 996-1026 fils de Richard 1er et de Gonnor fille d'un forestier.

Il épousera Judith, fille de Conan Comte de Rennes, il poursuivra la politique de son père, une étroite collaboration s'installe entre la Normandie et les Capétiens du Royaume Franc.

Deux fils naîtrons de cette union, Richard le premier né est l'héritier de la couronne Ducale

Et Robert le second fils, qui se verra confié, à la mort de son père le Comté de Hiémois (comte d'Exmes), on ne peu pas dire qu'une entente cordiale règne entre les deux frères!!!











Cinquième Duc Richard III en 1026, tout de suite une lutte s'installe entre lui et son frère Robert.

Ce dernier n'a pourtant que 17 ans, mais il ne veut pas se soumettre et il part avec ses partisans se réfugier à Falaise.

Le Duc Richard III et ses troupes vont assiéger la forteresse de Falaise et le contraindre à se soumettre.

Peu de temps après Richard III meurt empoisonné, nul ne sait qui est l'auteur de ce crime, et à ce jour, aucune preuve ne peu accuser son frère Robert Comte d'Exmes

Richard III n'aura même pas régné une année entière, et n'a donc aucune descendance. La couronne ducale revient donc à Robert.







Sixième Duc Robert le Diable ou le Magnifique, 1027-1035, lui aussi va suivre une politique d'étroite collaboration avec les Capétiens, avec le roi Henri 1er (petit fils de Hugues Capet).

Avant de partir en pèlerinage vers Jérusalem, en 1034, il désigne comme successeur son fils bâtard, âgé de sept ans, Guillaume.

Ce dernier aura comme tuteur le roi de France Henri 1er.

En 1035 Robert le Diable meurt à Nicée, dévoré par la fièvre.








Septième Duc Guillaume le conquérant ou le bâtard de 1035-1087, né des amours de Robert et de Herlève (Arlette) fille d'un pelletier de Falaise.

Cette bâtardise va provoquer un soulèvement des Barons normands, toujours prompt à se révolter, il va les vaincre à la bataille du Val des Dunes en 1047. Un autre conflit, familial celui ci, va l'opposer à Guillaume d'Eu et Guillaume d'Arques, vaincus par les armes, eux aussi ils seront exilés.

Guillaume va subir une invasion sans précédent en 1054, Henri de France, ainsi que tous les Barons du royaume Franc, voient d'un très mauvais œil, la puissance sans cesse grandissante de ce Duché de Normandie. Une coalition se forme au fur et à mesure contre les possessions de Guillaume.








Les forces conjuguées de de la couronne de France, de la Bourgogne, de l'Auvergne, du Poitou, de l'Anjou, de l'Aquitaine, de la Gascogne et de la Bretagne, convergent vers la Normandie.

A Mortemer non loin de Neufchâtel, se sera la grande débâcle de l'armée confédérée, ils prennent une leçon mémorable. Ce qui n'empêchera pas le roi de France de faire une autre tentative 4 ans plus tard !!!, ce sera une nouvelle raclée, une paix sera finalement signée à Fécamp en 1058.

Désormais à l'abri de toute incursion étrangère sur ses terres, il va s'employer à mettre de l'ordre dans son Duché, réduisant à néant toute opposition laïque et religieuse.







Un événement inattendu allait faire de lui un conquérant, la mort du roi d'Angleterre Edouard le Confesseur, le 5 janvier 1066, remplacé en hâte par le Comte Harold de Wessex, qui prend le titre de Harold II

Voila qui a de quoi mettre en rogne Guillaume, car le roi Edouard en 1051 l'avait désigné lui, comme successeur, le Duc de Normandie s'était même rendu en Albion cette année la, afin de confirmer cette désignation!!!! de plus ce fourbe de Comte de Wessex lui avait fait promesse de l'aider à monter sur le Trône d'Angleterre.

Bon le voila en colère, il se sent lésé, il décide de faire valoir ses droits sur cette couronne, il es l'arrière petit neveu d'Emma, fille du Duc de Normandie Richard 1er sans peur, qui épousa le roi d'Albion Ethelred II, Edouard le confesseur est donc son cousin germain, il peut prétendre au trône !!!.







C'est ainsi qu'au mois d'août de cette même année, neuf cent navire de tous types, cinquante mille cavaliers et dix mille fantassins sont rassemblés sur les côtes Normandes.

Ils abordent à Pévensey le 29 septembre et investissent au fur et à mesure le territoire d'Albion, la rencontre décisive avec l'armée du roi Harold II se fera le 14 octobre 1066 sur la colline de Battle à côté d'Hastings.

La victoire acquise, il fait enterrer le roi Harold sur le front de mer en haut d'une falaise et fait ériger une Mont joie à Calbec Hill.









Guillaume est un chef prudent, il va consolider son campement de base, puis il attend la deuxième vague de guerriers en provenance de Normandie.

Avec ces nouveaux effectifs il réorganise son armée d'invasion, une fois ces contingences effectuées, il attend la soumission de l'Angleterre!

Or les jours passent et personne ne se présente? pas le moindre Prince, nul évêque, ni le moindre Saxon de haut rang ne vient le reconnaître comme maître d'Albion....!







 La patience n'étant pas un de ses traits de caractère les plus marquants, il décide de s'imposer et vise de se rendre à Londres. Il nomme donc un homme de valeur à la tête de sa garnison de Hastings, Guillaume Malet, puis il fait mouvement et se dirige vers le kent.

Sur sa route il envisage de régler ses comptes avec le bourg de Romney, deux de ses nefs avaient le 29 septembre déviée de leur route et abordés sur le rivage de ce bourg, tous les occupants furent massacrés.

Il va longer la côte avec son armée, sous la protection d'une partie de ses navires qui naviguent à vue, dans l'éventualité d'une attaque saxonne par la mer.

Romney sera incendiée, pilée et ses habitants mis à rançon, tandis que d'autres seront exécutés pour l'exemple, la mansuétude ne semble pas à l'ordre du jour.









Le message a le mérite d'être clair, la punition de Romney se repend rapidement, mais une armée d'invasion ne fait pas dans la diplomatie et Guillaume veut que tout le monde sache comment il traite les rebelles à son autorité.

Il arrive devant Douvres, la cité va t'elle résister ? non, les nouvelles de Romney ont voyagé plus vite que les troupes, ils ouvrent les portes et lui donne les clés de la ville.

Mais voila il n'est pas facile de tenir une armée d'invasion, les soldats sont avides de butin, ils vont incendier piller et tuer, une fois ce carnage endigué par les officiers de Guillaume, des excuses sont faites avec promesses de réparation des dégâts. Ne nous voilons pas la face, beaucoup de soldats avaient suivi Guillaume pour s'enrichir sur le dos des Saxons.

Mais le pays se venge à sa manière, en frappant de dysenterie l'armée, les normands voient mourir un grand nombre de soldats et traînent derrière eux bon nombre de malades








L'armée quitte Douvres et poursuit son avancée, elle ne trouve devant elle que le désert !! les gens fuient c'est l'exode, Guillaume prend la direction de Cantorbéry, cœur religieux du pays.

Mais Guillaume tombe malade,fut il lui aussi victime de la dysenterie, on ne sait pas?, toujours est il qu'il est cloué au lit pendant un mois, ses proches sont inquiets et finissent par craindre pour sa vie.

C'est la que Edith, la sœur de Edouard le Confesseur, et veuve d'Harold II, viens pour le reconnaître comme légitime successeur, comme preuve de son allégeance elle lui donne sa ville de Winchester qu'elle tenait en Douaire.

Pendant ce temps à Londres, les Saxons font reconnaître par une assemblée de notables, le jeune Edgar, comme prétendant au trône, il est l'arrière petit fils d'Ethereld II. Les saxons pensent ainsi conserver leurs droits sur le centre et le nord de l'île.








C'est bien mal connaitre le Guillaume! il se se soucie comme d'une guigne de Edgar, et comme il va mieux le voila qui reprend sa route.

Il arrive en vue de Londres, qui compte quelques 12 000 habitants, et le Duc juge que c'est un trop gros morceau à avaler pour le moment, cette ville immobiliserait trop longtemps son armée. La mobilité étant le facteur de réussite le plus important lors d'une invasion!! Il va mettre les faubourgs en coupe réglée, pilée, brûlée et rançonnée comme il se doit.








 La ville par le fait se trouve complètement isolée, repliée sur ses seules ressources, et Guillaume poursuit sa route, traverse le Surrey et le Berkshire pour arriver au bord de la Tamise, qu'il longe jusqu'au guet de Wallingford. Il traverse et s'installe dans le Comté d'Oxford.

Il y reçoit la visite de cet intrigant Archevêque Stigand, ce dernier avait couronné Harold II à ses dépends, puis fut partisan de Edgar à l'assemblée de Londres!! Il vient faire serment d'allégeance, le Duc n'est pas dupe et considère ce serment comme eau bénite de cour!

Il reprend sa route vers le Hertfordshire,qu'il ravage consciencieusement, jusqu'à la ville de Berkampsted. C'est en décembre que se présente une nouvelle fois Stigand, accompagné de Edgar et de toutes les personnalités qui prétendaient lui disputer le pouvoir, d'un commun accord, ils lui offrent Londres et la couronne d'Angleterre.



Mais Guillaume est méfiant, il se pose des questions, il tergiverse, puis réunit son conseil afin de savoir quel crédit on peut accorder à cette proposition. Il avance avec raison l'argument, qui fait que voila 15 ans ce sont les mêmes gens ou leurs pères qui voulaient le reconnaître comme roi!!!, comme successeur d'Edouard le confesseur, mais que désormais ses troupes doivent mater des actes de révoltes dans tout le pays!!

Guillaume sait que le pays est bien loin d'être pacifié, et que Londres n'est pas l'Angleterre!! si le pays venait à se soulever, il serait bloqué dans Londres, la belle protection que lui ferait cette couronne dans ce cas la!!!!, il ajoute qu'il serait la risée de toute la chrétienté.

Il va se laisser fléchir par son conseil, puis ses fidèles lui disent, " vous êtes déjà souverain dans notre cœur, soyez le de droit! " Guillaume s'installe à Londres, renforce les défenses, afin de prévenir toute intrusion par l'estuaire de la Tamise. C'est dans l'Abbatiale de Westminster, que se déroule le 25 décembre son couronnement sous la haute surveillance de ses troupes en armes.

Il est méfiant est on le serait à moins, car la population n'est pas acquise à ce nouveau roi étranger, mais il a désormais les moyens de sa politique, Guillaume à la force du poignet, comme ses dignes ancêtres Vikings a conquis un royaume il est de fait, Roi d'Angleterre et Duc de Normandie M de V